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Le blog des profondeurs...
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23H59, et après ?
23H59, et après ? Qui n’a pas ressenti cette angoisse profonde face à l’horloge affichant cette heure terrible chaque jour renouvelée ? Qui n’a pas été saisi à la fois par la peur de ce qui risque de se passer après et par la nostalgie d’un temps qui s’achève à ce moment précis et ne reviendra j...

Le cinéma du peuple
“La plus grande qualité accessible pour tous, sans clivage social et culturel… Ce sera notre combat”. (Jean Vilar)   Ainsi donc le cinéma indépendant, le cinéma d’auteur serait « élitiste »… c’est en tout cas ce que déclarait, semble-t-il, une sociologue devant un amphi de 300 élèves ...

COLLECTIF 23H59… Un an plus tard !
Les travaux de séparation du Verger Urbain V et du passage seraient terminés. Il manque encore un panneau annonçant clairement les heures d’ouverture du jardin et du fameux passage… Ainsi nous pouvons de nouveau transiter, le soir, jusqu’à minuit et souvent plus, vers le quartier de la Man...

CAFÉ ROMA (ancien restaurant La Manutention) va enfin ouvrir ses portes !
Les « menus » travaux, comme nous vous l’avions annoncé dans notre dernière gazette vont être terminés ! Menus ? Pas tant que ça finalement :la peinture refaite, le mobilier changé, la cuisine réagencée, les nouvelles machines installées, les nouveaux menus édités… et puis é...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : C’EST LE BON SENS !
Belle soirée festive organisée par le Collectif 23h59, le 12 septembre dernier, dans le jardin du Verger Urbain V. Une réussite au-delà de nos espérances, qui attestait du plaisir des participants de pouvoir à nouveau emprunter le passage le soir, librement. Le dialogue avait repris, le bon sens l’a...

SYMPATHIE POUR LE DIABLE

Guillaume de FONTENAY - France 2018 1h40 - avec Niels Schneider, Ella Rumpf, Vincent Rottiers, Clément Métayer... Scénario de Guillaume de Fontenay, Guillaume Vigneault et Jean Barbe, d'après le livre de Paul Marchand.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

SYMPATHIE POUR LE DIABLESarajevo, novembre 92, sept mois après le début du siège, des Serbes encerclent la ville. Plus de quatre-cent mille habitants sont retenus en otages. » Une voix blanche parle en off sur un plan d’ensemble de Sarajevo troué par les tirs de roquettes, dans un mélange de brume et de poussière de décombres. C’est la voix de Paul Marchand, qui, dès l’image suivante, accroché à son volant tel un pilote de course, conduit comme un damné sur Sniper Alley, l’avenue désertée de la ville, pour aller constater et pouvoir témoigner d’un nouveau massacre…



Guillaume de Fontenay, réalisateur canadien dont c'est le premier film, a mis des années à adapter le livre choc de Paul Marchand, reporter de guerre français, l’un des premiers journalistes arrivés à Sarajevo comme free-lance pour les journaux, radios et télés francophones d’Europe et du Canada. Il couvrit pendant dix-huit mois ce siège, qui reste le plus long de l’histoire de la guerre moderne. Sympathie pour le diable est une plongée crue dans les entrailles d’un conflit, mais aussi le portrait fiévreux d’un correspondant de guerre obsédé par la vérité. La caméra ne quitte pas le sillage de Paul. L’image granuleuse et la lumière grise saturée (le printemps reviendra-t-il un jour ?) témoignent du chaos d’une ville piégée, en train de périr dans l’indifférence internationale, sur fond de tractations vaines de l’ONU. Les scènes de travail des quelques journalistes et cameramen au milieu des fusillades et les passages de check-points coupent littéralement la respiration. Rares sont les moments où les corps se détendent, où les habitants, dont Boba, la traductrice (vibrante Ella Rumpf), arrachent à l’horreur un fugace répit.
Paul Marchand n’aimait pas se présenter comme journaliste, tant il voulait être autre chose que témoin… Il n’était pas sympathique : orgueilleux, volontiers irascible et vexant, tant il était violemment engagé dans la tragédie. Pas d’hagiographie, donc, de la part du réalisateur, mais un hommage sincère à ce héros de l’info trompe-la-mort, mélancolique et écœuré, qui a fini par se suicider en 2009, sans doute d’en avoir trop vu, de s’être trop longtemps senti impuissant. Niels Schneider crée un hallucinant Paul Marchand : corps tendu à l’extrême, dandy rageur aimanté à son volant, à ses cigares, et à son photographe, auquel Vincent Rottiers donne une crédibilité nerveuse.


(G. Odicino, Télérama)