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Le blog des profondeurs...
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Verger Urbain V, écrin ou carcan ?
 Vous êtes nombreux à nous questionner sur la soudaine fermeture du passage du Verger Urbain V le soir. C’est le chemin qui vous mène directement  du centre-ville vers le cinéma. Vous êtes nombreux à ne pas comprendre les objectifs de cette décision (nous, pas vraiment non plus), à trouver...

Enseignantes, enseignants
Reprise des séances scolaires en septembre :Nous redémarrons les dispositifs École au cinéma (prévisionnement le samedi 29 septembre pour le 1er trimestre), Collège au cinéma (inscriptions possibles jusqu’au 22 septembre) et Lycéen au cinéma.  Pour les séances hors dispos...

L’AQUARIUS OU LE NAUFRAGE DU BON SENS EUROPÉEN
Chaque année plus de 3000 hommes, femmes et enfants meurent noyés en Méditerranée en tentant la traversée sur des embarcations de fortune. Afin de porter secours à ceux qui fuient pour sauver leur vie, des citoyens européens ont décidé d’agir en créant l’association SOS Méditerranée qui a affrété un...

Le cinéma Utopia à Avignon de 1976 à 1994 une histoire de militantisme culturel et politique
Un livre de Michaël Bourgatte aux éditions Warm   « France, années 70. Anne-Marie Faucon, Michel Malacarnet et leurs compagnons de route inventent à Avignon un lieu atypique et pionnier, où ils souhaitent partager avec le plus grand nombre leur passion du cinéma et de l’échange. Avec pe...

En Avignon, 7 jeunes réfugiés par jour demandent à être mis à l’abri.
La protection des mineurs résidant sur le sol français est un droit constitutionnel. Néanmoins, le Conseil Départemental du Vaucluse, depuis des mois, s’acharne à faire fi des règles de base de la protection de l’enfance. Par souci de maîtrise budgétaire…  Le Collectif de soutien aux mineurs...

LAND

Écrit et réalisé par Babak JALALI - Europe / Mexique / USA 2017 1h50mn VOSTF - avec Rod Rondeaux, Florence Kleinbort, James Coleman, Wilma Pelly...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LANDRéalisé par un Iranien grandi à Londres et financé par des fonds européens, Land se déroule pourtant au pays des Yankees. Ici, sur les plaines arides du Nouveau Mexique, les panneaux annoncent la couleur : vous entrez dans la réserve indienne de Prairie Wolf ! On rêverait de voir surgir un troupeau de bisons, et des cavaliers cheyennes ou sioux galopant la plume au vent. Mais nos souvenirs de westerns en prennent un coup. Chefs et guerriers de jadis ne sont plus, au mieux, que des employés de ferme fatigués qui déchargent des camions de foin pour nourrir de maigres vaches parquées dans des enclos trop étroits. Mais le plus souvent, assommés par la misère, ils noient leur reste d'espoir dans le fond d'une cannette de bière. Et leurs femmes sont logées à la même enseigne. Chacun traîne sa vie misérable, aussi poussiéreuse que les pistes monotones qui traversent le territoire déplumé dans lequel une partie de la population parquée sombre doucement dans le ronron de l’assistanat et de l’alcoolisme. Pourtant au fond des regards de ces êtres humains – souvenez-vous, c'est ainsi que se nommaient les Cheyennes –, on perçoit toute la noblesse et le courage de leurs ancêtres. Ce no man’s land sans avenir, où 90 % de la population est au chômage, sonne le glas de la dignité. Même les shérifs de jadis se sont transformés en fonctionnaires désabusés, dont la principale et peu exaltante mission est de vérifier que personne ne pénètre dans la réserve avec de l’alcool, histoire que les foies des plus accros puissent au moins se reposer la nuit…

Chaque matin s’ouvre sur la même routine pour la vieille Mary Denetclaw, descendante de la grande tribu des Aigles Jaunes. Résignée, elle conduit son fils cadet Wesley en marge de la réserve, jusqu’à une échoppe miteuse tenue par des blancs qui font profit de la vente d’alcool. Perpétuellement plantés devant la façade, une poignée d’Indiens, toujours les mêmes, rêvassent, perdus dans les méandres de leurs cerveaux embrumés par la boisson. Le soir venu, Mary viendra récupérer un Wesley toujours aussi docile, mais un peu plus hébété. Cela pourrait durer quelques décennies encore, si ce n’est qu’un jour plus sombre que les autres, les Denetclaw reçoivent un coup de fil inhabituel. Floyd, le benjamin de la famille, vient de tomber au combat en Afghanistan. Étrange chose de penser que les descendants des seuls Américains natifs soient en train de défendre à l’autre bout du monde les intérêts d’une nation qui les a dépossédés de leurs terres et les laisse aujourd’hui à l’abandon. Cette annonce, renforcée par la malveillance d’une bande d’abrutis, va mettre le feu aux poudres et pousser Raymond, l’aîné de la fratrie, le seul à avoir une vie bien rangée, à se rebeller à sa manière…

C’est un film d’une beauté atypique, sombre et malgré tout lumineux, tout comme l’est le regard de cette jeune adolescente qui traîne auprès des Indiens à la dérive contre l’avis de sa propre famille. N’est-elle que le témoin impuissant de cette descente aux enfers ou la représentante pleine d’empathie de la mauvaise conscience d’une Amérique qui ne tient pas ses promesses ? Ou se tient-elle là, prête à agir telle un ange gardien complice ? Toujours est-il qu’elle est l’ambassadrice d’une humanité qui se moque des frontières, des couleurs de peau, des drapeaux ségrégationnistes et que sa subtile présence semble suggérer que l’espoir peut renaître, même dans l’endroit le plus paumé du monde.