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Le blog des profondeurs...
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23H59, et après ?
23H59, et après ? Qui n’a pas ressenti cette angoisse profonde face à l’horloge affichant cette heure terrible chaque jour renouvelée ? Qui n’a pas été saisi à la fois par la peur de ce qui risque de se passer après et par la nostalgie d’un temps qui s’achève à ce moment précis et ne reviendra j...

Le cinéma du peuple
“La plus grande qualité accessible pour tous, sans clivage social et culturel… Ce sera notre combat”. (Jean Vilar)   Ainsi donc le cinéma indépendant, le cinéma d’auteur serait « élitiste »… c’est en tout cas ce que déclarait, semble-t-il, une sociologue devant un amphi de 300 élèves ...

COLLECTIF 23H59… Un an plus tard !
Les travaux de séparation du Verger Urbain V et du passage seraient terminés. Il manque encore un panneau annonçant clairement les heures d’ouverture du jardin et du fameux passage… Ainsi nous pouvons de nouveau transiter, le soir, jusqu’à minuit et souvent plus, vers le quartier de la Man...

CAFÉ ROMA (ancien restaurant La Manutention) va enfin ouvrir ses portes !
Les « menus » travaux, comme nous vous l’avions annoncé dans notre dernière gazette vont être terminés ! Menus ? Pas tant que ça finalement :la peinture refaite, le mobilier changé, la cuisine réagencée, les nouvelles machines installées, les nouveaux menus édités… et puis é...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : C’EST LE BON SENS !
Belle soirée festive organisée par le Collectif 23h59, le 12 septembre dernier, dans le jardin du Verger Urbain V. Une réussite au-delà de nos espérances, qui attestait du plaisir des participants de pouvoir à nouveau emprunter le passage le soir, librement. Le dialogue avait repris, le bon sens l’a...

La séance du lundi 6 janvier à 18h00 sera suivie d'une discussion avec Michel Flandrin, critique de cinéma, Dominique Friard et des membres de l'association SERPSY (Soins Études et Recherches en Psychiatrie)

THE LIGHTHOUSE

Robert EGGERS - USA / Canada 2019 1h49 VOSTF - avec Willem Dafoe, Robert Pattinson, Valeriia Karaman... Scénario de Max Eggers et Robert Eggers. Festival de Cannes 2019 : Prix de la Critique internationale • Festival du cinéma américain de Deauville : Prix du Jury.

Du 18/12/19 au 27/01/20

THE LIGHTHOUSEQui n’a jamais entendu l’océan gémir les soirs de tempête, le fracas sourd des flots sur les rochers dans les ténèbres, l’écho glaçant des pleurs déchirants du vent… ne peut sans doute pas comprendre ces légendes noires venues du fonds des temps où les Djins se déchaînent : histoires de démons, de monstres, de sirènes racontées en frissonnant durant les longues veillées d’hiver, serrés épaule contre épaule pour conjurer la peur. Ce film-là prend sa source dans ces légendes ténébreuses et magnifiques, peuplées des angoisses et des fantasmes humains, où le surnaturel se mêle à la fascination d’une nature en majesté dont l’ampleur du mystère a laissé de tous temps l’homme abasourdi et terrifié.

C’était un temps où les phares abritaient encore des gardiens, responsables de la lumière qui guidait les navires dans la nuit noire, signalaient les dangers de la côte proche. Un temps où, coupés de la terre, les hommes espéraient l’accalmie qui permettrait l’arrivée de la relève et des vivres, mais quand l’accalmie tardait, se retrouvaient seuls face à l’immensité tumultueuse sans pouvoir espérer aucun secours, sans autre témoin que les mouettes inamicales dont on disait qu’elles étaient l’âme des marins disparus en mer.



Ce jour-là, sur une île rocailleuse et minuscule, au large des côtes de la nouvelle Angleterre, un rafiot transporte celui qui remplacera auprès du vétéran Thomas Wake son collègue disparu on ne sait comment… Le vieux Tom a la belle gueule burinée d’un capitaine Achab qui aurait perdu son navire, et de son œil aigu il observe l’arrivée de ce nouvel aide avec ironie : un débutant qui ne sait rien de la mer et dont il suppute que la belle gueule cache des secrets inavouables. Il ne tarde pas à lui faire savoir qu’il est le seul maître à bord, en tirant sur sa pipe d’écume qui fait peuh peuh…
Celui qui dit s’appeler Ephraïm Winslow commence par se plier avec une obstination rageuse aux ordres de son chef, charriant sous la pluie des brouettes de charbon, récurant le plancher moisi, nettoyant la merde… mais refusant, dans un premier temps, de partager les soirées arrosées de mauvais alcool avec ce compagnon dont il se méfie…
Dans le huis-clos de ce phare sombre qui suinte l’humidité salée, pue le tabac froid et la pisse rance, se noue une étrange relation, faite d’affrontements, de désir et de haine, entre celui qui veut garder le pouvoir sur la lumière et celui qui désire plus que tout s’en approcher pour percer le secret du vieux loup de mer. La confrontation sera révélatrice des démons intérieurs de chacun, que la distance avec toute civilisation humaine ne vient plus contenir, pour atteindre des paroxysmes de délires peuplés de monstres tentaculaires, de sirènes sublimes de sensualité et dévoreuses d’humanité, où l’on ne sait plus distinguer hallucinations et choses réelles. Les frustrations de toutes sortes, impossible à noyer dans l’alcool, prennent alors la drôle de gueule de démons issus du tumulte de leur océan intérieur, agité d’angoisses et de désirs frustrés. Pour Ephraïm, le seul espoir de fuir cette île isolée où tous les éléments lui sont hostiles, c’est une barque, frêle esquif insuffisant pour affronter les flots déchaînés…

Dans un noir et blanc sublime qui joue des contrastes pour mieux attiser le sentiment d’étrangeté, Robert Eggers nous plaque au fauteuil par des vagues d’images expressionnistes, ponctuées de dialogues âpres, de monologues jubilatoires… servis par un Willem Dafoe qui semble jouir d’un tel rôle, jusque dans les gros plans sur sa tronche ridée. Et son partenaire Robert Pattinson est à la hauteur ! On dégustera la bande son jusqu’à la dernière note de la chanson de marin finale.