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Verger Urbain V, écrin ou carcan ?
 Vous êtes nombreux à nous questionner sur la soudaine fermeture du passage du Verger Urbain V le soir. C’est le chemin qui vous mène directement  du centre-ville vers le cinéma. Vous êtes nombreux à ne pas comprendre les objectifs de cette décision (nous, pas vraiment non plus), à trouver...

Enseignantes, enseignants
Reprise des séances scolaires en septembre :Nous redémarrons les dispositifs École au cinéma (prévisionnement le samedi 29 septembre pour le 1er trimestre), Collège au cinéma (inscriptions possibles jusqu’au 22 septembre) et Lycéen au cinéma.  Pour les séances hors dispos...

L’AQUARIUS OU LE NAUFRAGE DU BON SENS EUROPÉEN
Chaque année plus de 3000 hommes, femmes et enfants meurent noyés en Méditerranée en tentant la traversée sur des embarcations de fortune. Afin de porter secours à ceux qui fuient pour sauver leur vie, des citoyens européens ont décidé d’agir en créant l’association SOS Méditerranée qui a affrété un...

Le cinéma Utopia à Avignon de 1976 à 1994 une histoire de militantisme culturel et politique
Un livre de Michaël Bourgatte aux éditions Warm   « France, années 70. Anne-Marie Faucon, Michel Malacarnet et leurs compagnons de route inventent à Avignon un lieu atypique et pionnier, où ils souhaitent partager avec le plus grand nombre leur passion du cinéma et de l’échange. Avec pe...

En Avignon, 7 jeunes réfugiés par jour demandent à être mis à l’abri.
La protection des mineurs résidant sur le sol français est un droit constitutionnel. Néanmoins, le Conseil Départemental du Vaucluse, depuis des mois, s’acharne à faire fi des règles de base de la protection de l’enfance. Par souci de maîtrise budgétaire…  Le Collectif de soutien aux mineurs...

UNDER THE SILVER LAKE

David Robert MITCHELL - USA 2018 2h19 VOSTF - avec Andrew Garfield, Riley Keough, Topher Grace, Callie Hernandez...

Du 08/08/18 au 04/09/18

UNDER THE SILVER LAKESans y être jamais allé, on a tous fantasmé Los Angeles grâce aux livres qu'on a lus, aux films qu'on a vus. On a tous arpenté Sunset Boulevard, la colline d'Hollywood sur les traces de Philip Marlowe, le détective fétiche de Raymond Chandler. Ou découvert les sales secrets de la ville des Anges dans les bouquins noirs de James Ellroy. Et évidemment à travers le cinéma : Sunset boulevard de Billy Wilder, The Party de Blake Edwards, Chinatown de Polanski, Le Privé d'Altman, sans oublier évidemment l'énigma-gnétique Mulholland Drive de David Lynch… autant de films qui composent une cartographie imaginaire de Los Angeles entre ombres et lumières, entre opulence, faste hollywoodien et décadence mortifère.



Cinéaste cinéphile, David Robert Mitchell s'attaque avec malice et gourmandise à tous les mythes associés à Los Angeles : la culture pop et geek aussi bien musicale que cinématographique, le monde décadent d'Hollywood et ses lieux emblématiques, et la folie douce inhérente à ses habitants, avec sa galerie de personnages improbables. Au cœur du film, Sam, un trentenaire glandeur et désabusé qui pourrait être l'alter ego jeunot du Big Lebowski des frères Coen. Sam habite, dans une résidence dotée de l'indispensable piscine, un appartement foutraque aux murs recouverts de posters de cinéma et d'icônes rock (Kurt Cobain en premier lieu), encombré de vinyles et de comics. Tel un James Stewart endurant comme il peut le handicap de sa jambe plâtrée, il occupe son désœuvrement en matant à la jumelle les avantages d'une voisine quinquagénaire, jusqu'à ce que son attention se porte sur une autre, plus jeune et qui semble se prendre pour Marylin Monrœ. Sam l'aborde, la séduit… mais la belle déménage mystérieusement la nuit suivante. Tout ça alors qu'un très inquiétant tueur de chiens sévit dans le quartier et qu'un milliardaire disparaît tout aussi mystérieusement. Sam, oubliant l'avis d'expulsion et la saisie de ses biens qui lui pendent au nez, va se lancer dans une enquête pleine de rebondissements et d'imprévus surréalistes, et se muer en une sorte de Philip Marlowe lymphatique et désordonné (là on retrouve vraiment l'Elliot Gould du Privé), pas bagarreur pour deux sous. Et cette quête hypnotique va s'avérer ponctuée de rencontres ubuesques : clochards gourous, starlettes reconverties en escort-girls, héritières dépressives, rock stars manipulées, décrypteurs conspirationnistes de comics…
Peu à peu, alors que l'enquête devient de plus en plus opaque et incompréhensible – avec quelques scènes hallucinantes –, alors que notre héros va chercher des réponses dans les cadeaux des paquets de céréales ou en tentant de détecter les messages subliminaux prétendument cachés dans des chansons, toute l'ambiance du film va devenir de plus en plus lynchienne, mais avec une dose d'humour goût bubble-gum qui n'est pas la tasse de thé de ce cher David.

Pour le spectateur amateur de déambulations urbaines, l'enquête est un vrai bonheur de balade buissonnière dans Los Angeles : le réservoir de Silverlake qui donne son titre au film, l'observatoire qui surplombe Hollywood, la statue de James Dean et évidemment la colline où trônent les célèbres lettres au pied desquelles se sont effondrés bien des espoirs et dont les entrailles cachent peut-être de lourds secrets. Toute la mise en scène – les couleurs marquées par la lumière californienne, la bande son pop parfois inquiétante – dessine une géniale vision de la ville tentaculaire dans laquelle les personnages glissent comme des fantômes en quête désespérée d'un sens à leur vie.