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LAISSEZ-PASSER LE PÈRE-NOËL !
LAISSEZ-PASSER LE PÈRE-NOËL !Vous êtes attendus nombreux le jeudi 20 décembre à 19h30 dans le jardin Urbain V. Nous décorerons notre sapin de Noël avec nos cartes de vœux pour le PASSAGE ! Une hotte accueillera les modestes cadeaux que chacun voudra y déposer et que nous nous offrirons… Pr...

NOËL POUR LES ÉCOLES
Le mois de décembre approche à grand pas. Les cinémas Utopia vous proposent des films pour les petits et les plus grands pour des séances en matinée. Pensez à réserver auprès du cinéma en nous contactant au 0490826536.Vous trouverez ci-dessous une sélection de films.Si toutefois vous aviez d...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou car...

UBU, ROI DU VERGER
@page { margin: 2cm } p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% }- Je peux vous poser une question ?- Oui, qu’est-ce que c’est ?- C’est une phrase interrogative, qu’onutilise pour tester les connaissances. Pour le coup, ce dialogue n’est pas extrait de la pièce Ubu Roi mais du film Y ...

Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

LES FILLES DU SOLEIL

Écrit et réalisé par Eva HUSSON - France 2018 1h55 - avec Golshifteh Farahani, Emmanuelle Bercot, Zübeyde Bulut, Sinama Alievi...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES FILLES DU SOLEILOn dira ce qu’on voudra des Filles du soleil, mais rares sont les films où l’on montre des combattantes, héroïnes admirables, loin de l’angélisme mièvre dont on affuble le plus souvent la gent féminine. Fuyant les clichés doucereux, voici l’épopée terrible et palpitante de femmes engagées dans un combat qu’elles auraient aimé n’être pas le leur, si seulement on les avait laissées vivre en sécurité, libres d’être ce qu’elles voulaient être. Si seulement une main internationale secourable était venue au secours d’une population civile démunie. Mais le constat est aigre sur le champ de bataille : « Si c’était du pétrole et non du lait qui coulait de nos seins, on nous aurait aidées depuis longtemps ». Dans un pays mutilé, mis à feu et à sang par des hordes d’hommes qui n’épargnent pas plus les faibles que les survivants, le choix entre attendre sans broncher et tromper sa peur en passant à l’action a vite été tranché par celles qui n’ont plus rien à perdre et tout à reconquérir. Et si leurs corps sont plus frêles que ceux des combattants de Daech, elles n’en sont pas moins des adversaires redoutables aux yeux de ces derniers, qui croient dur comme fer que périr par les mains d’une femme leur fermera à tout jamais les portes du paradis.



C’est parmi une unité de ces guerrières que Mathilde (Emmanuelle Bercot), reporter de guerre, vient enquêter, en plein cœur du conflit, alors que toutes espèrent un renfort qui n’arrive jamais. Nous sommes au Kurdistan, dans les montagnes du Sinjar. Ici la population Yezidie a été victime d’un véritable carnage : hommes massacrés, femmes et fillettes torturées, vendues comme esclaves, garçonnets enrôlés dans des écoles djihadistes où on leur apprend à tuer dès l’âge de trois ans. Celles qui ont réussi à en réchapper sont devenues de véritables compagnes d’armes dont le seul cri de ralliement est « La femme, la vie, la liberté ! ». Il faut entendre leurs chants qui montent par dessus les ruines, défiant la peur et la camarde, étrange mélange de tristesse profonde et de joie furtive, vite oubliée. Mathilde les photographie, belles sous leurs turbans malgré leurs tenues poussiéreuses, leurs cernes, leurs sourires brisés. Entre deux tirs, dans des zones de tranquillité mensongère, elle les interroge, écoute leurs parcours individuels, lesquels résonnent d’une vérité universelle, les rend proches d’elle-même, de nous toutes, de nous tous. À leurs côtés elle guette les tirs de l’ennemi, les silences suspects qui soudain recouvrent leur campement de fortune. C’est l’attaque. Une de celles dont elles sortiront indemnes, ou pas… Mathilde respire à leur rythme, règle son pas sur les pas des guerrières. Mais, entre toutes, celle qui fascine le plus la journaliste est sans doute Bahar (sublime Golshifteh Farahani), commandante de ce bataillon des Filles du Soleil. Avocate, polyglotte… progressivement les mots les rapproche tout autant qu’ils creusent un fossé entre celle qui cultive son individualité et la meneuse pour laquelle le seul héroïsme véritable ne peut-être que collectif. Ici il n’y a pas d’héroïne supérieure à une autre, de douleur supérieure à une autre, ici elles n’ont de choix que d’avancer ensemble ou disparaître. Ici toutes ont appris à relativiser, à ne plus ouvrir les plaies inutilement…

C’est un film à la fois très subjectif et très précis. La réalisatrice est allée puiser le matériau de son scénario sur le terrain. Chaque protagoniste s’inspire de personnes ayant réellement existé, enrichi d’un patchwork pioché dans les histoires de véritables combattantes et journalistes. On pourra reprocher à Eva Husson de mettre le paquet, mais cela est sans doute bien en deçà d’une réalité fidèlement reconstituée et le résultat est un film remarquablement efficace, qui laisse sa part au romanesque, si tant est que la guerre puisse l’être.