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ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

Le passage du Verger Urbain V : le dénouement ?
Rappel pour celles et ceux qui ont pris 9 mois de vacances.Le Verger Urbain V, passage principal pour accéder au quartier de la Manutention est, depuis juillet 2018,  géré par les services des jardins de la ville et se trouve fermé théoriquement à 20h00 (mais de fait plutôt vers 19h30) l’hiver ...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

À nos amis festivaliers, qu’est-ce donc que Rosmerta ?
Afin de palier aux carences des services de l’État en matière d’hébergement des réfugiés, l’association Rosmerta, composée de plusieurs centaines de citoyens bénévoles, occupe depuis fin décembre un bâtiment de 400 m² pour y mettre à l’abri des mineurs isolés et des familles avec enfants en bas...

PIG

(Khook) Mani HAGHIGHI - Iran 2018 1h47 VOSTF - avec Hasan Majuni, Leila Hatami, Leili Rashidi, Parinaz Izadyar... AMPHORE D'OR – FIFIGROT 2018 (Festival International du FIlm GROlandais de Toulouse).

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

PIGGonflé, coloré, drôle, rageur et rock'n'roll, Pig est un objet filmique totalement improbable. À des années-lumières de la critique sociale, sévère et réaliste, qui irrigue le cinéma iranien tel qu'il nous arrive habituellement, Mani Haghighi, naguère scénariste pour Asghar Farhadi, développe une idée très personnelle du cinéma. Bricolant ses films avec pas mal de références, un amour des films de genre, un sens de l'humour acéré, une esthétique sophistiquée et un penchant certain pour le surréalisme, il prend cette fois de front le sujet de la censure dont le cinéma fait l'objet dans son pays. Mais avec, on le devine, beaucoup de rouerie, il parvient à prendre le contre-pied de la censure en réalisant un film par elle inattaquable – on n'en finit pas de se demander par quel miracle Pig a pu être produit, tourné, et pour finir exporté aux quatre coins du monde.
Décidément, rien ne va pour le pauvre Hasan Kasmai. La barbe en bataille sur un tee-shirt AC/DC débraillé porté comme un dérisoire étendard, le regard noir, il est plus désabusé qu'un quarteron d'électeurs macronistes ayant cru à la transition écologique. Autoproclamé réalisateur le plus prometteur de sa génération (on n'est jamais mieux servi que par soi-même), Hasan est nettement moins apprécié du régime de Téhéran. Trois ans que, pour en avoir pris un peu trop à son aise avec les canons de la censure, il est tricard des plateaux de tournage et doit pour survivre prostituer son immense talent dans la réalisation de publicités navrantes (et psychédéliques). Trois ans, c'est long, et voilà que sa muse, sa maîtresse, la magnifique Shiva (Leila Hatami, inoubliable interprète de Une séparation), lasse d'attendre que son supposé Pygmalion soit à même de lui offrir le rôle qui la consacrera au firmament du cinéma iranien, s'apprête à accepter de jouer dans le film, un nanar historique aussi prétentieux que vain, que met en scène un rival de Hasan qui a, lui, les faveurs du Régime. Remâchant son amertume, sa jalousie et ses désillusions, Hasan doit parallèlement déployer des trésors d'imagination pour éloigner de son chemin une jeune fan un peu trop entreprenante, s'efforcer de mettre (à la demande de son épouse légitime) un peu d'ordre dans sa vie sentimentale, gérer les sautes d'humeur de sa vieille mère qui entend veiller sur lui armée d'un fusil antédiluvien…
Rien ne va pour Hasan, mais le pire est pourtant à venir : un serial-killer a entrepris de décimer les plus grands cinéastes du pays. On les retrouve l'un après l'autre décapités, tatoués d'un énigmatique « khook » (porc/pig) sur le front. Le pire, ce n'est pas que le tueur pourrait s'en prendre à lui. Le pire c'est au contraire qu'il l'ignore, niant ainsi son statut de cinéaste de premier plan. Ce qui fait descendre encore d'un cran son moral dans ses chaussettes.

Critique mordante d'une frange de la société futile et mondaine, clinquante et désabusée, Pig décrit un petit milieu d'artistes qu'on pourrait qualifier de bourgeois, privilégiés, clairement fêtards, surtout attentifs à ne pas (trop) déborder du strict carcan religieux pour pouvoir continuer à profiter des charmes fragiles d'une vie relativement insouciante. On en est encore tout ébaubi, mais c'est l'ombre de Woody Allen qui plane sur Pig. Comme chez notre binoclard préféré, l'humour, omniprésent, y est noir et désespéré. On y parle avec un cynisme affecté d'amour et de cinéma, d'égotisme et de dieu – ainsi que de l'influence des mères protectrices sur la fièvre créatrice de leurs rejetons… Cinéaste dépressif aux amours contrariées, rongé par la jalousie et entraîné malgré lui dans une bondissante comédie d'aventure sur les traces d'un mystérieux meurtrier, Hasan / Mani Haghighi est un lointain cousin iranien de notre Woody, qui aurait troqué la pompe du jazz Nouvelle-Orléans pour les riffs acérés du hard rock. Parenté improbable qui augmente encore un peu le plaisir de cette découverte ébouriffante.