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Le blog des profondeurs...
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Rendez-vous des Amis de l’Huma : REVENONS AUX REVENANTS
Pasolini, Mandela et Bollène, rien à voir ? Si, les trois films qui ont ces mots dans leurs titres ont quelque chose à voir : le retour.   Les trois films valent avant tout par leur beauté, leur force. Se torno (Si je reviens), Ernest Pignon Ernest et la figure de Pasolini. Er...

Le cinéma Utopia à Avignon de 1976 à 1994 une histoire de militantisme culturel et politique
Un livre de Michaël Bourgatte aux éditions Warm   « France, années 70. Anne-Marie Faucon, Michel Malacarnet et leurs compagnons de route inventent à Avignon un lieu atypique et pionnier, où ils souhaitent partager avec le plus grand nombre leur passion du cinéma et de l’échange. Avec pe...

En Avignon, 7 jeunes réfugiés par jour demandent à être mis à l’abris.
La protection des mineurs résidant sur le sol français est un droit constitutionnel. Néanmoins, le Conseil Départemental du Vaucluse, depuis des mois, s’acharne à faire fi des règles de base de la protection de l’enfance. Par souci de maîtrise budgétaire…  Le Collectif de soutien aux mineurs...

le Grand Pavois Main Basse sur Baladar
Mercredi  11 juillet  à 11h Utopia Manutention La compagnie le Projecteur H qui joue au Théâtre le Grand Pavois Main Basse sur Baladar, d’après un texte de Jacques Prévert, invite le MRAP, Amnesty International, 100 pour 1 et RESF pour débattre de thèmes présents dans le spectacle - le ...

Et le Collectif 123 Soleil est né !
L’association 100 pour 1, Le cinéma Utopia et les Ateliers du court-métrage fêtent bientôt les un an d’une aventure qui aura permis de produire pas moins de 6 films. Six courts-métrages réalisés à chaque fois avec un groupe de 15 personnes en une journée, groupe qui est toujours const...

CANDELARIA

Jhonny Hendrix HINESTROZA - Cuba 2017 1h27 VOSTF - avec Veronica Lynn, Charles Alden Knight James, Manuel Viveros, Philipp Hochmair... Scénario de Maria Camila Arias et Johnny Hendrix Hinestroza.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

CANDELARIALe héros masculin de ce film épatant est Victor Hugo ! Un Victor Hugo qui n'a rien à voir avec notre barbu national, un Victor Hugo qui est né et habite à Cuba, qui vit non de littérature mais de trafic de cigares…
Nous sommes en 1994, à Cuba donc, au moment où l'embargo se montre aussi féroce qu'un rhinocéros braconné. Les privations sont le lot quotidien des habitants de l'île et chacun traficote comme il peut pour grappiller quelques piécettes. Victor Hugo et sa femme Candelaria cherchent comme tout le monde à tirer leur épingle du jeu et à affronter, tant bien que mal, la disette alimentaire. Même si cela implique de manger les cinq petits poussins qui gambadent dans la maison et que Candelaria traite comme des enfants-rois ? Hors de question, bien sûr : car quand Victor Hugo évoque le sujet, Candelaria se crispe et rouspète aussi sec. Il faudra donc se contenter de l'éternel gâteau de carottes et des quelques bouts de viande que Victor Hugo se procure grâce aux cigares volés qu'il vend sous le manteau… Tant pis si les murs de la baraque s'effritent comme des peaux mortes et si l'électricité est coupée : un joli dessus de lit, des dîners aux chandelles et hop, on finirait presque pas trouver tout cela romantique. D'ailleurs, de romantisme, Candelaria n'en manque pas quand elle chante tous les soirs dans un bar pour touristes : il n'y a qu'à voir la minutie qu'elle met à farder sa bouche et ses joues, à souligner sa paupière d'un léger trait de noir et à se vêtir de sa robe rouge, qui lui donne le chien d'une danseuse de flamenco. Et l'on comprend pourquoi son prénom a été choisi comme titre du film, puisqu'il porte en lui les mêmes qualités que cette Cubaine au cœur chaud comme une bouillotte : tendresse, intelligence, humanisme et un brin de malice qui ferait rougir les plus coincés d'entre nous…



Car il faut préciser que Candelaria va sur ses 80 printemps, typiquement l'âge où l'on s'imagine que le vieux lambda fait des mots croisés pendant que fiston pousse le chariot et que pimprenelle arrose les plantes… Sauf que Candelaria n'a jamais eu d'enfants (à son grand dam, d'ailleurs) et que tout ce qu'elle a, elle le doit à elle seule. Y compris cette petite étincelle qu'elle ravive et qui va pimenter sa vie de couple avec Victor Hugo, avec qui elle entretenait depuis quelques temps une relation bien plus de l'ordre fraternel que charnel…
Tout arrive quand elle trouve un jour une mystérieuse caméra, égarée dans la pile de linge sale de l'usine où elle travaille. Tentée de la rendre à son patron, elle se ravise : voilà un engin qui rapportera plus gros que les quelques cigares volés de son mari et qui mettra fin, pour un temps du moins, à l'intérêt glouton que celui-ci porte à ses poussins chéris. Mais plutôt que d'être revendue, la caméra devient peu à peu l'intermédiaire d'un jeu malicieux entre nos deux héros, ravivant la passion enfouie de leur jeunesse… Comme si voir l'autre par le prisme d'un écran permettait de le voir d'une autre manière, là où il n'y avait que routine et fatalité du temps qui passe. « Quand ai-je cessé de te regarder ? » s'étonne même Victor Hugo, ébloui par la beauté de sa femme qu'il avait perdu l'habitude de remarquer.

Voilà un joli film d'amour, un teen movie du troisième âge, généreux, drôle, vivifiant, avec des acteurs tellement complices et merveilleux que le moindre de leurs fous rires nous fait fondre, le tout rehaussé d'un retournement de situation tout à fait inattendu, et dont il serait dommage de vous parler ici… Allez, un indice : « c'est pour faire plaisir aux touristes ».