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UN JEUNE, UN TOIT, UNE ÉCOLE !
Ça s’est passé près de chez vous… N. 16 ans et demi est arrivé en juillet dans le Vaucluse. Il a traversé la méditerranée au péril de sa vie. Il est « pris en charge » par l’Aide Sociale à l’Enfance qui conteste sa minorité, le fait convoquer à la police des frontières, des ...

Les Lumières de la ville deviennent le Collectif 1,2,3 soleil.
Les Lumières de la ville, c’est cette fabrique de film que l’association 100 pour 1, les Ateliers du Court et Utopia ont mis en place il y a quelques mois. L’idée est de regrouper des jeunes mineurs isolés de 100 pour 1, quelques-uns de nos spectateurs volontaires et un ou deux « professionnel ...

Séances bébé
   Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés, ett déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son p...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
   Projections de films français avec sous-titres spéciaux pour les malentendants Les séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spéciaux appara...

LE FEU QUI NE S’ÉTEINT JAMAIS
 Il y a sept ans nous apprenions avec effroi l’explosion de 3 réacteurs nucléaires dans la centrale de Fukushima au Japon. Au pays du shintoïsme – un culte dédié à la nature -, le choc fut terrifiant. Il venait implacablement raisonner avec la mémoire traumatique d’Hiroshima et Nagasaki. Grand pe...

FOXTROT

Écrit et réalisé par Samuel MAOZ - Israël 2017 1h53mn VOSTF - avec Lior Ashkenazi, Sarah Adler, Yonaton Shiray, Shira Haas...

Du 09/05/18 au 22/05/18

FOXTROTOn sonne à la porte d’un bel appartement de Tel-Aviv. Trois militaires se présentent. Devant leur air grave et avant même qu’ils aient pu prononcer un mot, Dafna, la mère, s’effondre, victime d’une crise d’épilepsie. Michael, le père, sombre dans la prostration… L’armée vient leur annoncer que leur fils Yonathan est mort sous l’uniforme. Sans préciser où, ni comment.
La mère, assommée par les calmants, ne se lève plus. Le père, un architecte, vit reclus dans sa douleur, entre stupeur et accablement, à laquelle ne peut l’arracher la visite éplorée des membres de la famille. Un jeune militaire vient lui expliquer le déroulement des obsèques solennelles que réserve l’État hébreu aux soldats morts pour sa défense. La froideur méthodique de ce bidasse exaspère cet homme dont la souffrance vire à la rage. Soudain, un retournement de situation totalement imprévisible vient rebattre les cartes du hasard et du destin…

Le film, efficace et tranchant, de Samuel Maoz se décompose en trois parties. Après ce premier acte dramatique dans le huis clos d’un appartement cossu où le malheur est entré par effraction, le spectateur se retrouve à un poste frontière, au milieu de nulle part, dans un paysage de sable et de pierre.
De jeunes troufions, dont Yonathan, tuent leur ennui en surveillant du haut d’un mirador, ou affalés sur un canapé défoncé, une barrière qu’ils ne lèvent qu’au passage d’un dromadaire nonchalant qui va et vient, indifférent à la tension régionale. Parfois, un véhicule s’approche, aussitôt soumis à une inspection en règle, avec arbitraire et humiliations de rigueur, pour bien faire sentir aux Palestiniens qui est le maître…

Comment ne pas voir dans l’esprit du réalisateur, très critique sur l’évolution de son pays, la métaphore d’une société cadenassée qui entretient l’illusion du danger, s’enfonce et cultive une paranoïa belliqueuse  ? Pour ces jeunes recrues, chauffées à blanc par la rhétorique de l’armée, formées à accomplir des gestes mécaniques sans faire appel à leur intelligence, la bavure est au bout de la mitraillette. Quand elle se produit, l’institution militaire enfouit les preuves, recouvre de silence l’exaction, en assurant l’impunité aux coupables.
La troisième partie, plus intimiste, se passe dans la cuisine de l’appartement familial où les parents de Yonathan, complices, revivent des épisodes de leur jeunesse. Michael finit par avouer la « faute » qui le hante depuis son adolescence.
Le titre, énigmatique et primesautier, résume le propos. Le fox-trot est une danse qui revient interminablement à son point de départ, tournant sur elle-même dans un ballet mécanique qui dessine l’ellipse d’une impasse.

(J.C. Raspiengeas, La Croix)