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ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou car...

Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

Utopia, mon amour !
Courrier reçu de Bernard et Véronique.Mais que se passe-t-il encore dans ma bonne ville d’Avignon ?Mon vieux pote avec qui j’écumais vos salles à leur ouverture, il y a plus de quarante ans, vient de m’en annoncer une bien bonne : l’épatante promenade qu’il avait l’habitude de faire en fam...

Le passage du Verger Urbain V : l’impasse ?
À ceux qui sont partis en vacances et ont décroché des faits divers.Vous l’avez sûrement remarqué, le Verger Urbain V a été refait : plus de terrain vague mais un jardin flambant neuf, beau passage pour aller le soir à la Manutention et même continuer en longeant la prison jusqu’au fleuve....

ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !
Affirmez votre refus de nous voir remisés au fond d’un cul de sac et votre droit de nous rendre visite, comme celui de transiter, en journée comme en soirée par le passage du verger. Dans notre optimisme béat nous espérons des milliers de signatures, montrez que nous sommes timorés et que ce sera de...

LAND

Écrit et réalisé par Babak JALALI - Europe / Mexique / USA 2017 1h50mn VOSTF - avec Rod Rondeaux, Florence Kleinbort, James Coleman, Wilma Pelly...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LANDRéalisé par un Iranien grandi à Londres et financé par des fonds européens, Land se déroule pourtant au pays des Yankees. Ici, sur les plaines arides du Nouveau Mexique, les panneaux annoncent la couleur : vous entrez dans la réserve indienne de Prairie Wolf ! On rêverait de voir surgir un troupeau de bisons, et des cavaliers cheyennes ou sioux galopant la plume au vent. Mais nos souvenirs de westerns en prennent un coup. Chefs et guerriers de jadis ne sont plus, au mieux, que des employés de ferme fatigués qui déchargent des camions de foin pour nourrir de maigres vaches parquées dans des enclos trop étroits. Mais le plus souvent, assommés par la misère, ils noient leur reste d'espoir dans le fond d'une cannette de bière. Et leurs femmes sont logées à la même enseigne. Chacun traîne sa vie misérable, aussi poussiéreuse que les pistes monotones qui traversent le territoire déplumé dans lequel une partie de la population parquée sombre doucement dans le ronron de l’assistanat et de l’alcoolisme. Pourtant au fond des regards de ces êtres humains – souvenez-vous, c'est ainsi que se nommaient les Cheyennes –, on perçoit toute la noblesse et le courage de leurs ancêtres. Ce no man’s land sans avenir, où 90 % de la population est au chômage, sonne le glas de la dignité. Même les shérifs de jadis se sont transformés en fonctionnaires désabusés, dont la principale et peu exaltante mission est de vérifier que personne ne pénètre dans la réserve avec de l’alcool, histoire que les foies des plus accros puissent au moins se reposer la nuit…

Chaque matin s’ouvre sur la même routine pour la vieille Mary Denetclaw, descendante de la grande tribu des Aigles Jaunes. Résignée, elle conduit son fils cadet Wesley en marge de la réserve, jusqu’à une échoppe miteuse tenue par des blancs qui font profit de la vente d’alcool. Perpétuellement plantés devant la façade, une poignée d’Indiens, toujours les mêmes, rêvassent, perdus dans les méandres de leurs cerveaux embrumés par la boisson. Le soir venu, Mary viendra récupérer un Wesley toujours aussi docile, mais un peu plus hébété. Cela pourrait durer quelques décennies encore, si ce n’est qu’un jour plus sombre que les autres, les Denetclaw reçoivent un coup de fil inhabituel. Floyd, le benjamin de la famille, vient de tomber au combat en Afghanistan. Étrange chose de penser que les descendants des seuls Américains natifs soient en train de défendre à l’autre bout du monde les intérêts d’une nation qui les a dépossédés de leurs terres et les laisse aujourd’hui à l’abandon. Cette annonce, renforcée par la malveillance d’une bande d’abrutis, va mettre le feu aux poudres et pousser Raymond, l’aîné de la fratrie, le seul à avoir une vie bien rangée, à se rebeller à sa manière…

C’est un film d’une beauté atypique, sombre et malgré tout lumineux, tout comme l’est le regard de cette jeune adolescente qui traîne auprès des Indiens à la dérive contre l’avis de sa propre famille. N’est-elle que le témoin impuissant de cette descente aux enfers ou la représentante pleine d’empathie de la mauvaise conscience d’une Amérique qui ne tient pas ses promesses ? Ou se tient-elle là, prête à agir telle un ange gardien complice ? Toujours est-il qu’elle est l’ambassadrice d’une humanité qui se moque des frontières, des couleurs de peau, des drapeaux ségrégationnistes et que sa subtile présence semble suggérer que l’espoir peut renaître, même dans l’endroit le plus paumé du monde.