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Avant-première du film le dimanche 15 avril à 18h00. La projection sera suivie d’une rencontre avec le cinéaste Boudewijn Koole. Vente des places à partir du 4 avril.

SONATE POUR ROOS

Boudewijn KOOLE - Pays-Bas / Norvège 2016 1h32 VOSTF - avec Rifka Lodeizen, Elsie de Brauw, Marcus Hanssen, Jakob Oftebro...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

SONATE POUR ROOSL’histoire débute par un souffle, celui d’une petite fille, une jeune concertiste à peine plus haute que trois pommes, fragile silhouette immaculée dans l’immensité sombre d’une salle de concert. On sent la tension qui contracte ses mains inquiètes. Soudain ses doigts se mettent en mouvement, les notes limpides s’élèvent du piano et semblent traverser le temps, jusqu’à venir planer, des années plus tard, sur la nuque de Roos qui conduit dans la nuit enneigée. Le rapport entre elle et la fillette, on le devinera au fil du temps, en attendant cette mélodie cristalline bercera tout le récit, lui donnant ampleur et épure. 



Roos est une solide jeune femme de trente ans au regard métallique, sachant contrôler ses sourires. Sachant aussi les laisser éclater. Malgré sa retenue de façade, elle semble bouillonner de l’intérieur. Au fin fond de la Norvège, elle vient visiter Louise sa mère, Bengt son adolescent de frère, dans leur maison perdue au creux des bois sombres. L’élevage de chiens surexcités l’accueille avec la même joie que son frérot espiègle. Plaisir de chahuter dans la poudreuse, complicité immédiate, sensuelle, qui réchauffe le cœur. Un amour qui fait littéralement fondre… Instants de chaleur primitive, éphémère, vite estompés au contact d’une Louise qui s’avère plus rigide et cassante que de la glace, dont les silences tranchants lardent le cœur de Roos qui attend désespérément un mot, un improbable geste chaleureux. Loin de toute spontanéité, leur relation mère-fille semble être un combat perpétuel entre deux ogresses mutiques. Une incommunicabilité enkystée, marmoréenne, avec laquelle essaie de composer Bendt, en savant diplomate, de la même manière qu’il compose des mélodies harmonieuses avec des stalactites de glace : instants magiques, de toute beauté, dans l’intimité d’un écrin glacé où chaque murmure porte aussi loin que les rêves. Des moments de grâce pure, il y en a constamment dans ce petit film, qui maintiennent un lien ténu avec l’espoir, la vie. Comme la rencontre avec cet ex qui fait renaître un lien évident, fulgurant, hors des principes idiots et du temps. Tandis que l’hiver pose sa chape sur le cœur des êtres, leurs gestes rudes, la vie se débat, organique, grouillante, faite d’humeurs, de sang, de salive, d’ébats amoureux… Progressivement, sans que ce soit énoncé, on ressent chaque frémissement de Roos, on devient ses complices et les mélodies qui l’accompagnent nous procurent les mêmes frissons.
Il faut savoir lâcher prise, se laisser bercer par ces petites musiques intérieures qui viennent se briser en un éternel recommencement dans un océan de solitude. Car on le devine trop bien, entre deux gorgées d’alcools forts, une partie de pêche sur le lac gelé et une balade improvisées, Roos cette fois a des choses à dire, des mots qui ne sortent pas et qui ne peuvent être, en définitive, que maladroits… Un impossible aveu qui installe à pas feutrés un ressort dramatique qui se tend à chaque réplique.

Il suffit donc de se laisser délicieusement transporter à l’instar de ces traîneaux qui glissent dans les étendues au charme brut et sauvage, dans la lumière du soleil nordique qui tamise chaque aspérité du paysage. Écouter, regarder, ressentir. Attendre patiemment l’improbable rencontre, émus par cette incapacité de deux êtres à se rencontrer. Histoire particulière, pourtant d’une banalité universelle, dont la trame initiale trouve sa genèse dans l’expérience familiale du réalisateur, celle de la relation épineuse entre sa mère et ses sœurs, racontée avec une distanciation et une tendresse salutaires.