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UN JEUNE, UN TOIT, UNE ÉCOLE !
Ça s’est passé près de chez vous… N. 16 ans et demi est arrivé en juillet dans le Vaucluse. Il a traversé la méditerranée au péril de sa vie. Il est « pris en charge » par l’Aide Sociale à l’Enfance qui conteste sa minorité, le fait convoquer à la police des frontières, des ...

Les Lumières de la ville deviennent le Collectif 1,2,3 soleil.
Les Lumières de la ville, c’est cette fabrique de film que l’association 100 pour 1, les Ateliers du Court et Utopia ont mis en place il y a quelques mois. L’idée est de regrouper des jeunes mineurs isolés de 100 pour 1, quelques-uns de nos spectateurs volontaires et un ou deux « professionnel ...

Séances bébé
   Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés, ett déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son p...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
   Projections de films français avec sous-titres spéciaux pour les malentendants Les séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spéciaux appara...

LE FEU QUI NE S’ÉTEINT JAMAIS
 Il y a sept ans nous apprenions avec effroi l’explosion de 3 réacteurs nucléaires dans la centrale de Fukushima au Japon. Au pays du shintoïsme – un culte dédié à la nature -, le choc fut terrifiant. Il venait implacablement raisonner avec la mémoire traumatique d’Hiroshima et Nagasaki. Grand pe...

CORNÉLIUS, LE MEUNIER HURLANT

Écrit et réalisé par Yann LE QUELLEC - France 2018 1h47mn - avec Bonaventure Gacon, Anaïs Demoustier, Gustave Kervern, Jocelyne Desverchère, Christophe Paou, Denis Lavant… et la voix chaude d'Iggy Pop... D'après le roman Le Meunier hurlant de Arto Paasilinna.

Du 02/05/18 au 21/05/18

CORNÉLIUS, LE MEUNIER HURLANTIl était une fois Cornélius. Fils de la terre et de la mer, littéralement sorti du sable, mis au monde et fait homme par le ressac, sur un littoral inconnu, Cornélius a les épaules solides d'un bûcheron, le regard clair d'un enfant, la barbe rousse en pétard et la dégaine d'un Jeremiah Johnson mal fagoté. Notre ersatz de cowboy sans monture arrive, au terme d'une longue errance à travers les forêts et les causses désertiques, dans une vallée, jusqu'à un petit hameau sans âge, comme figé quelque part entre le xixe et le tout début du xxe siècle, niché au creux d'une falaise. Cornelius y pose son barda, prend le sens du vent – important, le sens du vent – et décide de s'établir meunier. Là-haut, au bord du promontoire qui domine le village, il entreprend, avec la bénédiction de la population, de clouer les planches, enclencher rouages et engrenages, poser portes, fenêtres et fauteuils au milieu des pierres et des chardons. Et contre toute attente, alors que ça ne ressemble pas à grand chose de connu en la matière, c'est bien un moulin à vent qu'il érige. Et un jardin fleuri. Obligatoire, le jardin fleuri, puisque la jeune et jolie et mutine Carmen, fille du Maire et conseillère horticole, en a décidé ainsi. Et de toute évidence on ne contredit pas facilement Carmen. Bien vite, l'ours plus ou moins bien léché, qui vit à l'écart de la place publique mais fournit l'épicier en belle farine bien blanche, ployant sous ses sacs en passant le long de la rivière, attise les convoitise des lavandières. Et éveille concomitamment la méfiance des hommes, au premier rang desquels le promis de la belle Carmen. Mais Cornélius trimbale un secret lourd à porter : certaines nuit, même pas forcément de pleine lune, comme acculé par un mal-être impossible à contenir, son corps se convulse, ses membres se raidissent – et longuement, puissamment, rageusement, tel un loup blessé, il hurle son désespoir à tout vent, du haut de sa falaise. Au risque de perturber le sommeil de ses (lointains) voisins.

L'improbable transposition dans une France intemporelle, montagnarde, rude, transforme assez radicalement le roman fameux de Paasilinna en conte farfelu et cruel – presque en comptine tant le rythme, la musique et la danse, l'expressivité des corps y prennent d'importance. L'univers de Yann Le Quellec, on le sait depuis ses courts métrages, c'est du décalé, du barré, du poétique, du joyeusement foutraque et du furieusement burlesque. Il donne avec Cornélius la pleine mesure de son sens de l'espace, du cadre et des situations absurdes, apporte une attention de tous les instants aux détails, aux couleurs, aux paysages secs et rocailleux des Grands Causses (principalement le cirque de Navacelle) qui sont le décor grandiose de cette rieuse tragi-comédie humaine aux accents, donc, de western solaire.

La galerie de personnages qui évoluent autour du poor lonesome heros sont à la fois loufoques et touchants, parfois pathétiques ou inquiétants, condensé d'une humanité grégaire qui peine, c'est un euphémisme, à accepter les différences. Le village peut exploser de générosité, chanter et danser son bonheur jusqu'au bout de la nuit, et l'instant d'après se replier farouchement sur lui-même, se débarrasser radicalement d'un élément perturbateur. Prêtant ses traits à l'intrépide Don Quichotte qui tente de bâtir des moulins plutôt que de les combattre, Bonaventure Gacon, inconnu jusqu'alors au bataillon, incarne avec évidence ce chevalier à la pas-si-triste figure. Aux côtés d'Anaïs Demoustier plus lumineuse que jamais, il éberlue, époustoufle et émeut avec une vivacité peu commune, mêle dans un même corps la force tellurique du titan et la fragilité d'un enfant. On lui doit beaucoup du charme troublant, du bonheur léger que distille le film.