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CHANTER RÉGÉNÈRE !
En raison de nouvelles aventures prévues au Théâtre des Vents, l’atelier chansons, animé depuis plus de vingt ans par Amélie Grand – fondatrice et ex-directrice des Hivernales de danse d’Avignon – rejoint le Théâtre Transversal : 10, rue d’Amphoux à Avignon. Tel : 04 90 86 17...

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FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou car...

UBU, ROI DU VERGER
@page { margin: 2cm } p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% }- Je peux vous poser une question ?- Oui, qu’est-ce que c’est ?- C’est une phrase interrogative, qu’onutilise pour tester les connaissances. Pour le coup, ce dialogue n’est pas extrait de la pièce Ubu Roi mais du film Y ...

Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

Utopia, mon amour !
Courrier reçu de Bernard et Véronique.Mais que se passe-t-il encore dans ma bonne ville d’Avignon ?Mon vieux pote avec qui j’écumais vos salles à leur ouverture, il y a plus de quarante ans, vient de m’en annoncer une bien bonne : l’épatante promenade qu’il avait l’habitude de faire en fam...

MA FILLE

(FIGLIA MIA) Laura BISPURI - Italie 2018 1h37mn VOSTF - avec Valeria Golino, Alba Rohrwacher, Sara Casu, Udo Kier... Scénario de Francesca Manieri et Laura Bispuri.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MA FILLEVittoria, dix ans, vit avec ses parents dans un village reculé de Sardaigne. Un jour de fête, elle rencontre Angelica, une femme dont l’esprit libre et l’attitude provocante tranchent avec le caractère posé de sa mère, Tina. Vittoria est fascinée, mais sa mère ne voit pas d’un bon œil ses visites de plus en plus fréquentes à la ferme où Angelica vit comme hors du monde. Elle ne sait pas que les deux femmes sont liées par un secret. Un secret qui la concerne, elle…



Tout commence par un rodéo. Une fête locale où Vittoria rencontre pour la première fois Angelica. Il n’y a pas que les cowboys qui vont être secoués dans Figlia mia. Plus encore que les personnages, ce sont nos attentes et nos conventions (celles sur la femme, la famille, l’éducation…) que Laura Bispuri va bousculer sans ménagement. Tout comme dans son précédent film, le mystérieux Vierge sous serment, la réalisatrice nous montre une féminité qui se construit loin des clichés, et nous présente sous un jour tout à fait normal une situation qui pourrait pourtant faire se dresser les cheveux sur les têtes les plus coincées. Sans introduction explicative, elle nous met d’emblée sur la selle et zou : plongés dans le quotidien de ces trois personnages féminins, à nous d’essayer de deviner qui est la mère et qui est la fille, qui éduque qui dans ce drôle de drame.
Opposant la sage Valéria Golino à l’exubérante Alba Rohrwacher (une fois de plus géniale, cette fois-ci dans le rôle d’une épave sexy-déglinguée), Figlia mia fait mine d’utiliser les antagonismes de la comédie. Bispuri fait mine également de respecter les archétypes de la femme italienne. Sauf qu’ici la maman et la putain ne sont là pour personne d’autre que leur fille, et les mecs peuvent bien aller se faire voir. Vittoria et ses deux mamans vivent en effet dans un monde presque sans hommes : à l’image du père taiseux de la fillette, ceux-ci existent, sont même bien écrits, mais sont complètement satellites à l’intrigue ou ne servent que de plans cul anonymes. Ce qui se trame ici ne les concerne pas. Le mystérieux secret qui lie les trois héroïnes, c’est une affaire de femmes.
Figlia mia n’est pourtant pas une comédie. On n’y perd jamais de vue les émotions à vif des protagonistes, même lorsque celles-ci sont sur le point d’être avalées par les décors de cette campagne sarde. Le temps de deux plans en miroir, Golino et Rohrwacher fondent chacune en larmes, l’une dans un nuage de poussière solaire, l’autre dans la clarté de la lune, l’effet est remarquable. Sans rien révéler, le scénario de Laura Bispuri lance surtout des pistes fort mélodramatiques, mais qui sont sans cesse contrebalancées par une subtilité d’écriture, ainsi qu‘une subtilité intellectuelle : ici, si les femmes luttent, ce n’est jamais pour un homme (ou pour une éventuelle transposition lesbienne). Face à leurs hommes-objets, ces femmes-là sont des sujets.

Pour toutes ces raisons, alors même qu’il n’est à aucun moment question d’homosexualité ou d’homoparentalité, il y a pour qui sait lire entre ces lignes-là quelque chose d’éminemment « queer » et subversif dans Figlia mia. Sous des apparences de mélo féminin des chaumières, le film nous raconte comment un vent de folie anarchique et enthousiasmant vient redistribuer les rôles familiaux. Un bien beau rodéo.

(G. Coutaut, filmdeculte.com)