LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

Le passage du Verger Urbain V : le dénouement ?
Rappel pour celles et ceux qui ont pris 9 mois de vacances.Le Verger Urbain V, passage principal pour accéder au quartier de la Manutention est, depuis juillet 2018,  géré par les services des jardins de la ville et se trouve fermé théoriquement à 20h00 (mais de fait plutôt vers 19h30) l’hiver ...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

À nos amis festivaliers, qu’est-ce donc que Rosmerta ?
Afin de palier aux carences des services de l’État en matière d’hébergement des réfugiés, l’association Rosmerta, composée de plusieurs centaines de citoyens bénévoles, occupe depuis fin décembre un bâtiment de 400 m² pour y mettre à l’abri des mineurs isolés et des familles avec enfants en bas...

FORTUNA

Écrit et réalisé par Germinal ROAUX - Suisse 2018 1h46 - avec Bruno Ganz, Kidist Siyum Beza, Patrick D'Assumçao, Assefa Zerihun Gudetta...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

FORTUNAAvant même d’être cinéaste, Germinal Rouaux est un photographe amoureux des contrastes nés de la rencontre de blancs lumineux avec une déclinaison de noirs insondables. Chaque image de Fortuna traduit ce regard personnel, devient un langage limpide issu du mariage de ces deux « non-couleurs » comme si elles avaient la faculté de mieux mettre en lumière les contradictions de notre monde, ses parts lumineuses, ses parts d’ombre… Sentiment d’autant plus fort que ce récit se campe dans un modeste monastère suisse perdu dans un océan de neige immaculée, serti dans un écrin de montagnes aux arrêtes tranchantes. Un havre de paix, loin de la grouillante civilisation moderne et de ses tentations éphémères. Ici les hommes de dieu prient, contemplent le silence, sensibles aux plus infimes battements de cœur des plus minuscules créatures vivantes. Ils apprennent à écouter jusqu’à ce que tout prenne une autre résonance. Autant dire que ces moines sont jaloux de cette tranquillité cultivée, épris de cette solitude habitée par leurs seules méditations. Alors, évidemment, la frêle silhouette féminine qui gravit la pente menant à l’église ou à l’étable détonne.

Petite jeune fille marron de peau, emmitouflée dans des vêtements plus larges qu’elle, Fortuna impose sa présence grave. On ne comprend tout d’abord pas le sens véritable de ce qu’elle s’en va murmurer à l’oreille de l’âne de la compagnie, ni à la vierge Marie auxquels elle livre ses pensées. Confidents d’autant plus discrets qu’ils sont tous deux muets ou, du moins, ne parlent pas les langues des hommes. On aimerait croire qu’elle n’est qu’une de ces adolescentes un peu trop choyées, mal préparées à affronter le monde. Mais son regard profond qui s’illumine rarement d’un bref sourire raconte l’inverse. La détresse maladroite qui émane d’elle devient bouleversante quand elle déclare au bourricot qu’il est son seul ami et à la statue figée qu’elle est sa seule protection. À ces deux-là, elle dit bien plus qu’aux occupants du monastère qui essaient sincèrement de la comprendre et de l’aider, s’inquiétant de sa santé, de son devenir, de la rareté de ses mots… Puis le champ s’élargit, on découvre une réalité trop familière : Fortuna, jeune Érythréenne, fait partie d’une humanité meurtrie, rescapée d’une mer méditerranée devenue meurtrière malgré elle, tout comme le monastère est devenu son refuge malgré lui. Si la petite communauté religieuse a décidé de porter assistance à ceux qui sont venus échouer à ses portes, il n’est pas si simple d’accueillir ces personnes venues de tous les horizons, de toutes les obédiences, qui trimballent parfois des ribambelles de gamins. En regardant ces enfants du soleil, venus de pays où il pleut si peu, la glace parait soudain plus froide, l'hiver plus cruel.
Quand les flics débarquent, tous s’affolent, se tassent sur eux-même ou se révoltent. Alors que chaque réfugié finit par se plier aux solutions envisagées, Fortuna, qui est mineure, refuse tout en bloc et s’accroche au monastère comme une moule à son rocher. Il faudra des trésors de patience pour qu’elle accepte de dévoiler les bouleversements qui agitent son esprit et son corps, tellement plus complexes que les vagues clichés qu’on pourrait imaginer…

Chaque plan très léché donne une dimension poignante au jeu des acteurs, qu’ils soient amateurs, comme Kidist Siyum Beza dans le rôle de Fortuna, ou professionnels, comme Bruno Ganz qui nous offre une prestation remarquable dans le rôle du prieur bienveillant et philosophe, que l’on quitte à regret à la fin du film…