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FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou car...

Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

Utopia, mon amour !
Courrier reçu de Bernard et Véronique.Mais que se passe-t-il encore dans ma bonne ville d’Avignon ?Mon vieux pote avec qui j’écumais vos salles à leur ouverture, il y a plus de quarante ans, vient de m’en annoncer une bien bonne : l’épatante promenade qu’il avait l’habitude de faire en fam...

Le passage du Verger Urbain V : l’impasse ?
À ceux qui sont partis en vacances et ont décroché des faits divers.Vous l’avez sûrement remarqué, le Verger Urbain V a été refait : plus de terrain vague mais un jardin flambant neuf, beau passage pour aller le soir à la Manutention et même continuer en longeant la prison jusqu’au fleuve....

ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !
Affirmez votre refus de nous voir remisés au fond d’un cul de sac et votre droit de nous rendre visite, comme celui de transiter, en journée comme en soirée par le passage du verger. Dans notre optimisme béat nous espérons des milliers de signatures, montrez que nous sommes timorés et que ce sera de...

LES VERSETS DE L'OUBLI

(Los Versos del olvido) Alireza KHATAMI - Chili 2017 1h32 VOSTF - avec Juan Margallo, Tomas del Estal, Manuel Moron, Itziar Aizpuru...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES VERSETS DE L'OUBLIPremière œuvre réalisée au Chili par un cinéaste iranien en exil, Les Versets de l'oubli est un film étonnant, fluide et onirique. On peut choisir de s'y plonger au premier degré, se laisser bercer par son rythme atypique, la beauté de ses images qui nous entraînent quelque part entre rêve et réalité intemporelle. La vie est peuplée de mystères enfouis dont on n’aura jamais la clef, à l’instar de ces baleines, mammifères mythiques, qu’on regarde, impuissants et émus, s’échouer sur la grève sans comprendre pourquoi. Mastodontes condamnés à s’évanouir dans l’oubli, elles évoquent toute une littérature (de Jonas à Moby Dick) et une foultitude de chants (ceux ancestraux des esquimaux jusqu’aux « flying whales » du groupe de métal Gojira, en passant par la Baleine bleue de Léo Ferré)… On pressent qu’en les laissant disparaître, l’humanité perd un peu d’elle-même. Tout comme le personnage principal, un vieil homme sans âge, a perdu un peu de lui-même : il se rappelle les plus infimes détails mais jamais les noms, pas même le sien. Étrange ancêtre, à la crinière d’un blanc presque immaculé, qui garde les tombes, connait par cœur chaque emplacement du cimetière, toutes les histoires, même les plus lointaines, même celles qu’il faudrait oublier. Il est la clef d’une sorte d’énigme qui nous intrigue d’emblée. Oui ! Déjà à ce premier degré, le film nous chavire peu a peu par sa beauté, son ton décalé…

Mais si on plonge dans ses autres niveaux de lecture, alors on goûte pleinement chaque seconde profonde, tour à tour cocasse, bouleversante. Ce ne sont pas les défunts qui peuplent le cimetière et dont la mort n’est que l’aboutissement de la vie, ni ceux qui viennent sur leurs tombes qui sont les plus touchants, mais plutôt les trépassés qui ont perdu jusqu’à leur identité, que nul ne vient pleurer, ou encore ces vivants paumés qui ne savent pas auprès de quelle sépulture s’agenouiller. Et c’est là que le récit prend toute son ampleur. Si l’intrigue, sans l’ombre d’un doute, se situe au Chili, si le pays d’origine du réalisateur n’apparait pas au générique, l'Iran est pourtant extrêmement présent en filigrane, sans être évoqué. L’enfance d’Alireza Khatami a été marquée par les milliers de morts de la guerre Iran/Irak, ceux que le gouvernement de l’époque a surnommés les « sans trace » [Mafghood’al Asar]. De tout petit, il se souvient de ces cérémonies où l’on n’enterrait parfois qu’une botte, la seule chose qui restait d’un fils ou d’un père. Mais c’était déjà quelque chose… D’autres familles n’avaient même pas droit à cette consolation-là. Sans une once de pathos, il relie par son récit, d’une époque à l’autre, d’un continent à l’autre, tous les oubliés de l’histoire, les disparus de la dictature chilienne, ceux de la place de mai, les corps des prisonniers politiques d’Orient, d’Amérique Latine ou d’ailleurs jamais retrouvés, jetés dans la mer de l’oubli. De fait, le film est truffé de pistes à poursuivre, de références historiques légères, jamais appuyées. On comprend mieux dès lors l’acharnement du vieil homme, qui n’est pas sans rappeler celui d’Antigone, à vouloir enterrer dignement une femme anonyme que des miliciens massacreurs, cherchant à maquiller leur méfait, ont oubliée à la morgue. Bravant le danger, contre toute raison, malgré la force qui abandonne ses membres usés, le vieux bonhomme ne lâchera pas l’affaire…

À travers lui, un hommage poétique est rendu à ceux qui luttent jusqu’à obtenir justice pour les inconnus. Une exhortation à ne plus se taire, à se souvenir, car l’amnésie collective ouvre la voie à de sempiternelles tragédies. Son humble combat individuel est un appel à la résistance, à la désobéissance civile et au refus de l’oubli.