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Le blog des profondeurs...
(de champ)

Mais jusqu’à quelle heure peut-on transiter par le Verger Urbain V ?
C’est la question que vous nous posez souvent à la caisse du cinéma, ne sachant pas si vous trouverez porte ouverte ou porte close  et si vous devrez faire demi-tour. C’est (toujours) vrai qu’aucune information claire n’a été apportée sur les panneaux d’entrée  du Verger Urbain V… 20h ...

CAFÉ ROMA (ancien restaurant La Manutention) va enfin ouvrir ses portes !
Les « menus » travaux, comme nous vous l’avions annoncé dans notre dernière gazette vont être terminés ! Menus ? Pas tant que ça finalement :la peinture refaite, le mobilier changé, la cuisine réagencée, les nouvelles machines installées, les nouveaux menus édités… et puis é...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : C’EST LE BON SENS !
Belle soirée festive organisée par le Collectif 23h59, le 12 septembre dernier, dans le jardin du Verger Urbain V. Une réussite au-delà de nos espérances, qui attestait du plaisir des participants de pouvoir à nouveau emprunter le passage le soir, librement. Le dialogue avait repris, le bon sens l’a...

Et si on passait à autre chose...
La restauration du jardin Verger Urbain V aura atteint son objectif, au-delà de toutes espérances : le jardin ne désemplit pas durant ces mois d’été, brassant tous les publics. Il est un lieu de vie et de rencontres, à toute heure de la journée et de la soirée. Et qu’importe que le gazon ait sou...

Il y a un an déjà...
Cette année, les organisateurs en ont décidé ainsi, la dernière étape du Tour de France cycliste aura pour cadre la magnifique ville d’Avignon. Le centre-ville, dit « intra-muros », sera le siège d’une épreuve contre la montre individuelle. Après trois tours des remparts de la cité médiéva...

Séance unique pour chaque partie, le dimanche à 10h30, 7 euros ou 1 abo uniquement (au vu de la longueur des films).
La Flor partie 1 (3h30) : dimanche 21/04 - La Flor partie 2 (3h10) : dimanche 28/04 - La Flor partie 3 (3h24) : dimanche 5/05 - La Flor partie 4 (3h28) : dimanche 12/05

LA FLOR

Écrit et réalisé par Mariano LLINÁS - Argentine 2018 13h30VOSTF - avec Elisa Carricajo, Valeria Correa, Pilar Gamboa, Laura Paredes... En quatre parties : La Flor partie 1 (3h30) - La Flor partie 2 (3h10) - La Flor partie 3 (3h24) - La Flor partie 4 (3h28).

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA FLORPar où commencer ? L’œuvre est à ce point hors norme, touffue, qu’on ne sait par quel bout la prendre. Puisque son cinéaste a le goût de l’énumération, imitons-le. Ce film a une durée totale de treize heures trente environ, il comprend six épisodes autonomes (organisés en 4 parties pour la sortie cinéma) mais ayant des points communs, il jongle avec les genres (fantastique, espionnage, mélodrame musical…), les langues courantes (espagnol, russe, italien, anglais, français) et vernaculaires (dont un dialecte du xviiie siècle parlé dans le nord de l’Italie !). Il traverse deux continents (l’Amérique du Sud et l’Europe) et regorge d’humour et de lyrisme, deux qualités pourtant difficiles à marier. Il offre du jeu, surtout. Un jeu enchanteur, presque enfantin : pas d’auteurisme pontifiant ici, mais de la récréation picaresque.

Tintin n’est pas loin : on entraperçoit un de ses albums, laissé sur une table de chevet. Il y a fort à parier que la momie faisant des ravages dans l’épisode 1 soit inspirée du Rascar Capac des Sept boules de cristal. Elle est au centre d’une bien étrange histoire, située dans un laboratoire d’analyse archéologique, en lisière d’un désert, dirigé par un trio de femmes. Une série de phénomènes inquiétants puis terrifiants s’y produisent. La psyché et le désir féminins irriguent La Flor, à travers son formidable quatuor d’actrices, qui revient dans chaque épisode (le cinquième excepté) avec de nouveaux rôles à chaque fois. À travers elles et ce qu’elles incarnent de mythologique (de la sorcière à la Méduse), le cinéaste fait, en toute pudeur, l’apologie de la femme libre, indépendante, conquérante et savante, guerrière, voire meurtrière. Sans manquer d’étriller le patriarcat et le machisme.
Et puis il y a l’amour. En de multiples versions. Follement platonique : entre une espionne et son collègue, contraints de réprimer leur sentiment (l’acmé de La Flor ?). Orgiaque : dans un asile psychiatrique, le cas inédit de ce patient amnésique qui affole la libido de toutes les infirmières et femmes médecins. Passionnel : l’amour-haine d’une chanteuse à succès séparée de son homme, avec lequel elle formait un duo de variété romantique et qui se retrouve dans un studio pour enregistrer de nouveau…

La musique, le son, le moindre accessoire, Mariano Llinás s’en sert comme des outils fabuleux. Idem avec l’ellipse, l’allusion, la litote. Toutes ces figures de style sont aussi des trucs et des trucages rudimentaires, que l’auteur ressuscite avec la fraîcheur et l’innocence d’un pionnier revenu à l’enfance du cinéma, bricolant avec 3 pesos 6 sous des histoires abracadabrantes…
Ici, le minimalisme des moyens (le film a coûté 300 000 euros) mène au maximum : La Flor embrasse le monde entier et l’Histoire du cinéma en rendant hommage à plusieurs de ses étapes décisives, du muet (les épisodes 5 et 6) jusqu’au cinéma moderne, avec une mise en abyme particulièrement cocasse (épisode 4)…

Dans ce monde baroque, on croise un leader palestinien, une trafiquante qui s’injecte de la toxine de scorpion comme sérum de jeunesse éternelle, une Margaret Thatcher montant à cheval et fumant le cigare, des guérilleros colombiens. On est aussi bercé par une voix off particulièrement incantatoire, qui décrit comme personne la solitude, le sentiment de défaite, les trains, les paysages. Ce narrateur reflète exactement la visée du film : non pas donner du sens aux choses, encore moins dérouler un scénario. Mais transporter vers un imaginaire infini.

(J. Morice, Télérama)