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“La plus grande qualité accessible pour tous, sans clivage social et culturel… Ce sera notre combat”. (Jean Vilar)   Ainsi donc le cinéma indépendant, le cinéma d’auteur serait « élitiste »… c’est en tout cas ce que déclarait, semble-t-il, une sociologue devant un amphi de 300 élèves ...

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APOCALYPSE NOW final cut

Francis Ford COPPOLA - USA 1979 3h02 VOSTF - avec Martin Sheen, Marlon Brando, Robert Duvall, Frederic Forrest, Dennis Hopper, Albert Hall, Sam Bottoms, Laurence Fishburne, Harrison Ford, Aurore Clément... Scénario de Francis Ford Coppola, John Milius et Michael Herr, inspiré du roman de Joseph Conrad Au cœur des ténèbres.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

APOCALYPSE NOW final cut« La version redux de 2001 avait restauré tout ce qui avait été coupé. Quand on m'a demandé plus tard quelle version je voulais montrer, je pensais fréquemment que la version de 1979 était trop abrupte, tandis que la redux était trop longue. J'ai donc mis au point ce qui, pour moi, constitue la version parfaite, qui s'appelle Apocalypse now Final cut. » Francis Ford Coppola

En 1976, Coppola, réputation au zénith et compte en banque fourni, décide d'adapter le roman de Joseph Conrad Au cœur des ténèbres, en le transposant du Congo de 1901 au Vietnam de 1970 : les services secrets américains confient au capitaine Willard la mission extravagante de remonter aux confins du Cambodge afin de liquider un de leurs officiers, le colonel Kurtz, qui a fait sécession et règne au cœur de la jungle sur une population de fous dont il est devenu le gourou solitaire, puissant et dangereux…
Dès l'origine, Apocalypse now s'est inscrit dans une stratégie de démesure. Du scénario au tournage, dont les chiffres donnent le tournis, tout est dans l'emphase. Coppola est impérial au milieu de l'effervescence. Il croit que le monde est à lui alors que tout prouve le contraire.
Le tournage a lieu aux Philippines, dont l'armée utilise le même matériel que celle des États-Unis. Un jour, les hélicoptères désertent pour s'en aller mitrailler la guérilla anti-gouvernementale réfugiée dans la jungle ! Une autre fois, un typhon détruit les décors… De 12 millions de dollars, le budget passe à 30. La production devient un enfer dont les gazettes se régalent : Brando changé physiquement (il est devenu gros) et qui ne connaît pas son texte, Harvey Keitel renvoyé dans ses foyers et remplacé par Martin Sheen, lequel fête son arrivée par un infarctus au milieu d'une scène. Le tournage traîne, s'embourbe. « Apocalypse when ? », titrent les journaux. Après un an de jungle et des kilomètres de pellicule, le retour à Los Angeles est douloureux. Le prince est devenu mendiant. Le montage coûtera une fortune : la première version durait 6 heures !
« Apocalypse now n'était pas un film sur le Vietnam, c'était le Vietnam », déclarera Coppola. « Comme l'armée américaine, nous étions arrogants, nous avions trop de monde, trop de matériel, trop d'argent et, peu à peu, nous sommes devenus fous ».

Présenté au Festival de Cannes le 18 Mai 1979, le film obtient la Palme d'Or (qu'il partage avec Le Tambour, de Volker Schlöndorff…) et rencontre un immense succès lors de sa sortie, l'automne suivant.
L'histoire aurait pu s'arrêter là. Sauf que, au début de l'année 2000, Coppola, dont la carrière est devenue un sommet d'interrogations, remet l'ouvrage sur le métier et persuade son monteur Walter Murch de reprendre tout ça… Il remonte paisiblement le film, sans pressions, dévidant mètre par mètre les bobines de pellicule jusque là abandonnées. Plutôt qu'un ajout désordonné de scènes coupées, il repense complètement son histoire, comme si la clarté de sa structure lui était soudainement revenue. Cette clarté qu'il avait perdue en même temps que sa raison et sa maison.
Le résultat, ce sera Apocalypse now Redux et aujourd'hui, après un nouveau travail de montage, Apocalypse now Final cut. Deux versions qui font définitivement de ce projet fou un chef d'œuvre.(T. Fremeaux, L'Express)