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ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :1- ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !La pétition pour le maintien de l’ouvert...

Le passage du Verger Urbain V : l’impasse ?
À ceux qui sont partis en vacances et ont décroché des faits divers.Vous l’avez sûrement remarqué, le Verger Urbain V a été refait : plus de terrain vague mais un jardin flambant neuf, beau passage pour aller le soir à la Manutention et même continuer en longeant la prison jusqu’au fleuve....

ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !
Affirmez votre refus de nous voir remisés au fond d’un cul de sac et votre droit de nous rendre visite, comme celui de transiter, en journée comme en soirée par le passage du verger. Dans notre optimisme béat nous espérons des milliers de signatures, montrez que nous sommes timorés et que ce sera de...

Verger Urbain V, écrin ou carcan ?
 Vous êtes nombreux à nous questionner sur la soudaine fermeture du passage du Verger Urbain V le soir. C’est le chemin qui vous mène directement  du centre-ville vers le cinéma. Vous êtes nombreux à ne pas comprendre les objectifs de cette décision (nous, pas vraiment non plus), à trouver...

Enseignantes, enseignants
Reprise des séances scolaires en septembre :Nous redémarrons les dispositifs École au cinéma (prévisionnement le samedi 29 septembre pour le 1er trimestre), Collège au cinéma (inscriptions possibles jusqu’au 22 septembre) et Lycéen au cinéma.  Pour les séances hors dispos...

LEAVE NO TRACE

Debra GRANIK - USA 2018 1h47 VOSTF - avec Ben Foster, Thomasin Harcourt McKenzie, Jeff Kober, Isaiah Stone, Dale Dickey... Scénario de Debra Granik et Anne Rosellini, d’après le roman L’Abandon de Peter Rock.

Du 19/09/18 au 09/10/18

LEAVE NO TRACEVous êtes sans aucun doute nombreux à ne pas avoir oublié le beau et touchant Captain Fantastic dans lequel Viggo Mortensen incarnait un père intrépide se battant pour que sa famille puisse vivre au cœur de la nature, hors du monde capitaliste et normatif, ignorant l'école officielle pour pratiquer l'apprentissage de la vie au grand air et l'éducation grâce à la lecture et la discussion des textes des grands penseurs. Il est possible aussi que vous n'ayez pas oublié le splendide Winter's bone, sorti en 2011, qui révélait la toute jeune actrice Jennifer Lawrence dans le rôle d'une adolescente, fille d'un père délinquant en fuite, qui se battait seule au cœur des forêts du Missouri pour garder sa maison et sauver ses petits frères. La brillante réalisatrice de Winter's bone, c'était Debra Granik, qui revient aujourd'hui avec ce Leave no trace absolument emballant, adapté d'un roman lui même inspiré par un fait divers bien réel qui pourrait rappeler furieusement l'intrigue de Captain Fantastic, et c'est ainsi que nous retombons sur nos pattes…



Nous sommes aux abords de Portland, capitale de l'Oregon, sur la côte Pacifique, une métropole bordée de majestueuses forêts primaires appréciées des Américains amoureux plus ou moins sincères de la nature. Personne ne sait qu'aux confins les plus inaccessibles du parc, loin des randonneurs urbains qui en fréquentent les futaies le week-end, vivent une adolescente et son père, Tom et Will, dans la quasi-clandestinité, en presque totale autonomie, cultivant un petit potager forestier, ayant acquis sur le tas moult techniques pour recueillir l'eau de pluie ou faire du feu en économisant le propane, s'aventurant le plus rarement possible jusqu'au centre de Portland, uniquement pour récupérer la pension de Will et acheter les produits de première nécessité. On comprend que l'homme est un vétéran, probablement brisé par une des nombreuses guerres moyen-orientales que l'armée américaine a menées jusqu'à l'absurde. On comprend aussi qu'au-delà de la survie au jour le jour, il assure une bonne éducation à sa fille malgré les conditions spartiates. Et on voit qu'il existe une vraie complicité, une profonde tendresse entre les deux. Tout pourrait continuer ainsi s'ils n'étaient pas un jour surpris par la police, puis confiés aux services sociaux, qui sont bien obligés de constater la bonne santé et le bon niveau d'éducation de Tom et décident de les installer dans un mobile-home à proximité d'un haras où Wille pourrait travailler. Pour l'adolescente, c'est la découverte d'une nouvelle vie, qui malheureusement ressemble pour le père à une oppression quotidienne…

Leave no trace, dont le titre évoque cette volonté farouche de fuir la société de consommation que le père rejette, est l'histoire d'une magnifique relation père-fille en même qu'une belle réflexion sur ces chemins de traverse que chacun peut un jour décider d'explorer, qu'il soit poussé par les aléas de la vie ou porté par la réflexion philosophique ou politique. Debra Granik filme cette démarche de retrait de la société sans manichéisme ni angélisme, en fait ressentir les dimensions exaltantes mais aussi les limites, quand le besoin de relations sociales est plus fort que la volonté de rompre avec les modèles dominants et qu'une voie médiane peut surgir. Leave no trace est un formidable voyage dans cette Amérique qu'on aime, celle des hobos qui traversaient le pays dans les wagons de la Grande Dépression, celle de ces poètes qui n'ont pas voulu rompre avec les idéaux des années 70 et ont reconstruit à leur façon, au cœur de paysages grandioses et rescapés de la surexploitation environnante, une autre façon de vivre. Les images sont donc superbes, le récit est aussi passionnant qu'émouvant et on s'attache pour le compte au duo merveilleusement incarné par Ben Foster (vu l'an dernier chez nous dans Comancheria) et la toute jeune et déjà impressionnante Harcourt McKenzie, véritable révélation venue de Nouvelle Zélande.