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FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou car...

Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

Utopia, mon amour !
Courrier reçu de Bernard et Véronique.Mais que se passe-t-il encore dans ma bonne ville d’Avignon ?Mon vieux pote avec qui j’écumais vos salles à leur ouverture, il y a plus de quarante ans, vient de m’en annoncer une bien bonne : l’épatante promenade qu’il avait l’habitude de faire en fam...

Le passage du Verger Urbain V : l’impasse ?
À ceux qui sont partis en vacances et ont décroché des faits divers.Vous l’avez sûrement remarqué, le Verger Urbain V a été refait : plus de terrain vague mais un jardin flambant neuf, beau passage pour aller le soir à la Manutention et même continuer en longeant la prison jusqu’au fleuve....

ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !
Affirmez votre refus de nous voir remisés au fond d’un cul de sac et votre droit de nous rendre visite, comme celui de transiter, en journée comme en soirée par le passage du verger. Dans notre optimisme béat nous espérons des milliers de signatures, montrez que nous sommes timorés et que ce sera de...

UNE CERTAINE RENCONTRE

(LOVE WITH THE PROPER STRANGER) Robert MULLIGAN - USA 1953 1h40 VOSTF - avec Natalie Wood, Steve McQueen, Edie Adams, Herschel Bernardi... Scénario d'Arnold Schulman.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

UNE CERTAINE RENCONTRERocky Papasano, un jazzman indolent, porté par un Steve McQueen au cool légendaire, s’ennuie gentiment auprès d’une Barbie qui le bichonne un peu moins que ses toutous. Un matin, alors qu’il pointe au syndicat des musiciens, une jeune femme à la beauté fiévreuse, Angie – jouée par une Natalie Wood d’une impressionnante justesse – l’aborde au milieu de la cohue pour lui annoncer qu’elle est enceinte. Échange de regards : gênés et désinvoltes du garçon, qui prétend ne pas la reconnaître ; fiers et graves de la fille, qui n’attend rien de cet amant d’une nuit, sinon qu’il lui trouve un médecin pour avorter. Contre toute attente, le séducteur ne se défilera pas, partageant les frais et l’angoisse fébrile.

Aventure sexuelle, grossesse hors mariage, avortement clandestin… L’entrée en matière osée d’Une certaine rencontre avait de quoi choquer une Amérique où le sexe était encore tabou, la frustration de mise et l’IVG illégale. Mais l’audace du scénario ne serait rien sans le trait sensible de Robert Mulligan, cinéaste sous-estimé, pourtant auteur de perles comme Du silence et des ombres ou Un été 42, où son regard intimiste sur les tourments de l’enfance se parait d’un classicisme discret et élégant.
Invisible depuis les années 60, Une certaine rencontre aurait pu se contenter de tenir la note grave d’un drame social… Mais le film serait alors passé à côté de son vrai sujet : à savoir la soif d’indépendance de la jeune fille qu’accompagnent le vertige et l’effroi d’une liberté difficilement conquise. Ou comment émancipation sexuelle et désir d’autonomie sont autant muselés par le joug des traditions patriarcales (la famille italo-américaine d’Angie) que par le fantasme du prince charmant abreuvant les romances qui passent à la radio. A cela répond la peur de l’engagement de Papasano…
D’un côté la mythologie romantique au service d’une société corsetée par la norme puritaine, de l’autre le sexe démythifié, sans éclat, d’une aventure sans lendemain. Deux revers d’une même médaille que refuse Angie, sentimentale sans la religion du romantisme, éprise de liberté sans le rejet de l’engagement…

Avec la délicatesse qui caractérise son cinéma, moins porté sur les sujets tapageurs que sur les intermittences du cœur, Mulligan a su tirer le meilleur du couple star : fougue et fragilité chez Wood, ironie et sensibilité chez McQueen, créant entre eux une alchimie complémentaire qui passe autant par les silences, les regards saisis à la volée, que par de mordantes saillies. Une belle redécouverte.

(N. Dray, Libération)