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Le cinéma Utopia à Avignon de 1976 à 1994 une histoire de militantisme culturel et politique
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En Avignon, 7 jeunes réfugiés par jour demandent à être mis à l’abri.
La protection des mineurs résidant sur le sol français est un droit constitutionnel. Néanmoins, le Conseil Départemental du Vaucluse, depuis des mois, s’acharne à faire fi des règles de base de la protection de l’enfance. Par souci de maîtrise budgétaire…  Le Collectif de soutien aux mineurs...

En collaboration avec l’association Contraluz, la séance du lundi 25 juin à 20h15 sera suivie d’une rencontre avec Jean-Paul Campillo, maître de conférence à l’université d’Avignon et spécialiste de cinéma espagnol. Achetez vos places à partir du 13 juin. Un verre sera offert à l’issue de la séance…
Attention quelques séances supplémentaires : jeudi 28/6 à 12h00, lundi 2/7 à 21h50, mercredi 4/7 à 21h40, samedi 7/7 à 10h30 et mardi 10/7 à 10h30.

LOST IN LA MANCHA

Keith FULTON et Louis PEPE - documentaire Angleterre 2001 1h29 VOSTF - avec Terry Gilliam, Jean Rochefort, Johnny Depp...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LOST IN LA MANCHAAu début, cela aurait du être la chronique heureuse d’un tournage, la matière d’un bonus sur le futur DVD d’un grand film à succès… Au début, seulement… avant que tout ne sombre, avant que tout ne disparaisse, avant que les sept plaies d’Égypte ne s’abattent sur Terry Gilliam et sur son rêve le plus démesurément fou. Lost in la Mancha, c’est le journal de bord d’une catastrophe, ou comment le sort s’acharne pour fabriquer un cauchemar à partir d’un rêve.
Et très vite, ce fut la catastrophe, chaque désagrément, chaque difficulté, chaque imprévu rencontrés poussant un peu plus le tournage au bord du précipice. Pourtant, contre vents et marées, comme le vieux fou sur son cheval décharné, Gilliam le fantaisiste, le perfectionniste, l’anticonformiste, s’attachait encore à ses moulins, à ses géants maraudeurs, à ses armées de pantins…

Lost in la Mancha, avant la sortie de l’Homme qui tua Don Quichotte, était un documentaire indispensable. Les exemples de désastres industriels sont nombreux – on se souvient du Kaléidoscope d’Hitchcock dont le thème effraya les studios ou encore du Something’s gotta give de Georges Cukor menacé dès son premier jour de tournage par les ennuis de santé de Marylin Monroe– mais les documentaires qui en retracent l’histoire sont plus rares et encore ne sont-ils pas tous de la même qualité. Le remontage du Quichotte de Jess Franco est un objet aussi séduisant que repoussant. Le bonheur de voir les rushs du maître est sans arrêt gâché par les interférences d’un montage brutal et d’un doublage emprunté. Tout autre est Lost in la Mancha qui n’est pas un remontage du film a posteriori mais bien, à l’instar du film de Serge Bromberg sur l’Enfer d’Henri Georges Clouzot, un film sur un film.

Cependant, ce qui le rend exceptionnel, c’est cette présence « là » de Keith Fulton et Luis Pepe, en charge au départ du making of et devenus au fur et à mesure témoins du désastre. Gilliam ne tourna que quelques bribes de film ; eux disposaient de quelques 80 heures de rush ! Gilliam voyait son film lui échapper ; eux voyaient naître devant leurs yeux un Quichotte contemporain qui, tel le personnage du roman de Cervantes, construisait sa légende dans l’accumulation de ses aventures malheureuses. (Jean-Paul Campillo)