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UN JEUNE, UN TOIT, UNE ÉCOLE !
Ça s’est passé près de chez vous… N. 16 ans et demi est arrivé en juillet dans le Vaucluse. Il a traversé la méditerranée au péril de sa vie. Il est « pris en charge » par l’Aide Sociale à l’Enfance qui conteste sa minorité, le fait convoquer à la police des frontières, des ...

Les Lumières de la ville deviennent le Collectif 1,2,3 soleil.
Les Lumières de la ville, c’est cette fabrique de film que l’association 100 pour 1, les Ateliers du Court et Utopia ont mis en place il y a quelques mois. L’idée est de regrouper des jeunes mineurs isolés de 100 pour 1, quelques-uns de nos spectateurs volontaires et un ou deux « professionnel ...

Séances bébé
   Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés, ett déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son p...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
   Projections de films français avec sous-titres spéciaux pour les malentendants Les séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spéciaux appara...

LE FEU QUI NE S’ÉTEINT JAMAIS
 Il y a sept ans nous apprenions avec effroi l’explosion de 3 réacteurs nucléaires dans la centrale de Fukushima au Japon. Au pays du shintoïsme – un culte dédié à la nature -, le choc fut terrifiant. Il venait implacablement raisonner avec la mémoire traumatique d’Hiroshima et Nagasaki. Grand pe...

LA ROUTE SAUVAGE

(Lean on Pete) Écrit et réalisé par Andrew HAIGH - USA 2017 2h01mn VOSTF - avec Charlie Plummer, Steve Buscemi, Chloë Sevigny, Travis Fimmel, Thomas Mann (II)... D'après le roman de Willy Vlautin.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA ROUTE SAUVAGEComme le magnifique The Rider, La Route sauvage trouve son ancrage et son inspiration dans les paysages et les mythes ô combien cinématographiques du western et nous entraîne dans un splendide voyage dans le Grand Ouest américain, adaptant un roman du folk singer de l’Oregon Willy Vlautin.



Au cœur du récit, le jeune Charley, 15 ans, laissé à lui-même par un père inconstant, fêtard et séducteur, aimant sans doute mais plus encore irresponsable. Charley retrouve goût à la vie et espoir dans un avenir jusque là mal barré quand il croise le chemin de Del, entraîneur de chevaux de courses qui lui propose un petit boulot. Charley se construit là une famille de substitution, avec également Bonnie, une jeune femme jockey désabusée, brisée par les chutes et par les déceptions de la vie. Mais surtout l’adolescent se prend d’affection pour Lean on Pete (c’est le titre original du film), un vieux cheval qui dispute sans doute ses dernières courses et qui risque bien d’être rapidement conduit à l’abattoir : le milieu des courses n’est pas tendre avec les chevaux devenus inutiles… Mais Charley ne va pas laisser faire : quand il sent que le sort funeste de Lean on Pete est scellé, il se lance avec lui dans une fuite aventureuse à travers les montagnes et les étendues arides du Nord-Ouest américain, à la recherche d’une tante adorée dont la vie l’a séparé.

La Route sauvage, dont le titre français sonne comme celui d’un western de John Ford ou d’Henri Hattaway, est un grand beau film à la fois exaltant et désenchanté. Andrew Haigh décrit bien l’univers agité et pathétique des courses de chevaux de deuxième zone, petits gagnants et grands perdants, avec ses entraîneurs magouilleurs dont on ne sait trop si on doit les trouver antipathiques ou pittoresques. Mais on trouve en contrepoint, aussi bien dans le regard usé mais qui veut encore y croire de Bonnie que dans l’œil neuf et candide de Charley, le profond amour des chevaux qui les habite et qu’ils nous transmettent. Et puis il y a le plaisir du voyage dans ces espaces où nulle frontière d’État ne semble pouvoir vous arrêter, de la balade dans ces immensités qui font partie intégrante de l’histoire du cinéma américain et de l’amour qu’on lui porte, ici magnifiées par le travail remarquable du directeur de la photographie.

C’est aussi et surtout le film d’une reconstruction, celle de Charley (impressionnante interprétation du jeune Charlie Plummer, récompensé dans plusieurs festivals), adolescent formidablement attachant qui, avant de basculer dans l’âge adulte dont il pressent bien tous les renoncements qui l’accompagnent, veut retrouver coûte que coûte la chaleur d’un foyer incarnée par cette tante perdue dont il cherche inlassablement la trace à l’autre bout de l’État , autant dire à l’autre bout du monde. Et cette quête est aussi bouleversante que le voyage lui-même.