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ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

Le passage du Verger Urbain V : le dénouement ?
Rappel pour celles et ceux qui ont pris 9 mois de vacances.Le Verger Urbain V, passage principal pour accéder au quartier de la Manutention est, depuis juillet 2018,  géré par les services des jardins de la ville et se trouve fermé théoriquement à 20h00 (mais de fait plutôt vers 19h30) l’hiver ...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

À nos amis festivaliers, qu’est-ce donc que Rosmerta ?
Afin de palier aux carences des services de l’État en matière d’hébergement des réfugiés, l’association Rosmerta, composée de plusieurs centaines de citoyens bénévoles, occupe depuis fin décembre un bâtiment de 400 m² pour y mettre à l’abri des mineurs isolés et des familles avec enfants en bas...

GRASS

Écrit et réalisé par HONG Sangsoo - Corée du Sud 2017 1h07VOSTF - avec Kim Minhee, Jung Jinyoung, Ki Joobong, Seo Younghwa, Kim Saebyuk...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

GRASSC’est dans un petit café niché au croisement de ruelles tranquilles que se déroule ce film aussi concis que brillant, signé du très productif réalisateur coréen Hong Sang-soo. Est-ce en raison de l’atmosphère paisible des lieux, tenu par un propriétaire discret et féru de musique classique, ou pour l’abri qu’il fourni face aux tumultes de la ville ? Toujours est-il que ce bistrot inspire visiblement les confidences. L’espace d’une journée, une poignée de femmes et d’hommes y passent un peu de temps, se parlent de choses et d’autres, apprennent à se connaître. Au coin de la pièce, une femme seule semble les observer et mettre par écrit leurs échanges. À moins que ces clients ne soient que le fruit de son imagination ? Inspiration ou création : ce café devient vite le théâtre d’un petit jeu de piste où l’on se plaît à déceler les indices qui sépareraient le réel de la fiction. Et en très peu de temps, l’air de rien, Hong Sang-soo déploie un film remarquablement construit qui saisit par sa capacité à parler de choses graves – la culpabilité, le deuil, l’illusion de l’amour – avec une élégante légèreté.

Fidèle à ses méthodes de mise en scène, le cinéaste donne à voir une succession de saynètes – presque toujours une femme et un homme attablés face à face – dont l’imbrication apparaît progressivement. Il y a d’abord ces deux jeunes amis, ou amants peut-être, qui se rejettent la responsabilité de la disparition d’une amie commune qui s’est ôtée la vie. Elle venait lui dire qu’elle partait pour un long voyage, mais n’a pas résisté à lui dire combien elle lui en voulait qu’il continue sa vie sans montrer de signes de culpabilité. Il y a aussi cet auteur en pleine phase d’égarement, qui dit chercher un élan nouveau pour retrouver l’inspiration. Il demande à son amie si elle accepterait d’écrire avec lui. Bien consciente de l’ambiguïté de la proposition, elle préfère décliner en arguant que le processus de création est un acte solitaire. Et que, de toute façon, elle voit quelqu’un d’autre en ce moment… Enfin, il y a cet homme, jadis acteur, qui tente de remonter la pente après une phase de désespoir amoureux. Face à lui, une ancienne amie venue de sa campagne pour prendre de ses nouvelles. À peine ont-ils repris contact qu’il la met dans l’embarras en lui demandant de l’accueillir temporairement chez elle.
Et puis, tout à fait à part, il y a cette femme solitaire qui ne cesse de prendre des notes. Elle aussi semble avoir quelques comptes à régler avec l’amour et la création. Lorsque son frère la rejoint pour déjeuner accompagné de sa future épouse, elle se lance dans une diatribe incommodante sur les illusions de l’amour, reprochant aux jeunes fiancés de s’engager sans réellement se connaître. Au gré des pauses fumeurs devant le café, et l’étroitesse des lieux aidant, tous ces personnages vont se mêler et trouveront certainement chez les autres quelques miroirs pour leur renvoyer leurs propres vérités.

Petit bijou aux procédés épurés, Grass frappe par l’aisance avec laquelle Hong Sang-soo passe des sentiments de gravité et de pessimisme à l’humour et la dérision. C’est que le cinéaste explore toujours les choses et leur double, avec une rigueur quasi symétrique. Aux intérieurs nappés de musique lyrique répondent les extérieurs secs et sans artifices. De même, chaque scène en appelle une autre qui, tôt ou tard dans le film, en expose le revers. Disposé sur toute la surface du film, le regard sur le processus artistique rappelle sans cesse que tout cela n’est qu’un jeu. Il suffirait d’un revers de main pour que le créateur balaie ses personnages. Il en est tout autrement, le cinéaste abordant davantage l’exercice créatif comme une toile jetée au dessus des vides de l’existence, comme une passerelle entre les êtres et leurs incompréhensions.