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Le blog des profondeurs...
(de champ)

Et si on passait à autre chose...
La restauration du jardin Verger Urbain V aura atteint son objectif, au-delà de toutes espérances : le jardin ne désemplit pas durant ces mois d’été, brassant tous les publics. Il est un lieu de vie et de rencontres, à toute heure de la journée et de la soirée. Et qu’importe que le gazon ait sou...

Il y a un an déjà...
Cette année, les organisateurs en ont décidé ainsi, la dernière étape du Tour de France cycliste aura pour cadre la magnifique ville d’Avignon. Le centre-ville, dit « intra-muros », sera le siège d’une épreuve contre la montre individuelle. Après trois tours des remparts de la cité médiéva...

Mais où donc se garer pour aller à Utopia ?
  PARKING DE L’ORATOIRE Forfait : 4€ de 20h à 1hPARKING LES HALLES Forfait : 2 € de 20h à 1hPARKING PALAIS DES PAPES Forfait : 3€ de 20h à 1h, et des navettes gratuites au départ des parkings relais, gratuits et surveillés.PARKING DES ITALIENS La navette circule du lundi au jeudi de 7h à 22h28 et...

ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

MANTA RAY

Écrit et réalisé par Phuttiphong AROONPHENG - Thaïlande 2018 1h45 VOSTF - avec Wanlop Rungkumjad, Aphisit Hama, Rasmee Wayrana...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MANTA RAYManta ray impressionne et captive d'abord par sa splendeur visuelle et par sa richesse sonore. Et c'est grâce et à travers cette beauté renversante que le film évoque, de manière puissante et poétique, sans lourdeur démonstrative, un des cas de persécution ethnique les plus terribles de ce début du xxie siècle. Phuttiphong Arronpheng est thaïlandais et donc voisin de la Birmanie. Depuis toujours, la minorité musulmane des Rohingyas est persécutée en Birmanie, mais cette discrimination a frisé le génocide ces dernières années avec une montée terrible du racisme et des exactions de la part des ultranationalistes bouddhistes envers les Musulmans. Ces persécutions ont entraîné un exode massif, d'abord au Bangladesh puis en Thaïlande, seulement séparée de la Birmanie par un petit cours d'eau. Phuttiphong Aroonpheng a observé cet étrange endroit, qui résonne de la souffrance des familles (le réalisateur a même enregistré les voix et les plaintes des réfugiés dans la jungle) qui ont tenté de s'introduire en Thaïlande ; il a aussi constaté avec effroi la montée de la xénophobie envers les nouveaux arrivants, y compris chez ses amis ; il a entendu cette terrible histoire d'un charnier découvert au sud du pays, à la frontière de la Malaisie, rassemblant probablement des réfugiés rohingyas séquestrés en pleine jungle par des trafiquants puis assassinés sommairement.



À partir de ces faits terribles, Phuttiphong Aroonpheng a construit une fable sublime, souvent elliptique et fantomatique, plutôt qu'un film scrupuleusement réaliste. Les premières images nous montrent ainsi un soldat décoré d'une guirlande clignotante qui patrouille, fusil d'assaut à la main, dans la nuit de la jungle luxuriante. Plus tard, on devine des gémissements, des bruits, on aperçoit un cadavre ligoté, enterré à la va vite. On n'en saura pas plus dans les cinq premières minutes, même si la dédicace au peuple rohingya à la fin du générique nous donne une indication. On voit ensuite les hommes qui patrouillaient la nuit reprendre leurs activités diurnes sur les bateaux de pêche et les marchés aux poissons de cette petite ville portuaire. Puis on retrouve un des pêcheurs, reconnaissable à sa coiffure peroxydée, cherchant de mystérieuses pierres brillantes dans l'humus équatorial : il tombe par hasard sur un homme gravement blessé et semble t-il muet. Sans se poser de questions, il le conduit chez lui, d'autant que sa femme l'a récemment quitté. Et malgré les difficultés de communication, il va patiemment le ramener à la vie : un bel exemple de solidarité désintéressée, de fraternité qui transcende les différences de culture et de langue. La situation va néanmoins se compliquer quand le pêcheur disparaît mystérieusement et que son épouse revient finalement au bercail…

Manta ray – dont le titre évoque les raies géantes qui se réfugient près des côtes lors des épisodes de mousson – subjugue le spectateur par ses séquences fascinantes et mystérieuses qui mélangent les scènes irréelles, aux frontières du fantastique, et les allusions directes à la triste réalité, le tout porté par la bande son envoûtante composée par les Strasbourgeois de Snowdrops. On se laisse porter par cette scène où, dans leur cabane dénudée illuminée par des guirlandes, les deux hommes dansent pour fêter le retour à la vie, ou envahir par l'empathie quand l'homme muet découvre à demi enterré le corps d'un nourrisson qui est peut-être le sien… Manta ray est le premier long métrage d'un quarantenaire qui a réalisé plusieurs courts et travaillé comme directeur de la photographie sur trois longs métrages thaïlandais : c'est ce qu'on appelle une révélation.