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LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

Le passage du Verger Urbain V : le dénouement ?
Rappel pour celles et ceux qui ont pris 9 mois de vacances.Le Verger Urbain V, passage principal pour accéder au quartier de la Manutention est, depuis juillet 2018,  géré par les services des jardins de la ville et se trouve fermé théoriquement à 20h00 (mais de fait plutôt vers 19h30) l’hiver ...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

Où en est-on avec le passage du Verger Urbain V ?
Pour vous tout à l’air identique et le jardin ferme toujours à des horaires pour le moins incertains : 19h00, 19h30… pas du tout ! Pourtant les choses bougent, Madame le Maire, par un mail envoyé à un membre du Collectif 23h59, confirme la volonté de trouver une solution qui satisfasse tou...

Communiqué du Collectif 23h59 Janvier 2019
Rappelons-le, le Collectif 23h59 a pour objet la défense de la liberté de circulation.  Il entend, au regard de ce principe,  faire rétablir la possibilité d’emprunter le passage du verger Urbain V en soirée pour rejoindre la Manutention et le quartier – comme cela était établi depuis plus...

WE THE ANIMALS

Jeremiah ZAGAR - USA 2018 1h34 VOSTF - avec Raul Castillo, Sheila Vand, Evan Rosado, Isaiah Kristian... Scénario de Jeremiah Zagar et Daniel Kitrosser, d'après le roman de Justin Torres, Vie animale.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

WE THE ANIMALSL’histoire se déroule dans un monde de jeunes garçons, mais les filles pourront s'y reconnaître, le propos a une force, une subtilité qui touche à l'universel, à l'organique. Jonah, Manny, Joel ont presque la même taille, trois frères unis dans la vie comme les mousquetaires, pour les meilleures blagues comme pour les pires bêtises. Gueules d’anges destinés à être déchus. C’est simple, on dirait des triplés. Cheveux ras, teints métissés, paires d’yeux qui pétillent. C’est par ceux de Jonah qu’on pénètre dans leur histoire, par la porte dérobée de son jardin secret, qu’il protège jalousement, même de ses propres frangins. Le soir venu, quand plus rien ne bouge dans la modeste maisonnée, il ouvre en cachette une sorte de journal intime, qui l’aide à extérioriser ses sentiments, à les dominer, à expulser la violence accumulée. C’est comme une BD quotidienne, pleine de poésie, de fougue et de rage contenues.



Certes, nul doute ici que tous s’aiment… à leur manière. Mais tous subissent la relation orageuse de Paps (leur père) et Ma (leur mère). Le quotidien de ces deux-là a décidément tout d’une montagne russe et on sent que ce n’est pas nouveau. Toujours les mêmes scènes qui ont un goût de réchauffé. Prompts à se déchirer, à hurler, à cogner dans les portes… Plus prompts encore à se rabibocher, tels deux naufragés de la vie qui n’auraient pas d’autre bouée de sauvetage. Ils sont tout l’un pour l’autre, autant qu’ils ne sont rien. Étaient-ils simplement préparés à devenir parents ? À les voir, on n’y croit pas un seul instant. Rien de stabilisant, rien de sécurisant. Tant et si bien que leurs gamins se sont forgés à l’art de la débrouille et pas uniquement dans la cuisine. Et puis, surtout, ils ont appris à s’évader loin dans leurs rêves, à se tenir chaud mutuellement. Quand ça barde, ils se confectionnent un nid de fortune, blottis comme d’infortunés oiseaux, entonnant une litanie protectrice connue d’eux seuls : « Nous famille, corps chaud, corps chaud, corps chaud ». Un véritable rituel intime, créé sur mesure, comme pour se rassurer le temps que la tempête s’éloigne une fois de plus. Un rituel avant que la suivante ne revienne. Encore tout petits, mais déjà fatalistes.
Si Jonah a neuf ans, les deux autres ne sont pas loin devant ou derrière. Dans les premières phrases de son récit fort simple, fort beau, on perçoit aussi comme une espèce de nostalgie : « Quand nous étions frères nous voulions plus, plus de bruit, plus de muscles »… Comme si leur tribu était amenée à se dissoudre. Ou tout simplement l’âge adulte à les attraper et puis les séparer… Mais peut-être est-ce tout autre chose. Progressivement, l’univers riche et onirique de Jonah semble prendre plus de place ainsi que son nouveau copain Dustin, un blondinet toujours rivé à ses écrans. Il est le plus grand, celui qu’on bade, qui sait des choses qu’on n’aurait pas imaginé… Pour Manny et Joël, cela sonne comme une trahison. Tandis que Paps, las de s'entre-déchirer avec Ma, vient de mettre les voiles, une fois de plus… Mais il revient toujours.

C’est un très beau regard sur l’enfance malmenée, qui construit une forme de résilience, de rempart imaginaire pour se protéger. La manière de tourner est modeste, comme le milieu décrit. La caméra observe le monde à niveau d’enfant, adoptant des angles qui nous montrent les choses comme par leur regard. La grande force du film repose sur les épaules des enfants acteurs, formidables, en particulier Evan Rosado qui interprète Jonah… Juste et poignant, le scénario est parcouru par ce souffle vivifiant et léger propre à l’enfance qui lui donne un charme bouleversant.