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Le blog des profondeurs...
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Et si on passait à autre chose...
La restauration du jardin Verger Urbain V aura atteint son objectif, au-delà de toutes espérances : le jardin ne désemplit pas durant ces mois d’été, brassant tous les publics. Il est un lieu de vie et de rencontres, à toute heure de la journée et de la soirée. Et qu’importe que le gazon ait sou...

Il y a un an déjà...
Cette année, les organisateurs en ont décidé ainsi, la dernière étape du Tour de France cycliste aura pour cadre la magnifique ville d’Avignon. Le centre-ville, dit « intra-muros », sera le siège d’une épreuve contre la montre individuelle. Après trois tours des remparts de la cité médiéva...

Mais où donc se garer pour aller à Utopia ?
  PARKING DE L’ORATOIRE Forfait : 4€ de 20h à 1hPARKING LES HALLES Forfait : 2 € de 20h à 1hPARKING PALAIS DES PAPES Forfait : 3€ de 20h à 1h, et des navettes gratuites au départ des parkings relais, gratuits et surveillés.PARKING DES ITALIENS La navette circule du lundi au jeudi de 7h à 22h28 et...

ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

À film exceptionnel, séance exceptionnelle le dimanche 15 septembre à 10h00 ! Le tarif à 4,50 euros ne sera pas appliqué.

HALTE

Écrit et réalisé par Lav DIAZ - Philippines 2018 4h39 VOSTF - avec Piolo Pascual, Jœl Lamangan, Shaina Magdayo, Hazel Orencio...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

HALTEC’est un monde-nuit. Dans Halte, les jours noirs ont commencé, pour n’en finir jamais. Suite à des éruptions massives, le soleil ne se lève plus sur la société future du nouveau Lav Diaz, qui structure le vide d’une apocalypse. Nous sommes dans son pays, les Philippines, en 2034, autant dire que c’est déjà demain, une histoire proche. Une épidémie de grippe, appelée « Dark Killer », a décimé les populations.
Le « tueur noir », ce pourrait être aussi le nom du dictateur au pouvoir du film. On reconnaîtra en lui n’importe quel maître fou de n’importe quelle dictature.
Le monde-nuit de Halte est sublime. Les ténèbres, dans l’esthétique sophistiquée de Lav Diaz, dérangent l’œil, par leur paradoxale et presque encombrante beauté. Un noir et blanc éblouissant, tantôt argenté, tantôt laiteux, accorde le régime totalitaire, oppressif et menaçant, avec un beau formel, une vision totalement à rebours de l’imagerie du cinéma de divertissement générique (où l’apocalypse n’est que ruine, poussière et laideur, bref, un monde effondré).
Pourtant, les belles nuits éternelles de Halte, contrastées, sont de pure tragédie. Leur beauté n’est qu’une illusion d’optique et de cinéma. Car elles sont traversées par une population léthargique, menacée à tout moment d’être exécutée : les hommes oppressés sont des fantômes. Ils forment une société en apparent sommeil, mais parce qu’en réalité terrorisée, placée sous la surveillance sans répit de drones. Le film, d’un bout à l’autre nocturne, est plongé dans une obscurité permanente aussi belle qu’au fond, horrifique.
Comme toujours dans son cinéma, aussi maximaliste que récompensé (il a reçu le Lion d’or, l’Ours d’argent et le Léopard d’or), Lav Diaz occupe l’espace dans un mouvement continuel et divers : des récits s’enchâssent, amples et lents, souvent cadrés par de longs plans hypnotiques.
Halte pourrait n’être que sinistre, nous laissant saisis d’effroi, dans un rictus repoussant. Mais Lav Diaz joue d’un spectre bien plus large d’émotions, nous écartelant de sentiments complexes et contradictoires, au gré de digressions. Dans un club, un groupe de rock indé pulse une énergie vibratoire. Le dictateur, joué avec brio par un Joel Lamangan jubilatoire, fou furieux, dangereux, qui fait bouffer de la chair humaine à ses crocodiles de compagnie, est aussi peu sérieux, d’un comique grotesque. Il est le descendant du Dictateur de Chaplin et il nous amuse. Le dictateur n’est qu’un enfant, aux conversations imaginaires avec sa mère, avec laquelle il n’a pas coupé le cordon. Cet enfant tombera sous la menace inattendue d’une armée d’enfants qu’il croyait innocents et à l’égal de lui-même : les nouvelles générations sont-elles celles qui nous sauveront ?

(JM Frodon, slate.fr)