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En raison de nouvelles aventures prévues au Théâtre des Vents, l’atelier chansons, animé depuis plus de vingt ans par Amélie Grand – fondatrice et ex-directrice des Hivernales de danse d’Avignon – rejoint le Théâtre Transversal : 10, rue d’Amphoux à Avignon. Tel : 04 90 86 17...

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UBU, ROI DU VERGER
@page { margin: 2cm } p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% }- Je peux vous poser une question ?- Oui, qu’est-ce que c’est ?- C’est une phrase interrogative, qu’onutilise pour tester les connaissances. Pour le coup, ce dialogue n’est pas extrait de la pièce Ubu Roi mais du film Y ...

Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

CLIMAX

Écrit et réalisé par Gaspar Noé - France 2018 1h35 - avec Sofia Boutella, Romain Guillermic, Souheila Yacoub, Kiddy Smile, Claude Gajan Maull… et toute une troupe de danseurs exceptionnels, « les meilleurs danseurs et danseuses se trouvant en France ou pouvant y venir » selon le réalisateur lui-même... Interdit aux moins de 16 ans.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

CLIMAXRappelons d’abord la définition de ce mot que Gaspar Noé a si parfaitement choisi comme titre de son nouveau film : un climax est un point ultime, culminant, en écologie comme dans une œuvre artistique. Et cela tombe bien, car ce huis clos aussi ébouriffant que traumatisant pourrait bien être son meilleur film. Une acmé dans la quête cinématographique de ce cinéaste qui tente, avec sa caméra folle – et toujours plus inspirée que son stylo – d’attraper le meilleur et le pire d’une époque, le plus vital comme le plus déviant et létal.



Ça commence par la fin. La première séquence montre une femme ensanglantée dans la neige… Puis, ni une ni deux, Noé nous ramène avant, ailleurs, et nous enferme, en plan fixe, dans une image des plus contemporaines : sur un écran de télé, de jeunes danseurs passent un casting. Pour être choisis dans la petite troupe d’un spectacle qu’on ne verra jamais, ils sont prêts à tout : à tout dire, à tout confesser de leurs mœurs, leurs espoirs, de leurs rapports avec la drogue.
De chaque côté de cette petite lucarne de réalité, Noé a disposé des livres, des DVD et le jeu consiste à en lire les titres, en se contorsionnant. Il faut être souple pour choper les références de Gaspar : Fritz Lang, Cioran, Suspiria de Dario Argento, 2001 de Kubrick, Possession de Zulawski ou encore Schizophrenia, unique réalisation de Gerald Kargl, film culte des années 80 et expérience de cinéma terriblement inconfortable.
Gaspar ne se mouche pas du coude et annonce la couleur, en même temps. Il ne s’est pas calmé. Climax risque d’être profondément dérangeant. Mais pas tout de suite : il faudra attendre la deuxième partie pour que l’énergie partagée soit violemment réversible.

Premier acte, donc : la troupe de danseurs se retrouve pour une fête de fin de répétitions, avant une tournée américaine. Dans un hangar, un petit buffet avec de la sangria, et une platine au-dessus de laquelle est tendue une énorme banderole tricolore, comme un drôle de cocorico candide et pied de nez. Ils sont une poignée de jeunes de toutes couleurs, beautés, et sexualités à exulter, avec un talent de performers, au son de Supernature, le tube disco de Cerrone. Personne, aujourd’hui, dans le cinéma français ne filme la danse comme Noé, dont la caméra transperce le plancher, plane, tutoie le zénith, puis redescend en piqué. La transe est totale, la pulsation maximale, l’orgasme collectif ne s’arrêtera jamais, et la vie est belle comme sur un dancefloor exalté.

Mais les meilleurs trips ont une face B, car l’homme est un loup pour l’homme : quelqu’un (qui ?) a mis « quelque chose dans la sangria », la soirée déraille, mettant à jour les failles de ce collectif de jeunes, et menant à toutes les horreurs…
Les images d’enfer se succèdent au gré de plans séquences, vrais ou faux, mais toujours vertigineux : une blonde titube, sans fin, dans un couloir à l’éclairage vert de fin du monde dans un jeu vidéo ; une autre frappe au ventre sa « collègue » enceinte ; des corps sous emprise d’une drogue ravageuse se mêlent, nus, à même le sol, pour disparaître dans des lumières rouges aveuglantes. Quand, au petit matin, la porte de cet enfer s’ouvrira, enfin, on tentera de compter les morts, les blessés, ou ceux qui ont survécu en s’accouplant dans cette orgie où le jeune corps social s’est auto-dévoré. Mais on n’aura pas la force…

(G. Odicino, Télérama)