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ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

Le passage du Verger Urbain V : le dénouement ?
Rappel pour celles et ceux qui ont pris 9 mois de vacances.Le Verger Urbain V, passage principal pour accéder au quartier de la Manutention est, depuis juillet 2018,  géré par les services des jardins de la ville et se trouve fermé théoriquement à 20h00 (mais de fait plutôt vers 19h30) l’hiver ...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

À nos amis festivaliers, qu’est-ce donc que Rosmerta ?
Afin de palier aux carences des services de l’État en matière d’hébergement des réfugiés, l’association Rosmerta, composée de plusieurs centaines de citoyens bénévoles, occupe depuis fin décembre un bâtiment de 400 m² pour y mettre à l’abri des mineurs isolés et des familles avec enfants en bas...

THE BACCHUS LADY

Écrit et réalisé par E J-YONG - Corée du Sud 2016 1h50 VOSTF - avec Youn Yuh-jung, Chon Moo-song, Yoon Kye-sang, An A-zu...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

THE BACCHUS  LADYCe film étonnant, à la fois drôle et touchant, est à la fois une chronique souvent bouleversante sur la dernière ligne droite de la vie, une fable acide sur une société malade avec toute une galerie de personnages atypiques et au final un grand film politique sur la face cachée d'un pays qui s'affiche comme un des grands vainqueurs du capitalisme mondial.



Au cœur du film, un personnage très fort, So-young, 65 ans. On la découvre dans une situation assez crue qui fait démarrer le film sur les chapeaux de roue : elle est en consultation chez son gynécologue pour une maladie vénérienne, et on en déduit vite que, malgré son âge, So-young est encore prostituée, après avoir probablement assuré le bonheur fugace des soldats américains longtemps présents en Corée, les meilleurs clients des marchandes d'amour. Elle officie donc comme « Bacchus Lady » (nom lié au vin énergisant que ces dames vénérables servent à leurs clients aussi vieux qu'elles, dont la vigueur s'est un peu assoupie) dans un des parcs de la vieille ville de Séoul, menacée par l'urbanisation terrifiante de la métropole nouvelle. Lors de la scène d'ouverture dans le cabinet médical, une femme étrangère accompagnée d'un jeune enfant vient faire un scandale : on comprend que l'enfant est la progéniture illégitime du médecin et qu'il ne s'en est jamais vraiment occupé. La situation se dégrade au point que la femme est arrêtée et l'enfant récupéré in extremis dans la rue par So-young. Ce sera l'occasion de découvrir tout l'entourage avec lequel elle vit : Do-hoon, un jeune homme infirme qui survit en fabricant des figurines ; Tina, la tenancière transgenre d'un cabaret transformiste, et toute une galerie de gens rejetés par la société coréenne traditionnelle et qui se serrent les coudes dans une réjouissante solidarité dont va bénéficier le petit garçon qui s'avèrera être philippin.
Pendant ce temps So-young est aussi confrontée à la détresse de ses clients frappés par le temps qui passe trop vite, en proie à la solitude, au deuil ou à la maladie et même parfois à la tentation du suicide.
Au delà du portrait tendre et bouleversant d'un personnage peu conventionnel incarné par l'extraordinaire Youn Yuh-jung – déjà remarquée dans The Housemaid de Im Sang-soo –, The Bacchus Lady témoigne du traitement assez lamentable que la pourtant riche Corée du Sud réserve à ses retraités. Car si le phénomène des prostituées âgées existe, c'est que la prise en charge par les retraites est largement insuffisante dans un pays où la tradition confucéenne de solidarité des familles pour leurs aînés s'est considérablement effritée depuis la crise économique asiatique de la fin des années 90 : l'opulence de quelques-uns, mirage aux alouettes du capitalisme triomphant, masque la grande pauvreté d'une grosse minorité de la population, ce qui fait du pays un des plus riches et des plus inégalitaires au monde. Le film aborde aussi le tabou du suicide choisi par de plus en plus de personnes âgées abandonnées de tous, ou confiées à des institutions médicales qui ne guérissent pas leur détresse morale. Le constat est dur mais le film n'est pas sinistre, grâce à l'empathie de son regard et la vraie chaleur qui se dégage de ses personnages. Très beau.