LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4€
Moins de 14 ans : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :1- ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !La pétition pour le maintien de l’ouvert...

Le passage du Verger Urbain V : l’impasse ?
À ceux qui sont partis en vacances et ont décroché des faits divers.Vous l’avez sûrement remarqué, le Verger Urbain V a été refait : plus de terrain vague mais un jardin flambant neuf, beau passage pour aller le soir à la Manutention et même continuer en longeant la prison jusqu’au fleuve....

ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !
Affirmez votre refus de nous voir remisés au fond d’un cul de sac et votre droit de nous rendre visite, comme celui de transiter, en journée comme en soirée par le passage du verger. Dans notre optimisme béat nous espérons des milliers de signatures, montrez que nous sommes timorés et que ce sera de...

Verger Urbain V, écrin ou carcan ?
 Vous êtes nombreux à nous questionner sur la soudaine fermeture du passage du Verger Urbain V le soir. C’est le chemin qui vous mène directement  du centre-ville vers le cinéma. Vous êtes nombreux à ne pas comprendre les objectifs de cette décision (nous, pas vraiment non plus), à trouver...

Enseignantes, enseignants
Reprise des séances scolaires en septembre :Nous redémarrons les dispositifs École au cinéma (prévisionnement le samedi 29 septembre pour le 1er trimestre), Collège au cinéma (inscriptions possibles jusqu’au 22 septembre) et Lycéen au cinéma.  Pour les séances hors dispos...

FORTUNA

Écrit et réalisé par Germinal ROAUX - Suisse 2018 1h46 - avec Bruno Ganz, Kidist Siyum Beza, Patrick D'Assumçao, Assefa Zerihun Gudetta...

Du 19/09/18 au 02/10/18

FORTUNAAvant même d’être cinéaste, Germinal Rouaux est un photographe amoureux des contrastes nés de la rencontre de blancs lumineux avec une déclinaison de noirs insondables. Chaque image de Fortuna traduit ce regard personnel, devient un langage limpide issu du mariage de ces deux « non-couleurs » comme si elles avaient la faculté de mieux mettre en lumière les contradictions de notre monde, ses parts lumineuses, ses parts d’ombre… Sentiment d’autant plus fort que ce récit se campe dans un modeste monastère suisse perdu dans un océan de neige immaculée, serti dans un écrin de montagnes aux arrêtes tranchantes. Un havre de paix, loin de la grouillante civilisation moderne et de ses tentations éphémères. Ici les hommes de dieu prient, contemplent le silence, sensibles aux plus infimes battements de cœur des plus minuscules créatures vivantes. Ils apprennent à écouter jusqu’à ce que tout prenne une autre résonance. Autant dire que ces moines sont jaloux de cette tranquillité cultivée, épris de cette solitude habitée par leurs seules méditations. Alors, évidemment, la frêle silhouette féminine qui gravit la pente menant à l’église ou à l’étable détonne.

Petite jeune fille marron de peau, emmitouflée dans des vêtements plus larges qu’elle, Fortuna impose sa présence grave. On ne comprend tout d’abord pas le sens véritable de ce qu’elle s’en va murmurer à l’oreille de l’âne de la compagnie, ni à la vierge Marie auxquels elle livre ses pensées. Confidents d’autant plus discrets qu’ils sont tous deux muets ou, du moins, ne parlent pas les langues des hommes. On aimerait croire qu’elle n’est qu’une de ces adolescentes un peu trop choyées, mal préparées à affronter le monde. Mais son regard profond qui s’illumine rarement d’un bref sourire raconte l’inverse. La détresse maladroite qui émane d’elle devient bouleversante quand elle déclare au bourricot qu’il est son seul ami et à la statue figée qu’elle est sa seule protection. À ces deux-là, elle dit bien plus qu’aux occupants du monastère qui essaient sincèrement de la comprendre et de l’aider, s’inquiétant de sa santé, de son devenir, de la rareté de ses mots… Puis le champ s’élargit, on découvre une réalité trop familière : Fortuna, jeune Érythréenne, fait partie d’une humanité meurtrie, rescapée d’une mer méditerranée devenue meurtrière malgré elle, tout comme le monastère est devenu son refuge malgré lui. Si la petite communauté religieuse a décidé de porter assistance à ceux qui sont venus échouer à ses portes, il n’est pas si simple d’accueillir ces personnes venues de tous les horizons, de toutes les obédiences, qui trimballent parfois des ribambelles de gamins. En regardant ces enfants du soleil, venus de pays où il pleut si peu, la glace parait soudain plus froide, l'hiver plus cruel.
Quand les flics débarquent, tous s’affolent, se tassent sur eux-même ou se révoltent. Alors que chaque réfugié finit par se plier aux solutions envisagées, Fortuna, qui est mineure, refuse tout en bloc et s’accroche au monastère comme une moule à son rocher. Il faudra des trésors de patience pour qu’elle accepte de dévoiler les bouleversements qui agitent son esprit et son corps, tellement plus complexes que les vagues clichés qu’on pourrait imaginer…

Chaque plan très léché donne une dimension poignante au jeu des acteurs, qu’ils soient amateurs, comme Kidist Siyum Beza dans le rôle de Fortuna, ou professionnels, comme Bruno Ganz qui nous offre une prestation remarquable dans le rôle du prieur bienveillant et philosophe, que l’on quitte à regret à la fin du film…