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Le blog des profondeurs...
(de champ)

Mais jusqu’à quelle heure peut-on transiter par le Verger Urbain V ?
C’est la question que vous nous posez souvent à la caisse du cinéma, ne sachant pas si vous trouverez porte ouverte ou porte close  et si vous devrez faire demi-tour. C’est (toujours) vrai qu’aucune information claire n’a été apportée sur les panneaux d’entrée  du Verger Urbain V… 20h ...

CAFÉ ROMA (ancien restaurant La Manutention) va enfin ouvrir ses portes !
Les « menus » travaux, comme nous vous l’avions annoncé dans notre dernière gazette vont être terminés ! Menus ? Pas tant que ça finalement :la peinture refaite, le mobilier changé, la cuisine réagencée, les nouvelles machines installées, les nouveaux menus édités… et puis é...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : C’EST LE BON SENS !
Belle soirée festive organisée par le Collectif 23h59, le 12 septembre dernier, dans le jardin du Verger Urbain V. Une réussite au-delà de nos espérances, qui attestait du plaisir des participants de pouvoir à nouveau emprunter le passage le soir, librement. Le dialogue avait repris, le bon sens l’a...

Et si on passait à autre chose...
La restauration du jardin Verger Urbain V aura atteint son objectif, au-delà de toutes espérances : le jardin ne désemplit pas durant ces mois d’été, brassant tous les publics. Il est un lieu de vie et de rencontres, à toute heure de la journée et de la soirée. Et qu’importe que le gazon ait sou...

Il y a un an déjà...
Cette année, les organisateurs en ont décidé ainsi, la dernière étape du Tour de France cycliste aura pour cadre la magnifique ville d’Avignon. Le centre-ville, dit « intra-muros », sera le siège d’une épreuve contre la montre individuelle. Après trois tours des remparts de la cité médiéva...

C’EST ÇA L’AMOUR

Écrit et réalisé par Claire BURGER - France 2018 1h38 - avec Bouli Lanners, Justine Lacroix, Sarah Henochsberg, Antonia Buresi, Cécile Remy Boutang...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

C’EST ÇA L’AMOURBouli Lanners, évidemment ! Voilà un film qui colle parfaitement à cet acteur qu’on apprécie particulièrement. Mario est un gars tout en douceur, avec un côté « ours » un peu perdu, un peu maladroit. Pourtant, ce n’est pas la bonne volonté qui lui manque, à ce père que Bouli campe admirablement. Mais la bonne volonté ne fait malheureusement pas tout. Il serait ce qu'on appelle un « papa poule », alors que la mère de ses filles serait plutôt du style « maman coq »… L'expression n'existe pas et pour cause ! La mère, bien évidemment, ne peut pas se passer de sa progéniture, la mère ne peut pas régner sur la basse-cour, prendre du recul, puis son envol en oubliant de couver la chair de sa chair. C’est bien ce que nous apprennent nos livres d’école, non ? Tandis qu’un père, c’est fort, viril, ça n’a pas de doute, ça ne peut pas être hystérique, ça domine forcément toute chose et surtout ses sentiments…



Pour son premier film en solo, l’indocile co-réalisatrice de Party girl bouscule cette fois encore les codes, les interroge finement, en évitant les clichés. Tandis que Mario, fragile, surnage dans un flot de sentiments qui débordent, la mère de ses filles, Armelle, plante là son petit monde, sans un regard en arrière semble-t-il. Mère indigne ? Ou juste une femme indépendante, qui prend les mêmes libertés qu’un homme ? Voilà notre Mario tout paumé… Oh ! Pas sur les tâches matérielles, non. On a dit qu’on n'était pas dans les clichés ! La cuisine, les courses, le ménage… même si certaines corvées ne sont pas sa tasse de thé, il assure, peu ou prou. Non, c'est affectivement que Mario est largué, incapable de vivre seul, de même l’imaginer. La présence d’Armelle lui manque, ses rires, sa manière de voir les choses, de dédramatiser… Son être entier lui manque. Elle est partie. Il aurait pu la regarder des heures faire ses bagages, sans exiger d’explication. Juste en acceptant ses choix, en essayant de la comprendre, de lui dire qu’il allait l’attendre toujours et tout le temps.

Savoir laisser partir ceux qu’on aime… c'est ça aussi l’amour. Dans les faits, ça ne se passe pas tout à fait comme ça. Mario cherche à combler le vide de l’absence. Il guette impatiemment son retour, il guette Armelle tout court. Il voulait lui laisser le temps, surtout être patient… Il n’y tient plus. Il l’appelle… Une fois, deux fois… lui laisse message sur message, prétextant le mal être des enfants pour essayer de camoufler maladroitement le sien. Il a beau essayer de se distraire, se cultiver, se concentrer sur le quotidien, sur ses filles… Ah là là ! Celles-là sacrées donzelles ! Entre l’une, Niki, à quelques encablures de la majorité, qui semble toute prête à s’envoler du nid (elle aussi ! Non, pas elle !)… et la cadette de 14 ans, Frida, qui se cherche, provoque, se découvre des attirances qu’elle n’est pas bien sûre de savoir assumer, mais surtout des sentiments plus grands qu’elle, tellement difficiles à confier à son géniteur. On se sent tellement incomprise à cet âge, ou on a tellement peur de l’être. La maisonnée est comme une pétaudière prête à exploser alors que Mario discrètement implose. Pourtant ils s’aiment ces trois-là. Et cette mère absente dans le fond également les aime, même si sa manière de le vivre est en train de changer.

Ce sont parfois les enfants qui finissent par faire grandir les parents. Ce sont parfois ceux à qui on pensait apprendre à nager qui vous apprennent à le faire. Mario n’aura pas le choix. Mais ce qu’il restera de tout ça, malgré les coups de gueule, les instants de crise, c’est une infinie tendresse, une grande complicité. C’est beaucoup ça, l’amour…