LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Aux confins du blog
« Quand les gens pensent au cinéma, ils pensent directement aux célébrités, aux studios, au glamour. Mais l’industrie du cinéma englobe d’autres personnes : les gens qui travaillent dans les snacks, qui s’occupent des équipements, des caisses, qui programment des films, qui sont en charge ...

La librairie La Mémoire du Monde propose...
Nous relayons un message de la librairie La Mémoire du Monde avec qui nous travaillons régulièrement et qui comme beaucoup de petits commerces sont en grande difficulté.“Comme beaucoup d’entre nous, nous avons eu la gorge nouée ce lundi soir avec l’annonce de la poursuite du c...

Le Café Roma et Italie là-bas propose des paniers gourmands
Depuis samedi 11 avril, Italie Là-bas et Café Roma vous proposent la totale : des paniers gourmands pour votre petit-déjeuner, déjeuner, apéro et dîner. On pense à tout ! ... Lire Le Café Roma et Italie là-bas propose des paniers gourmands...

Le cinéma du peuple
“La plus grande qualité accessible pour tous, sans clivage social et culturel… Ce sera notre combat”. (Jean Vilar)   Ainsi donc le cinéma indépendant, le cinéma d’auteur serait « élitiste »… c’est en tout cas ce que déclarait, semble-t-il, une sociologue devant un amphi de 300 élèves ...

Utopia, mon amour !
Courrier reçu de Bernard et Véronique.Mais que se passe-t-il encore dans ma bonne ville d’Avignon ?Mon vieux pote avec qui j’écumais vos salles à leur ouverture, il y a plus de quarante ans, vient de m’en annoncer une bien bonne : l’épatante promenade qu’il avait l’habitude de faire en fam...

TROIS JOURS ET UNE VIE

Nicolas BOUKHRIEF - France 2019 2h - avec Sandrine Bonnaire, Charles Berling, Pablo Pauly, Philippe Torreton, Jeremy Senez... Scénario de Perrine Margaine et Pierre Lemaître, d'après son roman.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

TROIS JOURS ET UNE VIETout débute fin décembre 1999. Le récit est précisément situé et ce n'est pas pour rien, on ne vous dit que ça, votre mémoire fera le reste… Tout débute et se conclura à Olloy, un petit village des Ardennes belges, à l’orée d’une forêt goulue et oppressante comme les raisons d'un mensonge. Ici on tourne vite en rond, impossible de ne pas connaître ses voisins, ni d’échapper aux querelles de clocher. Dans cette bourgade tranquille, tout se sait, tout se commente. Tant et si bien qu’il est inutile de surveiller de trop près ses enfants. Du moins le croit-on.
Au milieu des fenêtres ils passent leur temps à s’épier mutuellement, entre les murs qui ont des oreilles, Antoine grandit maladroitement. Préadolescence guère évidente, entre un père absent et une mère un peu rêche, aimante et débordée (Sandrine Bonnaire, plus vraie que nature). Alors, à ses heures perdues, notre jouvenceau va frapper à la porte du Docteur Dieulafoy, figure paternelle dans les pas de laquelle il met ses pas, dévorant les bouquins qu'il lui prête et qui feront plus tard de lui un médecin, il l’espère. Bien sûr il y a aussi le petit voisin, Rémi, candide et envahissant comme on peut l’être à huit ans, qui ne lâche pas d’une semelle ce « grand » étonnamment patient avec lui. Mais dans le fond Antoine erre comme un cowboy solitaire, incompris, sans vrai complice de son âge. Et il le serait plus encore s’il n’y avait Ulysse, un bon chien fidèle, un véritable ami qui le réconforte à coup de léchouilles inconditionnelles. Parfois ça suffit pour que le moral émerge des chaussettes. Mais cette fois, il faudra plus que ça.



Quand on a douze ans, la moindre déconvenue semble parfois une montagne insurmontable. Et ce jour-là, il y en aura plus d’une, comme si les ailes sombres de la mauvaise augure s’étaient mises à planer au dessus de sa tête. Dès la sortie du collège, l’ambiance se fait plus pesante que d’habitude. C’est d’abord la petite copine qu’Antoine adule secrètement qu’il surprend à bécoter un gars plus âgé, mieux bâti, propriétaire d'un scooter… Amour propre blessé, larmes ravalées se transforment aussitôt en sourde colère mauvaise conseillère. À compter de cet instant, le destin va refermer sa nasse, la loi des séries noires s’abattra inexorablement. Ulysse aura un accident. Monsieur Desmedt, le père de Rémi, aura un geste malheureux. Rémi disparaitra… Une disparition inexpliquée, de celles qui défraient la chronique et mettent en émoi une population. Seules les langues des commères y trouveront leur compte. Une part d’insouciance s’évanouira définitivement pour tous et plus particulièrement pour le jeune Antoine que Rémi suivait à la trace, mais curieusement, pas ce jour-là, comme il en témoignera. Comment ne pas croire un enfant quand il vous regarde les yeux dans les yeux, avec tant d’innocence ?

Nous ferons partie des rares à connaître la véritable version de l’histoire qui ne s’articule pas autour de la recherche d’un coupable, mais plutôt de ce qu’il fait de sa culpabilité, qui préfère sonder l’âme humaine plutôt que ses actes. Nous sommes dans un film noir qui ne renie pas sa filiation avec Simenon, Duvivier, Chabrol. Chaque rôle, fut-il secondaire y a son importance. Pour Antoine, ces trois jours dans lesquels s’ancrent le début de l’intrigue ne sont que le début d’une saga intérieure qui durera une vie, comme on le verra des années plus tard. En attendant, le père de Rémi (excellent Charles Berling) s’enlise dans son incapacité à parler tandis que la police sonde rivière et bois à la recherche du garçonnet disparu, et qu’Antoine (impressionnant Jeremy Senez, un Swann Arlaud en miniature) se tord les doigts… On en frémit pour lui.