LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Mais jusqu’à quelle heure peut-on transiter par le Verger Urbain V ?
C’est la question que vous nous posez souvent à la caisse du cinéma, ne sachant pas si vous trouverez porte ouverte ou porte close  et si vous devrez faire demi-tour. C’est (toujours) vrai qu’aucune information claire n’a été apportée sur les panneaux d’entrée  du Verger Urbain V… 20h ...

CAFÉ ROMA (ancien restaurant La Manutention) va enfin ouvrir ses portes !
Les « menus » travaux, comme nous vous l’avions annoncé dans notre dernière gazette vont être terminés ! Menus ? Pas tant que ça finalement :la peinture refaite, le mobilier changé, la cuisine réagencée, les nouvelles machines installées, les nouveaux menus édités… et puis é...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : C’EST LE BON SENS !
Belle soirée festive organisée par le Collectif 23h59, le 12 septembre dernier, dans le jardin du Verger Urbain V. Une réussite au-delà de nos espérances, qui attestait du plaisir des participants de pouvoir à nouveau emprunter le passage le soir, librement. Le dialogue avait repris, le bon sens l’a...

Et si on passait à autre chose...
La restauration du jardin Verger Urbain V aura atteint son objectif, au-delà de toutes espérances : le jardin ne désemplit pas durant ces mois d’été, brassant tous les publics. Il est un lieu de vie et de rencontres, à toute heure de la journée et de la soirée. Et qu’importe que le gazon ait sou...

Il y a un an déjà...
Cette année, les organisateurs en ont décidé ainsi, la dernière étape du Tour de France cycliste aura pour cadre la magnifique ville d’Avignon. Le centre-ville, dit « intra-muros », sera le siège d’une épreuve contre la montre individuelle. Après trois tours des remparts de la cité médiéva...

CHANSON DOUCE

Lucie BORLETEAU - France 2019 1h40 - avec Karin Viard, Leïla Bekhti, Antoine Reinartz, Assya Da Silva... Scénario de Lucie Borleteau et Jérémie Elkaïm, d'après le roman de Leïla Slimani (Prix Goncourt 2016).

Du 27/11/19 au 17/12/19

CHANSON DOUCELe premier film de Lucie Borleteau (surprenant Fidelio) se passait en haute mer, soumis au roulis des vagues, nous voici avec Chanson douce pris au piège des montagnes russes de sentiments ambivalents. Heureux, désarçonnés, aux prises avec des inquiétudes (justifiées ?), ballottés au gré des changements de ton d’un film qui oscille délicieusement entre univers réaliste et ambiance gothique. Tous les acteurs excellent à nous plonger dans une trame narrative au charme maléfique, particulièrement Karin Viard, plus que jamais caméléon. Elle entre si bien dans la peau de son personnage qu’au fil de son évolution, elle devient presque méconnaissable physiquement, métamorphosée sans effets spéciaux, ni maquillage. Absolument bluffante, elle s’aventure en terrain inattendu, tour à tour sévère, marrante, bouleversante puis progressivement angoissante, animale. Côté intrigue, la réalisatrice innove en n’abordant pas le récit par le même bout que l’excellent roman de Leïla Slimani, tout en restant très fidèle à son esprit, son ambiance, son terreau sociétal cruel.



Cette nuit-là, un terrible cauchemar réveille Myriam (Leïla Bekhti), tellement réaliste qu’il lui a glacé les sangs. Mais les bras de son homme sont là, rassurants, ainsi que ses deux enfants, sains et saufs, dans la maisonnée aux couleurs joviales… Les idées sont donc vite remises en ordre : si on rêve de perdre son monde, c’est qu’on l’aime vraiment. Mais cela la renvoie aussi à son incapacité à rester plus longtemps dans ce rôle anxiogène de mère au foyer étouffant, sans autre horizon que couches et torchons. Les gazouillis de ses petiots, quand bien même elle les chérit, l’enferment dans un univers rétréci, son esprit, son intelligence n’y trouvent pas leur compte. Petite discussion entre époux… et c’est décidé : malgré les réticences de Paul, son mari, ils se résolvent à chercher une nounou.
Les entretiens d’embauche qui s’en suivent campent le décor, satirique. À travers eux on comprendra plus de la personnalité des deux parents, aspirants grands bourgeois, que des candidates elles-mêmes, pourtant pas piquées des hannetons. Dans les regards complices, parfois effarés ou moqueurs, que notre sympathique ( ?) couple de tourtereaux se lancent, transparaît déjà un certain mépris de classe. S’ils n’ont pas encore les revenus suffisants pour accéder au rang supérieur, ils en ont déjà intégré les manières condescendantes, tout en se voyant doux comme des agneaux. Rapidement il apparaît qu’aucune bonne d’enfant n’a une chance d’être à la hauteur de leurs légitimes – se persuadent-ils – exigences et angoisses parentales. Ils sont presque prêts à lâcher l’affaire quand soudain, surgie telle une Mary Poppins des temps modernes, apparaît Louise (Karin Viard), tenue maîtrisée, souriante, rigoureuse, douce, séductrice juste ce qu’il faut, parfaitement respectueuse et déférente. Coup de foudre immédiat, inespéré, unanime ! La perfection faite nounou, tellement incroyable qu’ils n’auraient jamais pensé pouvoir s’offrir ses services, ce qui flatte sans doute leurs ego. Une véritable gouvernante digne d’un comte dans un conte. Une fée marraine du logis, allant même au-delà de son rôle, comblant leurs attentes les plus secrètes, transformant l’appartement en havre de propreté, de sérénité, en jardin d’Eden… Un ange passe… Mais là où passent les anges, les démons ne sont pas loin… En attendant, Louise, adulée par les deux mômes qu’elle mène par le bout du nez, réussissant même à leur faire manger carottes et navets, leur devient vite indispensable. Une deuxième maman… Myriam, tiraillée entre son travail passionnant d’avocate et la culpabilité d’être moins présente, en deviendrait presque jalouse.

Bien sûr, la partition se délite progressivement en fausses notes, d’abord rares, comme accidentelles, mais on se prend à redouter que la musique devienne stridente, ne sachant plus trop sur quel pied danser… Plus rien ne sera sûr, ni le pire, ni le meilleur.