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LE FEU QUI NE S’ÉTEINT JAMAIS
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Procès de la faucheuse de chaises de Carpentras.
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A PART OF US
 Ou une odyssée photographique et toponymique à travers les USA, qui permet de se plonger dans les origines internationales de ce pays. Elle débutera à Amsterdam dans l’État de New York le 5 juin et s’achèvera à Avignon en Californie. Entre temps elle passera par Naples, Paris, China…Réalisée par le...

Séances bébé
   Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son po...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
   Projections de films français avec sous-titres spéciaux pour les malentendants Les séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spéciaux appara...

MES PROVINCIALES

Écrit et réalisé par Jean Paul CIVEYRAC - France 2018 2h17mn - avec Andranic Manet, Sophie Verbeeck, Gonzague Van Bervesselès, Corentin Fila, Jenna Thiam, Diane Rouxel...

Du 18/04/18 au 08/05/18

MES PROVINCIALESUn jeune homme entreprend de se rendre à Paris pour étudier le cinéma, et c’est toute une initiation sentimentale et intellectuelle que nous propose cet admirable film de Jean-Paul Civeyrac. Mes Provinciales est ce que l’on pourrait qualifier – pour employer un terme littéraire – de film d’apprentissage, avec ce que cela comporte de romanesque et d’essentiel dans les sujets qu’il aborde. Un âge où se mêlent sans distinction les grandes aspirations et la découverte de l’amour, les utopies et leur lot d’hésitations, les amitiés véritables et les premiers compromis. En somme, tout ce que l’avenir réserve d’espoirs, fussent-ils incertains, et de déceptions aussi. Il y a quelque chose d’exaltant à voir au cinéma des personnages assumer pleinement leurs sentiments et leurs idéaux, entreprendre avec ardeur la réécriture du monde détraqué qui se présente à eux. Et il est tout aussi fascinant de les voir élaborer des réponses au gré de leurs rencontres, au contact d’œuvres d’art qui les marquent ou dans des extraits de pages de la littérature. Jean Paul Civeyrac a su trouver à son film une forme limpide et apaisée – héritière d’un cinéma à la première personne, de Eustache à Truffaut – qui parvient à saisir quelque chose d’infiniment beau dans cette jeunesse empreinte d’absolu, confrontée pour la première fois à l’épreuve des ambitions qu’elle s’est fixée.



Le personnage qui traverse tout le film, c’est Etienne Tinan. Il n’y a pas que sa ville de Lyon qu’Etienne laisse en « montant » à Paris, mais également ses parents, toujours attentionnés, et sa petite amie Lucie, aux sentiments fusionnels fragiles, anxieuse de cette séparation physique. Il faut dire qu’Etienne va au devant d’étapes décisives et de fortes rencontres. A commencer par la fac de Paris VIII, où il assiste d’emblée à des discussions enflammées sur le cinéma. Etienne est de tempérament réservé et certainement intimidé par la verve de ses camarades, mais lui qui dit admirer Bresson et Pasolini saura montrer qu’il aspire également à une radicalité en la matière. Il y rencontre d’abord Jean-Noël, avec qui il tissera une longue relation de bienveillance. C’est Jean-Noël qui lui parlera en premier de Mathias, un étudiant à l’assiduité très irrégulière dont les partis-pris auront tôt fait de fasciner Etienne. Mathias est un provocateur à la vie secrète, séducteur à la langue bien pendue et puriste en arts. Il faudra une bonne dose de persévérance pour qu’Etienne lui démontre sa valeur et que se noue entre eux une amitié en pointillés, ponctuée de rivalité et d’admiration.
Et puis bien sûr, il y a les passions. Valentina, la colocataire d’Étienne, qui ne cache pas ses sentiments, et à laquelle il résiste par attachement à son premier amour Lucie. Sans compter les tentations charnelles des filles de la fac. Mais c’est sûrement la militante engagée Annabelle, « la fille de feu », qui marquera le plus durablement Etienne. A travers Annabelle, l'étudiant en cinéma entrevoit un monde diamétralement opposé au petit microcosme intellectuel qui était jusqu’ici le sien. Tous ces personnages s’attirent, se confrontent, se perdent et réapparaissent, pour s’enrichir mutuellement selon des trajectoires propres que le film ne sacrifient jamais au nom du récit.

En quatre chapitres et un épilogue, Civeyrac orchestre une narration parfaitement fluide. Les personnages sont filmés sans angélisme, avec leurs excès ou leur immaturité parfois, mais avec une fascination profonde pour la pureté de leur regard. Le choix du noir et blanc, la place centrale des livres et la récurrence de la musique classique confèrent à Mes Provinciales une délicate distanciation. Et c’est justement de là que surgit toute la beauté mélancolique du film : alors que les intentions se mesurent aux actes, Etienne Tinan aura appris l’écart entre la vie rêvée et la vie vécue.