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Verger Urbain V, écrin ou carcan ?
 Vous êtes nombreux à nous questionner sur la soudaine fermeture du passage du Verger Urbain V le soir. C’est le chemin qui vous mène directement  du centre-ville vers le cinéma. Vous êtes nombreux à ne pas comprendre les objectifs de cette décision (nous, pas vraiment non plus), à trouver...

Enseignantes, enseignants
Reprise des séances scolaires en septembre :Nous redémarrons les dispositifs École au cinéma (prévisionnement le samedi 29 septembre pour le 1er trimestre), Collège au cinéma (inscriptions possibles jusqu’au 22 septembre) et Lycéen au cinéma.  Pour les séances hors dispos...

L’AQUARIUS OU LE NAUFRAGE DU BON SENS EUROPÉEN
Chaque année plus de 3000 hommes, femmes et enfants meurent noyés en Méditerranée en tentant la traversée sur des embarcations de fortune. Afin de porter secours à ceux qui fuient pour sauver leur vie, des citoyens européens ont décidé d’agir en créant l’association SOS Méditerranée qui a affrété un...

Le cinéma Utopia à Avignon de 1976 à 1994 une histoire de militantisme culturel et politique
Un livre de Michaël Bourgatte aux éditions Warm   « France, années 70. Anne-Marie Faucon, Michel Malacarnet et leurs compagnons de route inventent à Avignon un lieu atypique et pionnier, où ils souhaitent partager avec le plus grand nombre leur passion du cinéma et de l’échange. Avec pe...

En Avignon, 7 jeunes réfugiés par jour demandent à être mis à l’abri.
La protection des mineurs résidant sur le sol français est un droit constitutionnel. Néanmoins, le Conseil Départemental du Vaucluse, depuis des mois, s’acharne à faire fi des règles de base de la protection de l’enfance. Par souci de maîtrise budgétaire…  Le Collectif de soutien aux mineurs...

COME AS YOU ARE

Desiree AKHAVAN - USA 2018 1h31 VOSTF - avec Chloë Grace Moretz, Sasha Lane, John Gallagher, Jr., Forrest Goodluck, Jennifer Ehle... Scénario de Desiree Akhavan et Cecilia Frugiuele, d’après le roman d’Emily Danforth, The Miseducation of Cameron Post. Grand Prix du jury Festival de Sundance 2018.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

COME AS YOU AREPennsylvanie, 1993… Tandis que le titre Come as you are de Nirvana fait un tabac, la jeune Cameron Post (Chloë Grace Moretz) découvre que son corps s’éveille à de nouveaux émois. Quoi de plus agréable que d’enlacer Coley, sa meilleure amie, de lui soutirer un petit baiser pas tellement innocent et même pire ? Les deux adolescentes transportées par leurs sentiments grandissants n’y voient pas de mal, même si évidemment elles ne s’affichent pas vraiment. Se voir en cachette rajoute à leur excitation. Elles guettent avec ferveur la fin des offices religieux, en se lançant parfois des œillades complices. À l’heure des devoirs, elles se retrouveront comme pour travailler ensemble en élèves dociles.



Par un beau soir où il fait bon se prendre par la main, alors que le bal de leur bahut bat son plein, les deux donzelles s’éclipsent et se réfugient à l’arrière d’une voiture histoire de se rouler un petit joint tranquilles. Oubliant leur habituelle prudence, leurs gestes se font plus tendres… Arrive alors ce qui devait arriver : le fiancé boutonneux de Coley découvre la scène. Horrifié, au bord de la nausée, il donne l’alarme, sans scrupule. Son regard rétréci n’est que le reflet d’une société confite dans ses préjugés. La femme est faite pour l’homme, comme le pommier pour la pomme… Dans la pourtant bienveillante communauté chrétienne où vit Cameron depuis la disparition de ses parents, certains mots n’existent pas, on ne les conçoit même pas… Alors quand sa relation « contre nature » est dévoilée au grand jour, sa tante, pourtant aimante, ne lui accorde plus aucun crédit. Elle ne veut plus l’entendre, ne cherche pas à comprendre. Prétendant que ce n’est pas la peur du qu’en dira-t-on qui motive ses actes, mais le bien être de Cameron, sa santé mentale. On devine qu’elle priera de plus belle pour sa nièce, suppliant le Seigneur de la protéger de la tentation, de la délivrer du mal qui l’habite. Le diagnostic est vite fait, le paquetage de Cameron également. On ne lui laisse pas le choix. La voilà pensionnaire de God’s Promise (« la promesse de Dieu » en bon français), un centre perdu au fond des bois, loin de toute civilisation, loin de toutes tentations. Les méthodes de la thérapeute de l’institution ont montré leur efficacité. La preuve ? Elle a soigné son propre frère, un ancien déviant devenu prêtre, qui se consacre corps et âmes à ces brebis égarées… La tante de Cameron ne tarit pas d’éloges. Sûre de son coup, elle la laisse entre leurs mains. La thérapie de conversion sexuelle peut commencer.

Cameron d’abord observe, prend la mesure de ce qui l’attend. Les règles du centre sont sévères, nulle place ici pour un semblant d’intimité. Jours et nuits, chaque fait et geste est épié. On prie, on chante des louanges. Loin de se révolter, Cameron se fond docilement dans la masse, finissant peut-être par douter d’elle-même, prête à être brisée pour revenir à une soit disant normalité… Elle reste la jeune fille sans vague, obéissante, qu’elle a toujours été. Sorti des séances de groupes ou individuelles, chacun doit afficher son « iceberg » personnel, une spécialité locale, sorte de confession impudique. Certains pensionnaires vivent la chose violemment, certains grugent, tandis que d’autres, dont sa camarade de chambrée, gobent tout dévotement. Mais le quotidien qui devrait être insupportable dans cet antre de tordus va s’adoucir progressivement quand deux rebelles du lieu, Adam Red Eagle et celle qui se fait appeler Jane Fonda (Sasha Lane déjà très remarquée dans American Honey), vont la prendre sous leur coupe. Ces échoués de la vie forment désormais un vivifiant trio dont les membres ne renient pas ce qu’ils sont et n’ont d’autre envie que de prendre leur envol…