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Verger Urbain V, écrin ou carcan ?
 Vous êtes nombreux à nous questionner sur la soudaine fermeture du passage du Verger Urbain V le soir. C’est le chemin qui vous mène directement  du centre-ville vers le cinéma. Vous êtes nombreux à ne pas comprendre les objectifs de cette décision (nous, pas vraiment non plus), à trouver...

Enseignantes, enseignants
Reprise des séances scolaires en septembre :Nous redémarrons les dispositifs École au cinéma (prévisionnement le samedi 29 septembre pour le 1er trimestre), Collège au cinéma (inscriptions possibles jusqu’au 22 septembre) et Lycéen au cinéma.  Pour les séances hors dispos...

L’AQUARIUS OU LE NAUFRAGE DU BON SENS EUROPÉEN
Chaque année plus de 3000 hommes, femmes et enfants meurent noyés en Méditerranée en tentant la traversée sur des embarcations de fortune. Afin de porter secours à ceux qui fuient pour sauver leur vie, des citoyens européens ont décidé d’agir en créant l’association SOS Méditerranée qui a affrété un...

Le cinéma Utopia à Avignon de 1976 à 1994 une histoire de militantisme culturel et politique
Un livre de Michaël Bourgatte aux éditions Warm   « France, années 70. Anne-Marie Faucon, Michel Malacarnet et leurs compagnons de route inventent à Avignon un lieu atypique et pionnier, où ils souhaitent partager avec le plus grand nombre leur passion du cinéma et de l’échange. Avec pe...

En Avignon, 7 jeunes réfugiés par jour demandent à être mis à l’abri.
La protection des mineurs résidant sur le sol français est un droit constitutionnel. Néanmoins, le Conseil Départemental du Vaucluse, depuis des mois, s’acharne à faire fi des règles de base de la protection de l’enfance. Par souci de maîtrise budgétaire…  Le Collectif de soutien aux mineurs...

UNE CERTAINE RENCONTRE

(LOVE WITH THE PROPER STRANGER) Robert MULLIGAN - USA 1953 1h40 VOSTF - avec Natalie Wood, Steve McQueen, Edie Adams, Herschel Bernardi... Scénario d'Arnold Schulman.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

UNE CERTAINE RENCONTRERocky Papasano, un jazzman indolent, porté par un Steve McQueen au cool légendaire, s’ennuie gentiment auprès d’une Barbie qui le bichonne un peu moins que ses toutous. Un matin, alors qu’il pointe au syndicat des musiciens, une jeune femme à la beauté fiévreuse, Angie – jouée par une Natalie Wood d’une impressionnante justesse – l’aborde au milieu de la cohue pour lui annoncer qu’elle est enceinte. Échange de regards : gênés et désinvoltes du garçon, qui prétend ne pas la reconnaître ; fiers et graves de la fille, qui n’attend rien de cet amant d’une nuit, sinon qu’il lui trouve un médecin pour avorter. Contre toute attente, le séducteur ne se défilera pas, partageant les frais et l’angoisse fébrile.

Aventure sexuelle, grossesse hors mariage, avortement clandestin… L’entrée en matière osée d’Une certaine rencontre avait de quoi choquer une Amérique où le sexe était encore tabou, la frustration de mise et l’IVG illégale. Mais l’audace du scénario ne serait rien sans le trait sensible de Robert Mulligan, cinéaste sous-estimé, pourtant auteur de perles comme Du silence et des ombres ou Un été 42, où son regard intimiste sur les tourments de l’enfance se parait d’un classicisme discret et élégant.
Invisible depuis les années 60, Une certaine rencontre aurait pu se contenter de tenir la note grave d’un drame social… Mais le film serait alors passé à côté de son vrai sujet : à savoir la soif d’indépendance de la jeune fille qu’accompagnent le vertige et l’effroi d’une liberté difficilement conquise. Ou comment émancipation sexuelle et désir d’autonomie sont autant muselés par le joug des traditions patriarcales (la famille italo-américaine d’Angie) que par le fantasme du prince charmant abreuvant les romances qui passent à la radio. A cela répond la peur de l’engagement de Papasano…
D’un côté la mythologie romantique au service d’une société corsetée par la norme puritaine, de l’autre le sexe démythifié, sans éclat, d’une aventure sans lendemain. Deux revers d’une même médaille que refuse Angie, sentimentale sans la religion du romantisme, éprise de liberté sans le rejet de l’engagement…

Avec la délicatesse qui caractérise son cinéma, moins porté sur les sujets tapageurs que sur les intermittences du cœur, Mulligan a su tirer le meilleur du couple star : fougue et fragilité chez Wood, ironie et sensibilité chez McQueen, créant entre eux une alchimie complémentaire qui passe autant par les silences, les regards saisis à la volée, que par de mordantes saillies. Une belle redécouverte.

(N. Dray, Libération)