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À l’attention des enseignants : 9e édition de l’opération CINÉALLEMAND POUR LES JEUNES, en partenariat avec le Goethe-Institut.
 Trois films sont proposés, pour les élèves de primaire, collège et lycée. Plus d’informations au 04 90 82 65 36    D’ÉGAL À ÉGAL Pour les 9-13 ansMichi, 10 ans, vit dans un foyer pour enfants. Une lettre trouvée par hasard ayant appartenu à sa mère disparue lui permet de...

UNE CARTE UTOPIA ?
Oui, vous avez bien lu, je parle bien d’une carte de cinéma Utopia. Vous en rêviez, on s’en doute bien. Mais comme rien n’est vraiment gratuit ou illimité dans ce dur monde de l’exploitation cinématographique (ou même ailleurs, il me semble…) on vous donne une explication. Si cette carte que nous av...

VENIR À UTOPIA… C’EST PLUS FACILE QU’ALLER À MOSSOUL !
   Nous vous mettons ci-dessous, et après vérifications auprès des opérateurs, les tarifs et horaires des différents parkings. Si toutefois ces informations sont erronées, merci de nous le faire savoir que nous relancions nos limiers pour tirer cette affaire au clair. PARKING DE L’ÎLE PIOT, gratu...

Des nouvelles de Ben et Arouna.
Vous avez été nombreux à signer la pétition pour Ben, jeune ivoirien hébergé par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) dans un hôtel à Avignon suite à son Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) du 19 octobre. Contrairement à nos espoirs raisonnables, le tribunal administratif (TA) vient de c...

L’État poursuit Nicole Briend pendant que la BNP-Paribas poursuit ses pratiques d’évasion à grande échelle.
Souvenez-vous, dans une précédente gazette nous vous parlions de cette militante d’Attac, Nicole Briend. Elle est convoquée le 6 février au tribunal de Carpentras pour vol en réunion et refus de donner ses empreintes ADN après avoir participé, avec une dizaine de personnes d’Attac, à une&n...

JUSQU’À LA GARDE

Écrit et réalisé par Xavier LEGRAND - France 2017 1h33 - avec Léa Drucker, Denis Ménochet, Mathilde Auneveux, Thomas Gioria, Florence Janas... Festival de Venise 2017 : Lion d'argent de la meilleure mise en scène et Lion du futur du meilleur premier film.

Du 07/02/18 au 06/03/18

JUSQU’À LA GARDEUn couple se sépare. Trop banale issue d’une histoire d’amour qui s’est perdue en chemin, laissant sur le bord de la route les deux enfants dont il faut pourtant impérativement tenir compte, si possible sans faire trop de dégâts collatéraux. La famille Besson a éclaté en mille morceaux et la tension est palpable en cette ultime audience devant la juge : Madame et Monsieur, chacun flanqué de son avocate, viennent exposer leur point de vue sur les modalités du divorce. L’enjeu est de taille puisque Madame demande la garde exclusive du fils cadet (la fille aînée, elle, a l’âge de choisir) alors que Monsieur réclame la garde alternée. On comprend vite, à l’électricité qui sature l’atmosphère, à la manière dont chacun détourne le regard pour ne surtout pas croiser celui de l’autre, au silence lourd et pesant qui semble s’être imposé après trop de cris et de paroles, que ce qui se joue dans ce bureau est vital.
Dans ce long plan séquence d’une maîtrise impressionnante, on saisit toute la complexité de la situation, et aussi toute la dramaturgie de cette histoire qui commence, du moins qui commence pour nous spectateur, car pour Miriam et Antoine, elle dure déjà depuis trop longtemps. Chacune des parties va argumenter, de manière concise et presque chirurgicale, et bien malin le spectateur qui pourrait, dès cette scène d’exposition, dire qui a tort et qui a raison, qui est victime, qui est coupable, qui manipule qui, à supposer que le tableau soit aussi simple que cela.

On va donc se disputer la garde de Julien, le fils qui ne veut plus voir « l’autre », ce père massif et sans doute trop autoritaire, ce colosse au regard d’enfant qui vient quant à lui, tel un agneau fragile, assurer qu’il a changé, qu’il aime ses enfants, qu’il a besoin de les voir grandir, de les serrer dans ses bras et qu’il a déjà fait beaucoup pour se rapprocher d’eux, comme quitter son travail pour venir s’installer près de l’endroit où leur mère a choisi de vivre. Quand Miriam prend à son tour la parole, c’est pour dire qu’elle ne veut que le bien de ses enfants, qu’elle n’aspire qu’à vivre en paix, enfin, et si possible refaire sa vie. Mais on a l’impression que ses yeux disent autre chose que ses paroles, qu’elle voudrait aussi posées que possible… Au fond de son regard on lit tout simplement la peur, l’angoisse et la détresse d’une femme, d’une mère.
Et la juge va trancher. La garde sera alternée. C’est un bouleversement pour le jeune Julien qui n’a pas son mot à dire, tiraillé entre cette mère bienveillante et protectrice et ce père aimant mais maladroit et parfois brutal qui veut, comme un bon élève, ne rien faire de travers. L’équilibre de ce nouveau mode de vie est précaire, le quotidien est tendu comme un arc et si chacun contient sa rancœur, son amertume, ses peurs, on sent bien que la moindre étincelle pourrait mettre le feu à tout l’édifice. Et on sent bien aussi que le feu intérieur de la jalousie, de la frustration, de l’humiliation sociale est toujours à deux doigts d’allumer la mèche qui pourrait faire exploser Antoine…

Pour un coup d’essai – puisque c’est un premier long métrage –, c’est réellement un coup de maître. Le récit de cette déchirante séparation, filmé sans pathos mais avec une tension qui vous prend aux tripes, est une plongée fascinante dans l’une des plus complexes machineries humaine et sociale : le couple, ou ce qu’il en reste. Grâce à une mise en scène d’une belle fluidité qui flirte subtilement avec le thriller, le film ne tombe jamais dans une approche trop psy ou manichéenne de ses personnages, chacun pouvant être approché sous toutes ses facettes (les deux comédiens sont époustouflants). Xavier Legrand ne juge jamais ses protagonistes mais tente au contraire de montrer qu’ils sont pris dans un engrenage affectif, mental, social, juridique, qui les dépasse. L’écriture est de toute évidence inspirée de situations malheureusement bien réelles tant le film sonne juste dans sa restitution d’une réalité complexe et brutale. C’est beau, c’est fort, c’est incroyablement palpitant et c’est une sacrée découverte !