LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4€
Moins de 14 ans : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Verger Urbain V, écrin ou carcan ?
 Vous êtes nombreux à nous questionner sur la soudaine fermeture du passage du Verger Urbain V le soir. C’est le chemin qui vous mène directement  du centre-ville vers le cinéma. Vous êtes nombreux à ne pas comprendre les objectifs de cette décision (nous, pas vraiment non plus), à trouver...

Enseignantes, enseignants
Reprise des séances scolaires en septembre :Nous redémarrons les dispositifs École au cinéma (prévisionnement le samedi 29 septembre pour le 1er trimestre), Collège au cinéma (inscriptions possibles jusqu’au 22 septembre) et Lycéen au cinéma.  Pour les séances hors dispos...

L’AQUARIUS OU LE NAUFRAGE DU BON SENS EUROPÉEN
Chaque année plus de 3000 hommes, femmes et enfants meurent noyés en Méditerranée en tentant la traversée sur des embarcations de fortune. Afin de porter secours à ceux qui fuient pour sauver leur vie, des citoyens européens ont décidé d’agir en créant l’association SOS Méditerranée qui a affrété un...

Le cinéma Utopia à Avignon de 1976 à 1994 une histoire de militantisme culturel et politique
Un livre de Michaël Bourgatte aux éditions Warm   « France, années 70. Anne-Marie Faucon, Michel Malacarnet et leurs compagnons de route inventent à Avignon un lieu atypique et pionnier, où ils souhaitent partager avec le plus grand nombre leur passion du cinéma et de l’échange. Avec pe...

En Avignon, 7 jeunes réfugiés par jour demandent à être mis à l’abri.
La protection des mineurs résidant sur le sol français est un droit constitutionnel. Néanmoins, le Conseil Départemental du Vaucluse, depuis des mois, s’acharne à faire fi des règles de base de la protection de l’enfance. Par souci de maîtrise budgétaire…  Le Collectif de soutien aux mineurs...

LA ROUTE SAUVAGE

(Lean on Pete) Écrit et réalisé par Andrew HAIGH - USA 2017 2h01mn VOSTF - avec Charlie Plummer, Steve Buscemi, Chloë Sevigny, Travis Fimmel, Thomas Mann (II)... D'après le roman de Willy Vlautin.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA ROUTE SAUVAGEComme le magnifique The Rider, La Route sauvage trouve son ancrage et son inspiration dans les paysages et les mythes ô combien cinématographiques du western et nous entraîne dans un splendide voyage dans le Grand Ouest américain, adaptant un roman du folk singer de l’Oregon Willy Vlautin.



Au cœur du récit, le jeune Charley, 15 ans, laissé à lui-même par un père inconstant, fêtard et séducteur, aimant sans doute mais plus encore irresponsable. Charley retrouve goût à la vie et espoir dans un avenir jusque là mal barré quand il croise le chemin de Del, entraîneur de chevaux de courses qui lui propose un petit boulot. Charley se construit là une famille de substitution, avec également Bonnie, une jeune femme jockey désabusée, brisée par les chutes et par les déceptions de la vie. Mais surtout l’adolescent se prend d’affection pour Lean on Pete (c’est le titre original du film), un vieux cheval qui dispute sans doute ses dernières courses et qui risque bien d’être rapidement conduit à l’abattoir : le milieu des courses n’est pas tendre avec les chevaux devenus inutiles… Mais Charley ne va pas laisser faire : quand il sent que le sort funeste de Lean on Pete est scellé, il se lance avec lui dans une fuite aventureuse à travers les montagnes et les étendues arides du Nord-Ouest américain, à la recherche d’une tante adorée dont la vie l’a séparé.

La Route sauvage, dont le titre français sonne comme celui d’un western de John Ford ou d’Henri Hattaway, est un grand beau film à la fois exaltant et désenchanté. Andrew Haigh décrit bien l’univers agité et pathétique des courses de chevaux de deuxième zone, petits gagnants et grands perdants, avec ses entraîneurs magouilleurs dont on ne sait trop si on doit les trouver antipathiques ou pittoresques. Mais on trouve en contrepoint, aussi bien dans le regard usé mais qui veut encore y croire de Bonnie que dans l’œil neuf et candide de Charley, le profond amour des chevaux qui les habite et qu’ils nous transmettent. Et puis il y a le plaisir du voyage dans ces espaces où nulle frontière d’État ne semble pouvoir vous arrêter, de la balade dans ces immensités qui font partie intégrante de l’histoire du cinéma américain et de l’amour qu’on lui porte, ici magnifiées par le travail remarquable du directeur de la photographie.

C’est aussi et surtout le film d’une reconstruction, celle de Charley (impressionnante interprétation du jeune Charlie Plummer, récompensé dans plusieurs festivals), adolescent formidablement attachant qui, avant de basculer dans l’âge adulte dont il pressent bien tous les renoncements qui l’accompagnent, veut retrouver coûte que coûte la chaleur d’un foyer incarnée par cette tante perdue dont il cherche inlassablement la trace à l’autre bout de l’État , autant dire à l’autre bout du monde. Et cette quête est aussi bouleversante que le voyage lui-même.