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CHANTER RÉGÉNÈRE !
En raison de nouvelles aventures prévues au Théâtre des Vents, l’atelier chansons, animé depuis plus de vingt ans par Amélie Grand – fondatrice et ex-directrice des Hivernales de danse d’Avignon – rejoint le Théâtre Transversal : 10, rue d’Amphoux à Avignon. Tel : 04 90 86 17...

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FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou car...

UBU, ROI DU VERGER
@page { margin: 2cm } p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% }- Je peux vous poser une question ?- Oui, qu’est-ce que c’est ?- C’est une phrase interrogative, qu’onutilise pour tester les connaissances. Pour le coup, ce dialogue n’est pas extrait de la pièce Ubu Roi mais du film Y ...

Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

Utopia, mon amour !
Courrier reçu de Bernard et Véronique.Mais que se passe-t-il encore dans ma bonne ville d’Avignon ?Mon vieux pote avec qui j’écumais vos salles à leur ouverture, il y a plus de quarante ans, vient de m’en annoncer une bien bonne : l’épatante promenade qu’il avait l’habitude de faire en fam...

HAVE A NICE DAY

Écrit et réalisé par Liu JIAN - film d'animation Chine 2017 1h17 VOSTF -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

HAVE A NICE DAYC'est l'histoire d'une rencontre, un soir dans une voiture, d'un pauvre type aux abois et d'un sac de sport rempli d'oseille ; et quiconque a déjà vu ne serait-ce qu'un Film Noir dans sa vie sait déjà que ce genre de rencontre ne peut que très mal se terminer. Parce que ce sac appartient à un type qu'il ne faut pas contrarier, parce qu'il est trop tentant de ne pas s'en emparer quand même, et bien évidemment parce que le type en question va chercher à le récupérer, quitte à laisser du sang sur les murs et des cadavres dans les caniveaux. C'est une histoire vieille comme le monde et qui pourrait se passer n'importe où, dans les faubourgs mal famés de Naples, Los Angeles ou Abuja, mais ça se passe dans ceux d'une ville anonyme de Chine, de nos jours, où le destin des pauvres types ne vaut pas davantage que partout ailleurs : « baisse la tête, ne fais pas de vague, et tu survivras peut-être un jour de plus, ou au moins jusqu'à la tombée du jour ». Tout cela, Xiao Zhang est bien placé pour le savoir, il est même aux premières loges, puisqu'il est le chauffeur d'Oncle Liu, le mafieux local, à qui appartient justement ce sac informe bourré d'un million de yuans ; il sait très bien à quels risques il s'expose au moment ou il tend son couteau sous la gorge du sbire chargé de convoyer l'argent. Ce n'est même pas pour lui qu'il va mettre sa peau en jeu, elle ne vaut rien, ou si peu. C'est pour la femme qu'il aime, défigurée par une opération de chirurgie esthétique désastreuse, pour lui offrir une seconde chance, si tant est qu'elle en ait eu une première… Dans la nuit profonde dans laquelle il s'engouffre, et dans la journée qui suivra, Xiao Zhang va tenter d'échapper – combat perdu d'avance – au tueur à gage lancé à ses trousses, mais aussi à tous les vautours, que l'odeur de l'argent attire comme celle d'un animal blessé et va mettre sur son chemin.

Car l'argent est le vrai sujet d'Have a nice day, aussi omniprésent dans la tête et les discours des protagonistes qu'elle est absente de leur vie. Dans cette Chine nouvelle, zébrée d'autoroutes n'allant nulle part, mitée de banlieues lugubres aux édifices de béton craquelé comme autant de miroirs aux alouettes brisés, les rêves ont les couleurs néons des enseignes publicitaires vantant un mode de vie auquel Xiao Zhang et des millions d'autres chinois issus comme lui du lumpenproletariat n'auront jamais accès, en tous cas pas honnêtement. Comme en Occident, serait-on tenté de dire, mais s'y ajoute une dimension schizophrène propre à la Chine moderne, qui continue officiellement à s'aligner sur le modèle maoïste tout en développant un capitalisme d'Etat parmi les plus agressifs du monde ; et cette dichotomie vécue au ras du sol par Xiao et ses condisciples d'infortune ne peut qu'engendrer les plus irrésistibles frustrations, et les plus grand accès de violence…

Liu Jan détourne les codes de l'esthétique Pop héritée des années 70 avec un sens consommé de l'humour noir, dans des séquences frôlant parfois le psychédélisme, pour appuyer là où ça fait mal : les discours officiels sont des leurres, les chansons révolutionnaires des bluettes vides de sens et la réalité une impasse : le destin des hommes est une farce macabre et dérisoire dont il faut ricaner, faute de pouvoir le changer.
Pas étonnant après ça que le BCC (Bureau du Cinéma Chinois) ait fait interdire le film au Festival du film d'animation d'Annecy ! Film irrévérencieux, iconoclaste et désespéré, animé artisanalement par un auteur délibérément en marge du système de production chinois pour conserver sa liberté créatrice, Have a nice day a fini par déjouer la censure pour se faufiler jusqu'à nos écrans, témoignage éloquent de la vigueur du jeune cinéma chinois.