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LAISSEZ-PASSER LE PÈRE-NOËL !
LAISSEZ-PASSER LE PÈRE-NOËL !Vous êtes attendus nombreux le jeudi 20 décembre à 19h30 dans le jardin Urbain V. Nous décorerons notre sapin de Noël avec nos cartes de vœux pour le PASSAGE ! Une hotte accueillera les modestes cadeaux que chacun voudra y déposer et que nous nous offrirons… Pr...

NOËL POUR LES ÉCOLES
Le mois de décembre approche à grand pas. Les cinémas Utopia vous proposent des films pour les petits et les plus grands pour des séances en matinée. Pensez à réserver auprès du cinéma en nous contactant au 0490826536.Vous trouverez ci-dessous une sélection de films.Si toutefois vous aviez d...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou car...

UBU, ROI DU VERGER
@page { margin: 2cm } p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% }- Je peux vous poser une question ?- Oui, qu’est-ce que c’est ?- C’est une phrase interrogative, qu’onutilise pour tester les connaissances. Pour le coup, ce dialogue n’est pas extrait de la pièce Ubu Roi mais du film Y ...

Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

JERSEY AFFAIR

Écrit et réalisé par Michael PEARCE - GB 2017 1h47mn VOSTF - avec Jessie Buckley, Johnny Flynn, Geraldine James, Shannon Tarbet...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

JERSEY AFFAIRDans la très bourgeoise famille Huntford résidant sur l’île friquée de Jersey, il y a d’abord et avant tout la mère : Hilary, une maîtresse femme à laquelle on n’a instinctivement pas envie de se frotter. Quelque part au fond d’une pièce, un père chaque jour plus absent, en train de sombrer dans une indicible maladie. Puis vient la fratrie, de tout neufs adultes bien dressés, responsables et polis, tributaires des apparences. Seule Moll détonne au cœur de cette idyllique cage dorée où on la retient faute de parvenir à la caser dans un mariage convenu. La jeune femme se montre irrémédiablement inadaptée aux moules qu’on lui réserve, aux prétendants qui d’ailleurs ne se bousculent pas au portillon. Et toute la famille d’admirer le seul qui persiste à lui conter fleurette, un gardien de l’ordre rassurant qui ferait un si gentil mari !
Moll n’a pas l’élégance naturelle des jeunes filles de bonne famille. Sur elle, même les tenues les plus rigides refusent de prendre le pli. Dans un conte, elle serait la souillon qu’on empêche d’aller au bal. Face à un entourage qui fait tout pour l’infantiliser, elle essaie de faire semblant mais jamais son attitude docile ne parvient à dissimuler la part d’animalité fougueuse qui bouillonne sourdement en elle. Si Moll tient magnifiquement sa partition dans le chœur dirigé par… sa maman (évidemment !), aucun cantique céleste ne lui donne l’air d’un ange ou alors déchu.



Jersey est une île dont on a vite fait le tour des possibilités d’évasion. La seule alternative à portée de pied pour fuir un quotidien étouffant est d’aller danser au bar du coin, sans pantoufle de vair, puisque les fées marraines ont déserté notre époque moderne. C’est donc ce que fait Moll, à l’affut de chaleur humaine et peut-être d’un beau gosse. Elle en trouve vite un (mais n’est ce pas l’inverse ?) qui lui offre à boire, la branche et lui propose une balade dans les dunes au petit jour, bien après l’heure du couvre-feu en vigueur chez les carrosses/citrouilles d’antan. Il est insignifiant, Moll le suit, fricote un peu, mais toute sa fragilité remonte à la surface quand le gars devient trop insistant, essayant de lui arracher des baisers, bousculant sa proie quand elle proteste et que monte la panique…

C’est alors que surgit de nulle part, tel le loup du bois, son sauveur, carabine au poing. Il a le calme des trappeurs, les cicatrices d’un vaurien, la blondeur d’un prince charmant. Moll est immédiatement subjuguée par son regard qui ne scille pas, ses airs de mauvais garçons la font frémir. Elle monte imprudemment dans son break aux antipodes des berlines bien entretenues de son quartier. On devine les odeurs de sueur, de gibier juste abattu, un goût de crasse, un goût d’humain qui tout à la fois repousse et attire. Le temps s’arrête étrangement aux côtés du mystérieux Pascal, au sourire ravageur, au charme sauvage, tout aussi rassurant qu’inquiétant, affable qu’insondable. Un mal aimé tout comme elle. Se tisse entre eux une relation d’une ambiguïté à la fois délicieuse et dérangeante, toujours plus vertigineuse alors qu’autour les bruits qui courent se rapprochent, deviennent menaçants : un serial killer, un violeur rôde sur l’île. Rumeurs dont l’atypique Pascal devient le principal suspect, évidemment, tandis que Moll s’épanouit, prête à tout pour défendre le seul être qui l’écoute, la touche, sourde aux sentiments contradictoires, aux doutes qui progressivement l’assaillent et nous avec elle.

C’est un film sulfureux, torride, dont le titre annonce toute l’ambiguïté. Le mot « affair » en anglais pouvant tout aussi bien se référer à une affaire judiciaire qu’à une love story. Il repose sur le jeu époustouflant du couple d’acteurs principaux et sur l’ambiance étrange de l’île où le réalisateur a passé son enfance. Un cocon paradisiaque mais néanmoins hanté par des souvenirs menaçants…