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Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

Utopia, mon amour !
Courrier reçu de Bernard et Véronique.Mais que se passe-t-il encore dans ma bonne ville d’Avignon ?Mon vieux pote avec qui j’écumais vos salles à leur ouverture, il y a plus de quarante ans, vient de m’en annoncer une bien bonne : l’épatante promenade qu’il avait l’habitude de faire en fam...

Le passage du Verger Urbain V : l’impasse ?
À ceux qui sont partis en vacances et ont décroché des faits divers.Vous l’avez sûrement remarqué, le Verger Urbain V a été refait : plus de terrain vague mais un jardin flambant neuf, beau passage pour aller le soir à la Manutention et même continuer en longeant la prison jusqu’au fleuve....

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AMERICA, que reste-t-il du rêve américain ?

Claus DREXEL - documentaire France / USA 2017 1h22mn VOSTF -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

AMERICA, que reste-t-il du rêve américain ?Au moment même où nous écrivons ces lignes, un jeune Américain de Floride vient d'abattre au fusil d'assaut – acheté tout à fait légalement chez l'armurier du coin – 17 élèves et professeur du lycée dont il avait été exclu depuis peu… Et malgré l'interpellation d'élèves survivants, malgré les appels bouleversants des parents de jeunes victimes, le président Donald Trump s'est refusé à condamner le libre accès à de telles armes de guerre devenues armes de massacres de masse ordinaires. Autant dire qu'America, le passionnant documentaire de Claus Drexel, tombe à pic. Cette plongée dans l'Amérique qui a fait élire le numéro 49 – pour reprendre le code de Paul Auster qui se refuse à prononcer son nom – nous donne des pistes pour essayer de comprendre, sans les stigmatiser, ces Américains déboussolés qui ont fait le choix du pire.



Claus Drexel a posé ses valises et sa caméra à Seligman, Arizona, peu avant l'élection présidentielle. Un endroit emblématique puisque situé à deux pas des paysages mythiques de Monument Valley et du Grand Canyon. Une toute petite ville située sur la route 66 reliant Chicago et Los Angeles, qui fut celle de l'exil des fermiers durant la Grande Dépression, et qui devint la favorite des voyageurs dans les années 70. Sauf que la route 66 a été déclassée en 1978 au profit d'une autoroute qui contourne Seligman et la cité a irrémédiablement périclité, les commerces ont fermé, le revenu moyen des habitants s'est effondré.
Seligman est donc devenue un des symboles de cette Amérique des laissés pour comptes, de ceux qui se sont sentis oubliés, sur laquelle Trump a labouré son terreau électoral. Claus Drexel raconte qu'il a été convaincu de faire son film en découvrant une scène étonnante : deux cowboys au bord de la route dépeçaient un cerf suspendu à la verticale en sirotant des bières. Une image cinématographique s'il en est, comme il y en a des dizaines dans America. Claus Drexel s'est fait connaître par son documentaire Au bord du monde, qui magnifiait la parole des SDF parisiens, filmés en miroir de la beauté architecturale de la ville dorée. Son film évoquait les tableaux ténébreux du Caravage, ou ceux dantesques de Bosch. Pour les habitants de Seligman, il a employé globalement le même dispositif : leur parole frontale en plan fixe dans le décor qui leur est cher, confronté avec les paysages incroyables dans lesquels vivent ces déclassés de l'Amérique, qui constituent une population finalement assez diverse (il y a même des indiens Hopis). C'est ainsi que le titre globalisant, qui identifie une bourgade de 500 habitants à la première puissance mondiale, prend toute sa légitimité.
Des interviews de John et Lorie, deux serveurs qui ont dû beaucoup abuser de leur cave, de Corinne, une des rares supportrices de Bernie Sanders, de Mike, fossoyeur local, ou de Sandy, la vétéran de l'armée qui a fait toutes les guerres, du Vietnam à l'Afghanistan… on retire quelques précieux enseignements : les gens n'aimaient pas spécialement Trump mais ils détestaient tout ce qu'incarnait Clinton, les revirements en politique, l'accointance avec la finance, le mépris des urbains envers les ruraux. On saisit mieux, sans l'accepter, cet engouement obsessionnel – et constitutionnel – pour les armes de la part des habitants d'un gros village où il faut basiquement se protéger des serpents et autres bestioles dangereuses, et où les services publics sont tellement déficients qu'il faut attendre au moins une heure avant de voir la police intervenir en cas de problème…

En fin de course, le peu d'enthousiasme pour la soirée électorale est significatif : les électeurs de Seligman sont heureux d'avoir dégagé Clinton, pas forcément d'avoir élu Trump. Il va sans dire qu'America résonne au-delà de son territoire d'observation : il est un outil de réflexion universel sur les tentations simplistes pour l'extrême-droite.