LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4€
Moins de 14 ans : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

CHANTER RÉGÉNÈRE !
En raison de nouvelles aventures prévues au Théâtre des Vents, l’atelier chansons, animé depuis plus de vingt ans par Amélie Grand – fondatrice et ex-directrice des Hivernales de danse d’Avignon – rejoint le Théâtre Transversal : 10, rue d’Amphoux à Avignon. Tel : 04 90 86 17...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou car...

UBU, ROI DU VERGER
@page { margin: 2cm } p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% }- Je peux vous poser une question ?- Oui, qu’est-ce que c’est ?- C’est une phrase interrogative, qu’onutilise pour tester les connaissances. Pour le coup, ce dialogue n’est pas extrait de la pièce Ubu Roi mais du film Y ...

Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

Utopia, mon amour !
Courrier reçu de Bernard et Véronique.Mais que se passe-t-il encore dans ma bonne ville d’Avignon ?Mon vieux pote avec qui j’écumais vos salles à leur ouverture, il y a plus de quarante ans, vient de m’en annoncer une bien bonne : l’épatante promenade qu’il avait l’habitude de faire en fam...

EVERYBODY KNOWS

Ecrit et réalisé par Asghar FARHADI - Espagne/France 2018 2h12mn VOSTF - avec Penélope Cruz, Javier Bardem, Ricardo Darin, Eduard Fernandez, Barbara Lennie... Festival de Cannes 2018 : Film d’ouverture.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

EVERYBODY KNOWSC’est au cour d’un voyage dans le Sud de l’Espagne que le réalisateur d’Une Séparation, Le Client (disponibles en Vidéo en Poche), Le Passé… a eu l’idée du film, au détour d’un fait divers. Pendant quinze ans, cet embryon d'histoire a poursuivi Ashgar Farhadi en arrière plan de chacun de ses films, comme un rengaine entêtante, jusqu’au jour où il décida finalement de s'y attaquer sérieusement et d'en faire un vrai scénario. Un scénario écrit et pensé par le cinéaste iranien en farsi, puis traduit minutieusement en espagnol. « Pendant toutes ces années, je ne pensais qu’à l’Espagne »… A voir le résultat, on constate à quel point Farhadi s’est imprégné de la culture, des odeurs, des sons, de la vitalité, de la lumière de l’Espagne : Everybody knows (nouvelle démonstration de l'impérialisme de la langue anglaise) respire, vit, et vibre comme un film espagnol.
Nous sommes dans le Sud du pays, dans un petit village rythmé par le ding-dong du clocher de l’Église, qui partage la place centrale avec le bar-restaurant. Les vignes ne sont pas loin, inondées de soleil. Ce matin-là, le bar est en effervescence. On y célèbrera demain un mariage et la fête promet d’être belle : il y aura le soleil, le vin de Paco, les cousins éloignés, l’orchestre, la musique et le sourire de Laura, la sœur de la mariée, qui a fait le déplacement avec ses deux enfants depuis l’Argentine où elle vit désormais. Pour Laura l’exilée, c’est l’occasion de renouer avec ses racines espagnoles.
C’est la première partie du film, elle est bruyante, joyeuse et mélancolique, comme le sont parfois les fêtes de familles où l’on constate, aussi, au détour d’une étreinte, que le temps a passé trop vite sur ceux que l’on aime. Asghar Farhadi, dans cette exposition de ses personnages, prend le temps de s’arrêter sur chacun, révélant en filigrane, par petites touches impressionnistes, les petites failles, les regards complices ou plus distants. Celle ou celui qui prendra la peine de bien observer pourra déjà lire, ici, les prémisses de la tragédie qui va advenir.
La deuxième partie du film, la plus longue et la plus intense, nous plonge avec brutalité dans un autre monde, sur un registre bien différent et pour ainsi dire dans un autre film, beaucoup plus sombre. Car un événement inattendu et violent va arriver, ébranlant d'un seul choc tout l’édifice familial, révélant les crispations, réveillant les vieux démons, ceux du passé, ceux qu’on ne voulait surtout pas inviter aux noces.
Tout le talent d’Asghar Farhadi se déploie doucement, sûrement, avec la sérénité tranquille de ceux qui savent parfaitement où ils nous mènent, ne lâchant jamais du regard aucun de ses personnages, en dépit de leurs travers ou de leurs petitesse. Il faut un vrai talent de chef d’orchestre – rythme, tempo, ruptures, direction d’acteurs – pour réussir de la sorte à faire exister autant de protagonistes sans jamais les juger et encore moins les condamner, tout en maintenant le spectateur en haleine. C’est sans doute la grande force du cinéma de Farhadi, et on la retrouve dans chacun de ses films, qu’ils se passent à Téhéran, à Paris ou au fin fond de l’Andalousie : un regard jamais moralisateur qui offre aux personnages (et donc aux comédiens, tous formidables) la possibilité de s’exprimer et aux spectateurs de décider.