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FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou car...

Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

Utopia, mon amour !
Courrier reçu de Bernard et Véronique.Mais que se passe-t-il encore dans ma bonne ville d’Avignon ?Mon vieux pote avec qui j’écumais vos salles à leur ouverture, il y a plus de quarante ans, vient de m’en annoncer une bien bonne : l’épatante promenade qu’il avait l’habitude de faire en fam...

Le passage du Verger Urbain V : l’impasse ?
À ceux qui sont partis en vacances et ont décroché des faits divers.Vous l’avez sûrement remarqué, le Verger Urbain V a été refait : plus de terrain vague mais un jardin flambant neuf, beau passage pour aller le soir à la Manutention et même continuer en longeant la prison jusqu’au fleuve....

ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !
Affirmez votre refus de nous voir remisés au fond d’un cul de sac et votre droit de nous rendre visite, comme celui de transiter, en journée comme en soirée par le passage du verger. Dans notre optimisme béat nous espérons des milliers de signatures, montrez que nous sommes timorés et que ce sera de...

DAPHNÉ

Peter MACKIE BURNS - GB 2017 1h27mn VOSTF - avec Emily Beecham, Tom Vaughan-Lawlor, Nathaniel Martello- White, Geraldine James... Prix Hitchcock au festival du film de Dinard, Prix de la Meilleure Actrice au Festival d’Edimbourg.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DAPHNÉC'est un peu comme si le regretté et très new-yorkais John Cassevetes s'était réincarné de ce côté-ci de l'Atlantique. Un homme qui sait faire de si jolis portraits de femmes libres tout en filmant aussi admirablement sa ville avec amour et lucidité, dans tous ses atouts et ses côtés sombres, on croyait ça plié depuis la disparition de John. Mais Peter Mackie Burns, cinéaste de long métrage sur le tard, est arrivé.

Au cœur du récit et présente dans presque tous les plans, sinon tous : Daphné, une jolie rouquine trentenaire totalement londonienne, comme les héroïnes de Cassavetes étaient totalement new-yorkaises. Une jeune femme qui brûle la vie avec l'intensité de la cuisine qu'elle concocte la journée dans un restaurant branché du quartier à la mode d'Elephant and Castle. La nuit, elle traîne dans les bars qui fleurissent à une vitesse exponentielle, où elle s'enivre souvent à l'excès avant de finir la nuit au bras d'inconnus pour des rendez-vous sans lendemain. Un peu cynique, maniant un humour ravageur et des répliques souvent assassines, elle dégage rapidement d'une boutade tout garçon qui ferait mine de s'attacher. Elle fait notamment mine de ne pas comprendre à quel point le patron plutôt séduisant de son restaurant la dévore des yeux et la protège. Côté familial, elle ne déborde pas non plus d'attention envers sa mère un peu collante, la rabroue même quand elle s'obstine à l'inviter. Elle préfère, lors de ses rares moments de sérénité, se réfugier seule dans son appartement aussi rangé et coquet que sa vie est désordonnée, et se plonger dans un livre de Slavoj Zizek, philosophe marxiste un peu misanthrope dont on se demande si elle fait mine de l'apprécier par réel intérêt ou par provocation.
Et puis, comme souvent dans une vie que l'on croyait vouée à la répétition, un truc se passe qui change le cours des choses. Pas quelque chose qui la touche directement, juste l'agression d'un épicier qu'elle manque de voir mourir dans ses bras. Et insidieusement, petit à petit, elle va se laisser gagner par un regard différent sur autrui, sur ses soupirants, sur sa mère malade, et même sur l'homme qui a survécu à l'agression.
Emily Beecham, magnifique actrice révélée essentiellement par des séries à succès et un passage dans Ave Cesar ! des frères Coen, incarne formidablement tous les états d'âme et les métamorphoses de cette jeune femme tardivement gagnée par l'âge adulte.

Mais la beauté du film tient aussi à la manière dont le réalisateur filme Londres, et pas n'importe quel quartier, celui d'Elephant and Castle, vieux quartier populaire métissé en pleine mutation et gentrification, quartier d'effervescence d'une nouvelle économie la journée, quartier nocturne parfois très/trop animé, à la mauvaise réputation qui s'estompe peu à peu. Peter Mackie Burns sait magnifiquement filmer toute la complexité de ce quartier mais aussi à quel point la vie, qui semble trépidante, renvoie finalement les jeunes adultes londoniens à leur solitude. Et l'alchimie du jeu d'Emily Beecham et de la mise en scène fait de ce film un petit bijou impressionniste.