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FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou car...

Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

Utopia, mon amour !
Courrier reçu de Bernard et Véronique.Mais que se passe-t-il encore dans ma bonne ville d’Avignon ?Mon vieux pote avec qui j’écumais vos salles à leur ouverture, il y a plus de quarante ans, vient de m’en annoncer une bien bonne : l’épatante promenade qu’il avait l’habitude de faire en fam...

Le passage du Verger Urbain V : l’impasse ?
À ceux qui sont partis en vacances et ont décroché des faits divers.Vous l’avez sûrement remarqué, le Verger Urbain V a été refait : plus de terrain vague mais un jardin flambant neuf, beau passage pour aller le soir à la Manutention et même continuer en longeant la prison jusqu’au fleuve....

ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !
Affirmez votre refus de nous voir remisés au fond d’un cul de sac et votre droit de nous rendre visite, comme celui de transiter, en journée comme en soirée par le passage du verger. Dans notre optimisme béat nous espérons des milliers de signatures, montrez que nous sommes timorés et que ce sera de...

CAPHARNAÜM

Nadine LABAKI - Liban/ France 2018 2h03 VOSTF - avec Zain Al Rafeea, Kawathar Al Haddad, Yordanos Shiferow, Boluwatif Treasure Bankole, Fadi Kamel Yousef, Cedra Izam, Nadine Labaki... Scénario de Nadine Labaki, Jihad Hojeily, Michelle Kesrouani et Khaled Mouzanar. PRIX DU JURY, FESTIVAL DE CANNES 2018.

Du 17/10/18 au 13/11/18

CAPHARNAÜMNous n’oublierons pas de sitôt le regard de Zain, ni celui de sa sœur Sahar, ni celui de Yonas. Ils représentent à eux trois une communauté invisible dont les membres survivent aux quatre coins du monde, celle des enfants perdus, négligés, malmenés par les conflits, les guerres ou juste l’extrême misère. Des enfants qui n’ont pas les livres pour le savoir ni pour les rêves, qui n’ont pas l’insouciance, parfois même pas la tendresse, ni le lait, ni le pain. C’est pour eux que Nadine Labaki dit avoir voulu faire ce film, pour ces gamins oubliés dont le passage sur terre est parfois éphémère, ne laissant pas de trace, même pas celle d’un papier d’identité. Le sujet est immense, ambitieux, tentaculaire et brasse dans son sillage bien d’autres thèmes tout aussi complexes dont un film ne peut pas venir à bout. Mais la réalisatrice semble n’avoir peur de rien, portée par une sincérité à toute épreuve qui défiera tout : les critiques blasées comme les mauvais procès, les piques qui ne manqueront pas de lui être lancées pour fustiger sa naïveté ou son penchant pour l’émotion. Plongée pendants trois années dans son sujet, dans les rues de sa ville, Beyrouth, elle a rencontré des centaines de gamins, des centaines d’adultes qui survivent dans un monde qui ne veut pas d’eux et qui ne les voit même plus. Capharnaüm, c’est cette gigantesque fourmilière qui ne s’arrête jamais, cette ville de violence et de poussière qui avale, mâche et recrache ses habitants, ceux d’ici mais surtout ceux d’ailleurs, un immense bazar à ciel ouvert qui vit en autarcie, avec ses trafics, ses règles et ses codes, loin des zones de confort qui ne sont pourtant jamais très loin, à quelques frontières près.
C’est à hauteur d’enfant que nous allons entrer dans ce drôle de monde. Cet enfant, c’est Zain, douze ans. Il intente un procès à ses propres parents. Le chef d’accusation ? L’avoir mis au monde. C’est le point de départ d’une histoire comme un coup au ventre et l’on va suivre, à travers les rues de Beyrouth, l’errance de ce gamin dans un univers absurde et sauvage dont il refuse la fatalité, avec la candeur de son âge.




Il faut prendre Capharnaüm comme un conte splendide et cruel, avec des ogres et des mères mal aimantes, avec des traîtres qui vont vouloir abuser de l’innocence de Zain, mais avec aussi une fée bienveillante qui prendra soin de lui. À travers le personnage de Rahil, jeune réfugiée érythréenne vivant seule avec son bébé et qui va accueillir Zain, c’est la fraternité faite femme que la réalisatrice veut nous montrer, une façon de dire que tout n’est peut-être pas perdu. En faisant de ces oubliés (tous interprétés par des non professionnels aux histoires similaires à celles de leurs personnages) les héros magnifiques de cette histoire forte et bouleversante, Nadine Labaki nous tend un miroir sans concession sur la manière dont notre monde accepte, passif et résigné, les horreurs dont il est quotidiennement le théâtre. Le constat est sans doute d’autant plus terrible quand l’indifférence frappe le sort réservé aux enfants, que ce soit dans les quartiers pauvres de Beyrouth, sur une plage de Méditerranée, en Cisjordanie ou à Alep…