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FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :1- ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !La pétition pour le maintien de l’ouvert...

Le passage du Verger Urbain V : l’impasse ?
À ceux qui sont partis en vacances et ont décroché des faits divers.Vous l’avez sûrement remarqué, le Verger Urbain V a été refait : plus de terrain vague mais un jardin flambant neuf, beau passage pour aller le soir à la Manutention et même continuer en longeant la prison jusqu’au fleuve....

ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !
Affirmez votre refus de nous voir remisés au fond d’un cul de sac et votre droit de nous rendre visite, comme celui de transiter, en journée comme en soirée par le passage du verger. Dans notre optimisme béat nous espérons des milliers de signatures, montrez que nous sommes timorés et que ce sera de...

Verger Urbain V, écrin ou carcan ?
 Vous êtes nombreux à nous questionner sur la soudaine fermeture du passage du Verger Urbain V le soir. C’est le chemin qui vous mène directement  du centre-ville vers le cinéma. Vous êtes nombreux à ne pas comprendre les objectifs de cette décision (nous, pas vraiment non plus), à trouver...

Enseignantes, enseignants
Reprise des séances scolaires en septembre :Nous redémarrons les dispositifs École au cinéma (prévisionnement le samedi 29 septembre pour le 1er trimestre), Collège au cinéma (inscriptions possibles jusqu’au 22 septembre) et Lycéen au cinéma.  Pour les séances hors dispos...

VENT DU NORD

Walid MATTAR - Belgique 2017 1h29mn - avec Philippe Rebbot, Corinne Masiero, Mohamed Amine Hamzaoui, Kacey Mottet Klein... Scénario de Leyla Bouzid, Claude Le Pape et Walid Mattar.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

VENT DU NORDRien de nouveau sous les embruns du Nord. Quand les délocalisations pleuvent sur l’avenir des hommes, leur horizon semble soudain tout bouché malgré la mer qui s’étend à perte de vue. Hervé Lepoutre, en grand dadais hébété, ne se rebelle même pas quand il apprend qu’il est viré et que l’usine qui l’embauche dans cette petite ville côtière en banlieue de Boulogne-sur-Mer va fermer. Et lui qui attendait paisiblement sa retraite pour aller pêcher !



À quelques milliers de kilomètres de là, dans une autre petite ville côtière, en banlieue de Tunis, la même usine est relocalisée, prometteuse d’une nouvelle prospérité. Pour le jeune chômeur Foued, c'est pain béni. Le voilà qui retrouve un emploi, adoptant les mêmes gestes mécaniques que ceux qui ont fait le quotidien d’Hervé durant des dizaines d’années, sur les mêmes machines. Mais même dans ce pays de rêve truffé d'hôtels pour touristes fauchés, l’avenir n’est pas moins bouché. La classe ouvrière est bien sûr la grosse dinde de la farce, perpétuellement perdante face à des actionnaires lâchement anonymes. On connaît la chanson. Nul n’est dupe désormais, aucune reconnaissance à attendre, aucune fierté à retirer, aucun épanouissement à espérer d’un travail mécanique, purement alimentaire. Peu importe ce que l’on produit ici, l’emporte-pièce qui découpe le cuir entaille chaque jour un peu plus l’espoir d’une vie qui aurait du sens.
Retour au bord de la Manche. Pour Hervé, tout n’a plus l’air si sombre car il est porté par le rêve d’une mer grande et belle. Sans le dire à personne, même pas à sa grande gueule de compagne Véronique, il caresse l’espoir secret de devenir marin. Il a tôt fait d’investir sa prime (en cachette, le gros vilain !) dans un petit bateau, et décide de passer ses journées à sillonner les vagues, d’aller respirer ce parfum de liberté qui semble à portée de ses pognes.
Véro sent bien qu’il y a anguille sous roche, mais elle est loin d’imaginer tout ce qu’il tait. Quand elle essaie de lui tirer les vers du nez, son benêt de mari prend des airs ahuris. « Les médias exagèrent ! » s’écrie-t-il. La fermeture prochaine de l’usine ? Les licenciements annoncés ? La grogne qui monte ? La grève qui menace ? Rien de tout ça en vue, ma capitaine ! Véro ne sait pas qu’il ne fait déjà plus partie de ce combat-là. Hervé s’embourbe progressivement dans une position de moins en moins tenable, de moins en moins crédible. Jusqu’à ce que la vérité jaillisse, incompressible, grand moment de panique à bord, engueulades tragi-comiques, mais quand on s’aime vraiment, cela n’a qu’un temps. Une fois la tempête passée, voilà l’épouse fidèle qui se pique au jeu, tâchant de refourguer les bars, les loups et autres poissons peu réglementaires aux voisines du quartier…
Pendant ce temps, de l’autre côté de la Méditerranée, Foued perd peu à peu ses illusions. Il se met à rêver lui aussi de prendre le large, attiré comme tant d’autres miséreux par un Eldorado, un pays où les droits des hommes seraient respectés, où le travail coulerait à flot, un pays de rêve qu’on appellerait la France…

Vous l’aurez compris, c’est un chassé croisé non dénué d’ironie, entre deux continents, deux histoires parallèles qui témoignent avec dérision de l’état d’une classe ouvrière abandonnée par les dirigeants. Le couple Lepoutre (épatants Philippe Rebbot et Corinne Masiero) est jubilatoire. La plus belle trouvaille du film est peut-être sa manière de nous faire passer d’un continent à l’autre par voies légales, illégales, navigables ou pas… Un vrai road-movie à niveau de container au cœur de la mondialisation, d’un capitalisme débridé qui marche sur la tête !