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Gazette post-covid no3
Donc on récapitule : à Avignon, à ce jour en zone rouge, on maintient toujours un fauteuil de libre de chaque côté d’une personne ou d’un groupe et le port du masque est obligatoire au cinéma même pendant les séances. À ce propos nous voudrions rassurer le monsieur de l’autre jour, récalcitrant...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y a un décalage entre chaque séance pour que vous vous croisiez le moins possible.•.• Le port du masque est obligatoire dans tout le cinéma et également pendant la séance..• L’équipe est masquée (mais tout à fait reconnaissable).• L’heure c’est l’heure et VRAIMENT l’heure : aucun retard ne...

Utopia est dans le Canard Enchaîné ! Notre futur Utopia écolo retenu par Ulule et Lilo !
Après tant de rencontres animées dans nos salles sur l’écologie, on s’est dit qu’il était temps de passer à l’action et d’impulser une véri-table nouvelle génération de ciné-mas respectueux de l’environnement ! ... Lire Utopia est dans le Canard Enchaîné ! Notre futur Utopia écolo retenu par...

L’association 100 pour 1
L’association 100 pour 1 choisit de faire vivre la soli-darité en privilégiant l’action concrète depuis 2016. Grâce à ses adhérents qui s’engagent à verser au minimum 5€ par mois pendant 2 ans, elle procure gratuitement un logement à des familles migrantes sans papiers et les accompagne dans la rech...

Le Collectif 23h59 communique :
Comme annoncé en des temps très anciens datant d’avant le fameux Monde d’après, dans une précédente gazette, le Collectif 23h59 avait décidé de se muter en association pour poursuivre son action dans la continuité de sa propre histoire qui avait jadis duré plusieurs mois. Ces temps de guerre travers...

La séance du samedi 16 novembre à 9h30 se fera dans le cadre du ciné-chiacchiere.

LE TRAÎTRE

Marco BELLOCCHIO - Italie 2019 2h32 VOSTF - avec Pierfrancesco Favino, Maria Fernanda Candido, Fabrizio Ferracane, Luigi Lo Cascio... Scénario de Marco Bellocchio, Ludovica Rampoldi, Valia Santella et Francesco Piccolo.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE TRAÎTREL’Italie digère… ou du moins semble digérer. Enfin une vague de réalisateurs ose raconter par le menu, de manière non édulcorée et palpitante, la mafia vue de l’intérieur. Après le Gomorra de Matteo Garrone et Roberto Saviano, voici aujourd'hui ce magistral Le Traître, du maître Bellochio, presque un roman fleuve, et dans quelques mois ce sera La Mafia n’est plus ce qu’elle était du moins connu Francesco Maresco. Quel dommage de ne pas pouvoir programmer les deux films à la même période tant ils se complètent parfaitement ! Dans les deux cas on a affaire à de vrais méchants, pourtant il semble inévitable qu’affleure, à notre corps défendant, une forme de sympathie dérangeante. Celle-là même dont le virtuose Juge Falcone, sicilien de naissance, usa pour mieux s’imprégner et comprendre les rouages de la pieuvre, et de ses tentaculaires ramifications nationales et internationales.



Le Traître démarre fort, en 1980, par une de ces petites sauteries familiales dont les parrains avaient le secret, quand ils se détendaient entre deux fusillades ou plasticages sanglants. On pénètre donc dans l’action simultanément par deux portes d’entrée ambivalentes, comme semble l’être le regard des Italiens sur les mafieux, qui furent tout autant les protecteurs des classes miséreuses (dont beaucoup émanaient) que de leurs bourreaux. La caméra de Marco Bellocchio résume en un tableau méticuleux le contexte historique d’une affaire qui va se dérouler sur vingt-cinq années, une vendetta meurtrière, inextinguible. Il brosse avec maestria le portrait des forces et des individus en présence pour nous faire prendre toute la mesure des tenants et des aboutissants et nous permettre d'entrer bien armés dans le vif du sujet, qui sera le retournement de veste de Tommaso Buscetta, éminent membre de Cosa Nostra, qui dénoncera ses anciens camarades d’armes auprès du magistrat Giovanni Falcone. Jeu complexe entre chat et souris (les rôles étant interchangeables), d’où ressort une certaine admiration entre le juge et le truand, laquelle, en des temps moins sombres, aurait pu se transformer en une sorte d’amitié improbable et discrète. Cela peut sembler étrange, mais ce qui rapproche les deux hommes est leur courage et une conception cousine de l’honneur. La partie à jouer est aussi lourde pour l’un que pour l’autre, toujours sur le fil de se faire descendre. Dans le fond Buscetta se sert autant de Falcone que ce dernier se sert de lui. Le clan du maffieux et une partie de sa famille ayant été décimés, il ne lui reste que le bras de la justice pour se venger de ceux qui l’ont doublé, quitte à tomber en même temps que ceux qu’il cherche à atteindre. Bon vivant, il n’est toutefois pas un lâche qui cherche à sauver sa peau à tout prix. Il refusera toujours les appellations de traître ou de repenti. Il a brisé la loi de l’omerta ? Mais pourquoi la respecter envers ceux qui ont piétiné le code sacré de l’honneur, notamment le clan des Corleone guidé par Toto Riina ? Regrette-t-il le moindre de ses actes ? Les réponses à ces questions garderont toujours une part de mystère…

On va suivre la trajectoire de Buscetta, principalement à partir de sa fuite au Brésil, puis de son extradition vers l’Italie, traqué autant par les autorités que par les autres parrains. Un film palpitant de bout en bout, à saluer tant pour la performance de ses acteurs (Pierfrancesco Favino en particulier réussit une composition hallucinante) que pour son ancrage historique précis et documenté. Une immersion dans la seconde guerre de la mafia, dont on ressortira avec un étrange sentiment de malaise, tant le monde des affaires et la sphère politique ne sortent pas indemnes de cette gangrène toujours d’actualité.

Ciné-chiacchiere, que l’on pourrait traduire au mieux par
Ciné-causette, est une présentation du film et un moment après la projection où l’on pourra causer ensemble ou par petits groupes avec des membres de l’AFIA (l’Association Franco- italienne d’Avignon). Esclusivamente in italiano ovviamente !