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LAISSEZ-PASSER LE PÈRE-NOËL !
LAISSEZ-PASSER LE PÈRE-NOËL !Vous êtes attendus nombreux le jeudi 20 décembre à 19h30 dans le jardin Urbain V. Nous décorerons notre sapin de Noël avec nos cartes de vœux pour le PASSAGE ! Une hotte accueillera les modestes cadeaux que chacun voudra y déposer et que nous nous offrirons… Pr...

TOUTES CES CHOSES QUE JE NE COMPRENDS PAS.
Il y a des choses que je ne comprends pas. Dans cette ville, il y a plein de choses que je ne comprends pas. Bon, d’accord, je donne un exemple. J’habite dans le quartier de la Bonneterie, qui a fait l’objet récemment d’une requalification, comme on dit dans le jargon technocratique, plutôt réu...

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Le mois de décembre approche à grand pas. Les cinémas Utopia vous proposent des films pour les petits et les plus grands pour des séances en matinée. Pensez à réserver auprès du cinéma en nous contactant au 0490826536.Vous trouverez ci-dessous une sélection de films.Si toutefois vous aviez d...

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TESNOTA, UNE VIE À L'ÉTROIT

Kantemir BALAGOV - Russie 2017 1h58mn VOSTF - avec Darya Zhovner, Veniamin Kats, Olga Dragunova, Atrem Tsypin... Scénario de Kantemir Balagov et Anton Yarush.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

TESNOTA, UNE VIE À L'ÉTROITC’est un coup d’éclat, un premier film d’une force époustouflante, de ceux que le cinéma – jeune ou mature – peut offrir de meilleur. Son jeune réalisateur Kantemir Balagov a retenu un fait divers survenu en 1998 (il n’avait alors que 7 ans) dans sa ville natale de Naltchik, capitale de Kabardino-Balkarie, une des sept républiques autonomes caucasiennes de Russie.
Le film relate l’histoire d’une famille juive dont les enfants, Ilana l’électron libre et son frère cadet David, vont chercher la voie de l’émancipation sur fond de tensions politiques et ethniques dans le Caucase post-soviétique. Brillant dans sa forme, entier dans ses moindres recoins, Tesnota bouleverse par la densité du portrait qu’il dresse d’une jeunesse empêtrée dans des problèmes qui la précèdent. On retiendra longtemps le personnage d’Ilana, jeune femme d’une trempe hors du commun, lointaine cousine de la Rosetta des frères Dardenne, déterminée à échapper à tous les carcans.
Ne cédant à aucun effet, résistant aux explications faciles, le film de Balagov a l’intensité de son personnage, porté par l’interprétation éblouissante de son actrice – premier rôle et véritable révélation aussi – Darya Zhovner.

Le film débute quelques instants avant le dîner de fiançailles du fils David. Vêtue de sa salopette de mécanicienne, Ilana rentre du garage auto de son père. Elle croise David sur le pas de la porte familiale. Le frère et la sœur s’offrent alors un temps suspendu sur le côté de la maison, partagent une cigarette, bavardent en cachette, puis s’enlacent dans une étrange étreinte. Ce soir, David va choisir Léa, une fille juive du village, mais rien n’effacera la complicité qu’Ilana et David ont scellé dans la promiscuité familiale. Dedans, les préparatifs vont bon train. Les intérieurs, tels que les filme Bagalov, ont une ambivalence annonciatrice : les couleurs saturées évoquent la chaleur d’un cocon tandis que l’exiguïté des lieux enserre les corps des personnages, contraints au contact permanent. Mais Ilana n’est pas d'un tempérament à se laisser encercler très longtemps. Une fois les festivités bien lancées, elle file en douce rejoindre son bien-aimé Nazim, gaillard à l’imposante carrure. Et l’on comprend vite pourquoi celui-ci n’a pas été convié au repas. Nazim appartient à la généalogie des Kabardes, peuple traditionnel caucasien à majorité musulmane. Dès lors, les amoureux sont contraints à la quasi clandestinité. Sans d’autre endroit où aller, ils badinent à l’arrière de la maison, puis s’amusent à feindre d'enfermer Ilana dans le coffre de la voiture : fabuleuse scène où le désir de fuite des deux amants se charge progressivement d’une tension palpable.
Et puis, dans la nuit, on apprend que les jeunes fiancés Léa et David ont été kidnappés. La région est une véritable poudrière identitaire au lendemain de la première guerre de Tchétchénie (une séquence crue et intense viendra nous le rappeler). Si bien qu’aucun parent ne compte s’adresser à la police pour régler un problème à caractère antisémite. C’est donc vers la communauté juive qu’on se tourne pour rassembler l’argent de la rançon. Mais voilà, toute solution a un prix et ce que les parents de David sont résolus à admettre pour sauver leur fils, Ilana n'est pas prête à l'accepter…

Avec intelligence, Tesnota écarte d’emblée la piste du polar. Qu'importent les auteurs de ce rapt, Balagov colle à son héroïne, plonge pieds joints au cœur des communautés juive et kabarde, et explore jusqu’au bout la portée intime de cette tragédie. Ici les choix de chacun ne vont jamais sans renoncement et les affects cachent toujours quelque chose d'astringent. Film sec, tendu et sans artifice, Tesnota frappe par la profondeur des sentiments qu'il parvient à saisir : ceux d'une jeune femme déterminée à revendiquer inlassablement sa liberté sans renoncer à l'amour des siens.