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ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

Communiqué du Collectif 23h59 Janvier 2019
Rappelons-le, le Collectif 23h59 a pour objet la défense de la liberté de circulation.  Il entend, au regard de ce principe,  faire rétablir la possibilité d’emprunter le passage du verger Urbain V en soirée pour rejoindre la Manutention et le quartier – comme cela était établi depuis plus...

Rosmerta, association avignonnaise de solidarité avec les migrants et de promotion des droits de l’Homme,
Face à l’urgence hivernale, les membres de Rosmerta, association avignonnaise de solidarité avec les migrants et de promotion des droits de l’Homme, ont mené une Réquisition Citoyenne d’un bâtiment à Avignon, au 7 rue Louis Pasteur. Ils hébergent une trentaine de personnes exilées, des familles...

TOUTES CES CHOSES QUE JE NE COMPRENDS PAS.
Il y a des choses que je ne comprends pas. Dans cette ville, il y a plein de choses que je ne comprends pas. Bon, d’accord, je donne un exemple. J’habite dans le quartier de la Bonneterie, qui a fait l’objet récemment d’une requalification, comme on dit dans le jargon technocratique, plutôt réu...

UBU, ROI DU VERGER
@page { margin: 2cm } p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% }- Je peux vous poser une question ?- Oui, qu’est-ce que c’est ?- C’est une phrase interrogative, qu’onutilise pour tester les connaissances. Pour le coup, ce dialogue n’est pas extrait de la pièce Ubu Roi mais du film Y ...

Avant-première le mercredi 26 septembre à 18h15, dans le cadre du ciné-club de Frédérique Hammerli. En partenariat avec le Parcours de l’art.

AMIN

Philippe FAUCON - France 2018 1h30 - avec Moustapha Mbengue, Emmanuelle Devos, Marème N'Diaye, Fantine Harduin... Scénario de Yasmina Nini-Faucon, Philippe Faucon et Mustapha Kharmoudi.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

AMINAmin, un nouveau titre-prénom – mais le premier masculin – pour une nouvelle merveille du réalisateur de Sabine, de Samia, de Fatima… Un seul prénom pour en évoquer tant d’autres. Philippe Faucon part une nouvelle fois d’un personnage unique pour élargir notre champ de vision jusqu’à faire un film presque choral, qui brosse le portrait d’une société complexe, touchante et désaxée. À travers la solitude d’un homme, il nous parle de notre propre solitude et de celle commune à tous les déracinés. C’est beau et simple. Jamais il n’y a place pour la grandiloquence ou le misérabilisme stériles. Le récit procède par touches humbles et précises qui laissent la part belle aux spectateurs et aux personnages, leur offrant la liberté d’évoluer, de réfléchir par eux-mêmes, de s’arrêter en chemin ou de continuer toujours plus loin. C’est comme un vent d’humanité vivifiante qui passe, jamais n’arrête sa course mais nous procure de quoi respirer avec ampleur.

Il n’en fallait pas plus à Gabrielle pour tomber amoureuse : voir cette tristesse humaine taiseuse, cette intensité sans calcul émaner de ce beau corps d’ébène. Il en fallait beaucoup plus à Amin pour s’éprendre d’une blanche, même craquante, alors que sa famille restée « au pays » compte tant sur lui. Il fallait bien neuf années de quasi séparation, d’incompréhension dans la froidure de l’exil, loin de sa femme Aïcha, de ses enfants, pour qu’un jour tout commence à vaciller. Cette fois-là, quand il retourne les voir au Sénégal, offrant à la communauté tout le fruit de son travail, on perçoit combien la situation est rude. Pour son épouse, certes, à qui il manque tant… Pour sa progéniture qui ne connait presque rien de ce père absent. Mais c’est tout aussi rude pour l’homme qu’il est. Ce sont de simples mots qui lui lacèrent le cœur, un genre de reproches qu’il se fait déjà à lui-même, mais lesquels, une fois prononcés ouvertement par d’autres, deviennent assassins. Comme toujours, Amin n’en dit rien, encaisse, mais on est transpercé par une profonde injustice : s’il n’est jamais physiquement aux côtés des siens, il est constamment là à œuvrer pour eux. Sa vie s’est rétrécie et ne se limite plus qu’à leur offrir sa force de travail. Les mots en son honneur semblent soudain bien creux et presque âpres. Nul ne ne lui adresse un mot de soutien compréhensif, ne s’inquiète de ce qu’il endure au loin… Après cette parenthèse trop courte, il lui faut retourner vivre dans son terrier à Saint Denis avec les autres travailleurs immigrés comme lui. Un monde d’homme esseulés, loin des femmes, survivants sans tendresse.
C’est un chantier de plus qui conduit notre ouvrier en bâtiment, Amin, dans le petit pavillon de Gabrielle (Emmanuelle Devos, actrice fabuleuse, subtile…). Infirmière de profession, elle se débat, tout aussi isolée que lui dans sa vie, entre garde alternée, ex-mari culpabilisateur qui ne la lâche pas d’une semelle, travail harassant… Il y a comme un poids qui s’acharne sur les poitrines de ces deux solitaires.

Le regard bleu de Gabrielle, ses gestes attentionnés, auront tôt fait de faire vaciller Amin, tourneboulé par tant de douceur inespérée. Ce sont deux solitudes qui se rencontrent, deux esprits qui ne s’arrêtent pas aux mots, deux corps qui se fondent dans une sensualité érotique évidente, réparatrice. Y a-t-il de l’amour ? N’y a-t-il qu’une attirance physique, cela se vit plus que cela ne se pense. Ce n’est pas une bluette mièvre et vide de sens à laquelle nous convient Philippe Faucon et ses deux co-scénaristes. Cette relation ne masque jamais les histoires parallèles touchantes, tout ce qui se passe à l’arrière plan, riche d’expériences, d’enseignements, de force de vivre.