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Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

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Le passage du Verger Urbain V : l’impasse ?
À ceux qui sont partis en vacances et ont décroché des faits divers.Vous l’avez sûrement remarqué, le Verger Urbain V a été refait : plus de terrain vague mais un jardin flambant neuf, beau passage pour aller le soir à la Manutention et même continuer en longeant la prison jusqu’au fleuve....

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UNE PLUIE SANS FIN

Écrit et réalisé par DONG YUE - Chine 2017 1h57mn VOSTF - Grand Prix du Festival international du Film Policier de Beaune 2018.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

UNE PLUIE SANS FIN1997. À quelques mois de la rétrocession de Hong-Kong par la Grande Bretagne, la Chine va vivre de grands changements… Yu Guowei, chef de la sécurité d’une vieille usine dans le Sud du pays, enquête sur une série de meurtres commis sur des jeunes femmes.
Alors que la police piétine, cette enquête va très vite devenir une véritable obsession pour Yu… puis sa raison de vivre.

Premier film d'une maîtrise impressionnante, Une pluie sans fin tire sa force de sa formidable puissance visuelle mise au service de la profondeur de son propos. En même temps qu'il déroule les avancées et les impasses d'une enquête marquée du sceau de l'absurde et du dérisoire, Dong Yue n’hésite pas à présenter en sous texte une Chine industrielle en pleine transition vers un capitalisme d'État qui ne dit jamais son nom. Le film devient petit à petit une étude captivante sur les changements économiques et sociaux et les conséquences sur ses habitants.
Alors évidemment, la comparaison avec un certain film coréen du nom de Memories of murder vient plusieurs fois à l'esprit. Et on ne croit pas se tromper en avançant que le film de Bong Joon-ho a inspiré Dong Yue. On y retrouve la même atmosphère lourde, la pluie qui emprisonne les personnages par sa présence constante. Mais Une pluie sans fin se détache petit à petit de son illustre prédécesseur : là où Bong Joon-ho utilisait l’absurde et l’humour pour désamorcer la descente aux enfers, Dong Yue reste dans la tragédie (il y a un côté shakespearien dans la destinée de Yu Guowei), aidé par une magnifique photographie sombre et désaturée.

Yu Guowei n’est pas un inspecteur à proprement dit. Il travaille à l’usine, en tant que chef de la sécurité. Quand il se présente au début du film (construit en flash-back) il traduit son nom en « résidu inutile d’une nation glorieuse », s'identifiant comme une victime collatérale de la modernisation, identification renforcée par les derniers plans du film. Lorsqu’il n’attrape pas les petits voleurs de l’usine où il travaille, Yu s’imagine en vrai détective. C’est avec toute la bonne volonté possible qu’il s’attaque à l’enquête sur le tueur en série, ne pouvant compter que sur son obstination, se mettant lui-même en danger, notamment lors d'une magnifique course poursuite sous la pluie. Mais il va tomber de haut, s’apercevoir petit à petit qu’il n’est pas si doué que ça pour résoudre des énigmes criminelles… Sa vie part en vrille, en une sorte de spirale infernale qu'il est incapable d'arrêter…
Jusqu'à un final parfaitement cohérent avec la tonalité noire du récit, Une pluie sans fin exprime magnifiquement le désenchantement de son héros, qui est aussi celui de son réalisateur : autant en emporte la pluie… (merci à fuckingcinephiles.blogspot.com)