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ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

Communiqué du Collectif 23h59 Janvier 2019
Rappelons-le, le Collectif 23h59 a pour objet la défense de la liberté de circulation.  Il entend, au regard de ce principe,  faire rétablir la possibilité d’emprunter le passage du verger Urbain V en soirée pour rejoindre la Manutention et le quartier – comme cela était établi depuis plus...

Rosmerta, association avignonnaise de solidarité avec les migrants et de promotion des droits de l’Homme,
Face à l’urgence hivernale, les membres de Rosmerta, association avignonnaise de solidarité avec les migrants et de promotion des droits de l’Homme, ont mené une Réquisition Citoyenne d’un bâtiment à Avignon, au 7 rue Louis Pasteur. Ils hébergent une trentaine de personnes exilées, des familles...

TOUTES CES CHOSES QUE JE NE COMPRENDS PAS.
Il y a des choses que je ne comprends pas. Dans cette ville, il y a plein de choses que je ne comprends pas. Bon, d’accord, je donne un exemple. J’habite dans le quartier de la Bonneterie, qui a fait l’objet récemment d’une requalification, comme on dit dans le jargon technocratique, plutôt réu...

UBU, ROI DU VERGER
@page { margin: 2cm } p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% }- Je peux vous poser une question ?- Oui, qu’est-ce que c’est ?- C’est une phrase interrogative, qu’onutilise pour tester les connaissances. Pour le coup, ce dialogue n’est pas extrait de la pièce Ubu Roi mais du film Y ...

TRANSIT

Écrit et réalisé par Christian PETZOLD - Allemagne / France 2018 1h41mn VOSTF - avec Franz Rogowski, Paula Beer, Godehard Giese, Lilien Batman, Maryam Zaree, Sebastian Hülk... D'après le roman d'Anna Seghers.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

TRANSITNi reconstitution, ni transposition : c’est la brillante idée, le coup de génie, qui rend si intrigante cette adaptation du roman d’Anna Seghers, publié en 1944 et largement inspiré de sa propre expérience. L’histoire d’Allemands – résistants, artistes, opposants – fuyant le nazisme, bloqués à Marseille en attente d’un embarquement possible pour les Amériques. Christian Petzold choisit délibérément de déplacer cette trame dans l’époque actuelle sans pour autant changer quoi que ce soit de la temporalité du récit. La situation des personnages est celle des années 1940, mais le monde autour d’eux est celui d’aujourd’hui. Ce parti-pris étonnant, le film l’établit d’emblée, si bien que le spectateur accepte sans effort que deux périodes se superposent ainsi. L’histoire tirée du roman d’Anna Seghers est une fresque vibrante sur l’exil, doublée d’une romance vécue par deux êtres en transit vers des destinées qu’ils savent séparées. Mais disposée sur une toile de fond actuelle, l’histoire de ces migrants d’un autre temps crée un effet miroir saisissant sur les problématiques de notre époque. Et voilà le trouble semé… Faut-il voir en eux des fantômes du passé venus nous alerter des dangers de nos sociétés contemporaines ? Et qu’ont-ils à nous dire de ce qu’est la liberté, l’amour et l’espoir en temps de clandestinité ?



Au comptoir d’un café parisien, l’Allemand Georg retrouve un de ses compagnons de fuite. Celui-ci lui intime de partir : les fascistes ratissent la ville, la situation est devenue trop dangereuse. Il offre à Georg une place pour Cassis contre un petit service : remettre en mains propres deux lettres à Weidel, un célèbre écrivain résistant. La première est de sa femme qui dit l’attendre en zone libre à Marseille ; l’autre est signée du consul du Mexique qui accepte sa demande d'asile. Mais Georg arrive trop tard : Weidel a mis fin à ses jours dans sa chambre d'hôtel. Il parvient à s’emparer du passeport ainsi que d’un manuscrit de l’écrivain et quitte précipitamment Paris.
Arrivé à Marseille, Georg se fait passer pour Weidel afin d’obtenir les papiers promis par le consul du Mexique. En attente de son visa de transit, il erre dans la ville, fréquente les halls d’administrations bondés de réfugiés, se plonge dans le roman inachevé de Weidel… C’est alors qu’il fait la rencontre de la mystérieuse Marie, l’épouse de Weidel, qui ignore tout du suicide de son mari. Hésitant à lui annoncer la vérité, Georg se prend à son propre jeu et éprouve de plus en plus de sentiments pour elle.

Christian Petzold – dont on se souvient notamment du splendide Barbara  – poursuit ici sa réflexion sur l’histoire européenne en embrassant toute l’envergure romanesque et politique de ce récit palpitant. Le film évite soigneusement les analogies simplistes entre l’Occupation et l’actualité. Petzold creuse au contraire une zone atemporelle où les époques résonnent l’une dans l’autre sans jamais s’emboîter. Les itinéraires de Georg et de Marie révèlent à eux seuls la tragédie de ceux frappés par l’exil. Elle, à la recherche désespérée de son amour, incapable de quitter le territoire en tournant le dos au passé. Lui, essayant d’entraîner Marie, en quête d’un horizon désirable pour partir. Dans un Marseille caniculaire, acculés devant la Méditerranée, ils apparaissent comme des amants prisonniers d’un espace-temps immobile. Figés, comme le film, entre présent et passé.