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FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :1- ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !La pétition pour le maintien de l’ouvert...

Le passage du Verger Urbain V : l’impasse ?
À ceux qui sont partis en vacances et ont décroché des faits divers.Vous l’avez sûrement remarqué, le Verger Urbain V a été refait : plus de terrain vague mais un jardin flambant neuf, beau passage pour aller le soir à la Manutention et même continuer en longeant la prison jusqu’au fleuve....

ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !
Affirmez votre refus de nous voir remisés au fond d’un cul de sac et votre droit de nous rendre visite, comme celui de transiter, en journée comme en soirée par le passage du verger. Dans notre optimisme béat nous espérons des milliers de signatures, montrez que nous sommes timorés et que ce sera de...

Verger Urbain V, écrin ou carcan ?
 Vous êtes nombreux à nous questionner sur la soudaine fermeture du passage du Verger Urbain V le soir. C’est le chemin qui vous mène directement  du centre-ville vers le cinéma. Vous êtes nombreux à ne pas comprendre les objectifs de cette décision (nous, pas vraiment non plus), à trouver...

Enseignantes, enseignants
Reprise des séances scolaires en septembre :Nous redémarrons les dispositifs École au cinéma (prévisionnement le samedi 29 septembre pour le 1er trimestre), Collège au cinéma (inscriptions possibles jusqu’au 22 septembre) et Lycéen au cinéma.  Pour les séances hors dispos...

En collaboration avec Contraluz, la séance du mercredi 11 juillet à 20h00 sera suivie d’une discussion avec Joaquín Manzi, Argentin, maître de conférences à Université Paris-Sorbonne (Paris IV), spécialiste du cinéma argentin, grand connaisseur de l’oeuvre de Lucrécia Martel avec laquelle il a travaillé. Vente des places à partir du 4 juillet.

ZAMA

Écrit et réalisé par Lucrecia MARTEL - Argentine 2017 1h55mn VOSTF - avec Daniel Gimenez Cacho, Lola Duenas, Matheus Nachtergaele, Juan Minuji, Rafael Spregelburd... D'après le roman d'Antonio di Benedetto.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

ZAMADès le premier plan on est subjugué par la beauté poisseuse qui va habiter le film tout du long. On voit un homme dans un costume quelque peu fatigué indiquant qu'on est au xviiie siècle, au bord d'un fleuve tropical. L'homme semble pensif voire déprimé. Peu de temps après, on le découvre dissimulé derrière une dune, en train de reluquer de jeunes indiennes indigènes en train de se baigner nues, avant d'être repéré et traité de voyeur. Nous sommes en fait dans le Grand Chaco, au bord du fleuve Paraguay, non loin de l'actuel Asuncion, dans une région écrasée par une chaleur humide, bien éloignée des grandes villes de l'Empire espagnol que sont Buenos Aires ou d'autres métropoles animées. L'homme est le corregidor (haut magistrat) Diego de Zama.



Dans cette petite bourgade fluviale, il exerce, dans la parfaite routine et le parfait ennui, une parodie de justice, qui consiste la plupart du temps à faire torturer de pauvres bougres ayant commis quelque petit larcin ou des esclaves en fuite. On apprend aussi que l'homme a fait un enfant à une indigène et il s'inquiète mollement de son rôle de père, avec ce peu d'enthousiasme qui marque tout ce qu'il fait… Par ailleurs il courtise avec peu de succès une jolie aristocrate mariée et tentatrice dont les tenues extravagantes et le riche mobilier contrastent avec l'ambiance générale de fin du monde.
Mais surtout Diego de Zama attend désespérément, depuis un temps probablement fort long, un ordre de mutation du gouverneur qui lui permettrait de retrouver sa famille à Buenos Aires. Ce qui n'arrivera peut être jamais au vu d'une nouvelle règle qui prévaut et qui empêche les « Americanos » (les hispaniques qui sont comme lui nés en Amérique et non en Espagne) de progresser dans la hiérarchie.

Lucrecia Martel, que l'on avait pas vue derrière la caméra depuis près de dix ans (La Femme sans tête, étonnant film intimiste autour d'un accident de voiture), décrit parfaitement l'enfermement à ciel ouvert, autour de ce bras de fleuve dont Diego ne parvient pas à s'échapper, la langueur qui gagne tout le monde mais aussi la violence du pouvoir colonial, jamais flagrante, jamais spectaculaire, juste décrite par bribe ou en hors champs, à travers une scène d'interrogatoire musclé, le racisme latent, ou encore l'oreille coupée d'un brigand que le gouverneur se complaît à porter en pendentif. La réalisatrice, par son travail sur le son , sur la lumière qui écrase tout, mais aussi en distillant des séquences incongrues, comme ces négociations avec les indigènes au milieu des lamas – bien que vainqueur, l'occupant espagnol n'est pas totalement maître du pays –, décrit parfaitement cette torpeur, cette attente permanente, qui peut rappeler Le Désert des Tartares de Buzzati ou l'œuvre de Borges…
Le film bascule quand on demande à Zama de conduire un corps expéditionnaire à travers la jungle marécageuse à la recherche d'un bandit introuvable. Et si le hors-la-loi, considéré comme très dangereux, était beaucoup plus proche qu'on ne le croyait ? Le film évoque alors irrésistiblement le génial film d'Herzog, Aguirre ou la colère de Dieu, sur l'expédition désespérée de conquistadors au cœur de la jungle amazonienne. On pourrait trouver pire référence…

Contraluz : pendant le Festival, l’activité de Contraluz continue : stage intensif de langue espagnole (16-20 juillet). Nous préparons la saison prochaine: voyage au Pérou (septembre/octobre), conférences, cours/stage d’espagnol, cours de Tango, projections, spectacles... Toutes ces informations et bien d’autres : contraluz.fr