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Le blog des profondeurs...
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UN JEUNE, UN TOIT, UNE ÉCOLE !
Ça s’est passé près de chez vous… N. 16 ans et demi est arrivé en juillet dans le Vaucluse. Il a traversé la méditerranée au péril de sa vie. Il est « pris en charge » par l’Aide Sociale à l’Enfance qui conteste sa minorité, le fait convoquer à la police des frontières, des ...

Les Lumières de la ville deviennent le Collectif 1,2,3 soleil.
Les Lumières de la ville, c’est cette fabrique de film que l’association 100 pour 1, les Ateliers du Court et Utopia ont mis en place il y a quelques mois. L’idée est de regrouper des jeunes mineurs isolés de 100 pour 1, quelques-uns de nos spectateurs volontaires et un ou deux « professionnel ...

Séances bébé
   Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés, ett déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son p...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
   Projections de films français avec sous-titres spéciaux pour les malentendants Les séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spéciaux appara...

LE FEU QUI NE S’ÉTEINT JAMAIS
 Il y a sept ans nous apprenions avec effroi l’explosion de 3 réacteurs nucléaires dans la centrale de Fukushima au Japon. Au pays du shintoïsme – un culte dédié à la nature -, le choc fut terrifiant. Il venait implacablement raisonner avec la mémoire traumatique d’Hiroshima et Nagasaki. Grand pe...

LAND

Écrit et réalisé par Babak JALALI - Europe / Mexique / USA 2017 1h50mn VOSTF - avec Rod Rondeaux, Florence Kleinbort, James Coleman, Wilma Pelly...

Du 23/05/18 au 05/06/18

LANDRéalisé par un Iranien grandi à Londres et financé par des fonds européens, Land se déroule pourtant au pays des Yankees. Ici, sur les plaines arides du Nouveau Mexique, les panneaux annoncent la couleur : vous entrez dans la réserve indienne de Prairie Wolf ! On rêverait de voir surgir un troupeau de bisons, et des cavaliers cheyennes ou sioux galopant la plume au vent. Mais nos souvenirs de westerns en prennent un coup. Chefs et guerriers de jadis ne sont plus, au mieux, que des employés de ferme fatigués qui déchargent des camions de foin pour nourrir de maigres vaches parquées dans des enclos trop étroits. Mais le plus souvent, assommés par la misère, ils noient leur reste d'espoir dans le fond d'une cannette de bière. Et leurs femmes sont logées à la même enseigne. Chacun traîne sa vie misérable, aussi poussiéreuse que les pistes monotones qui traversent le territoire déplumé dans lequel une partie de la population parquée sombre doucement dans le ronron de l’assistanat et de l’alcoolisme. Pourtant au fond des regards de ces êtres humains – souvenez-vous, c'est ainsi que se nommaient les Cheyennes –, on perçoit toute la noblesse et le courage de leurs ancêtres. Ce no man’s land sans avenir, où 90 % de la population est au chômage, sonne le glas de la dignité. Même les shérifs de jadis se sont transformés en fonctionnaires désabusés, dont la principale et peu exaltante mission est de vérifier que personne ne pénètre dans la réserve avec de l’alcool, histoire que les foies des plus accros puissent au moins se reposer la nuit…

Chaque matin s’ouvre sur la même routine pour la vieille Mary Denetclaw, descendante de la grande tribu des Aigles Jaunes. Résignée, elle conduit son fils cadet Wesley en marge de la réserve, jusqu’à une échoppe miteuse tenue par des blancs qui font profit de la vente d’alcool. Perpétuellement plantés devant la façade, une poignée d’Indiens, toujours les mêmes, rêvassent, perdus dans les méandres de leurs cerveaux embrumés par la boisson. Le soir venu, Mary viendra récupérer un Wesley toujours aussi docile, mais un peu plus hébété. Cela pourrait durer quelques décennies encore, si ce n’est qu’un jour plus sombre que les autres, les Denetclaw reçoivent un coup de fil inhabituel. Floyd, le benjamin de la famille, vient de tomber au combat en Afghanistan. Étrange chose de penser que les descendants des seuls Américains natifs soient en train de défendre à l’autre bout du monde les intérêts d’une nation qui les a dépossédés de leurs terres et les laisse aujourd’hui à l’abandon. Cette annonce, renforcée par la malveillance d’une bande d’abrutis, va mettre le feu aux poudres et pousser Raymond, l’aîné de la fratrie, le seul à avoir une vie bien rangée, à se rebeller à sa manière…

C’est un film d’une beauté atypique, sombre et malgré tout lumineux, tout comme l’est le regard de cette jeune adolescente qui traîne auprès des Indiens à la dérive contre l’avis de sa propre famille. N’est-elle que le témoin impuissant de cette descente aux enfers ou la représentante pleine d’empathie de la mauvaise conscience d’une Amérique qui ne tient pas ses promesses ? Ou se tient-elle là, prête à agir telle un ange gardien complice ? Toujours est-il qu’elle est l’ambassadrice d’une humanité qui se moque des frontières, des couleurs de peau, des drapeaux ségrégationnistes et que sa subtile présence semble suggérer que l’espoir peut renaître, même dans l’endroit le plus paumé du monde.