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Le blog des profondeurs...
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23H59, et après ?
23H59, et après ? Qui n’a pas ressenti cette angoisse profonde face à l’horloge affichant cette heure terrible chaque jour renouvelée ? Qui n’a pas été saisi à la fois par la peur de ce qui risque de se passer après et par la nostalgie d’un temps qui s’achève à ce moment précis et ne reviendra j...

Le cinéma du peuple
“La plus grande qualité accessible pour tous, sans clivage social et culturel… Ce sera notre combat”. (Jean Vilar)   Ainsi donc le cinéma indépendant, le cinéma d’auteur serait « élitiste »… c’est en tout cas ce que déclarait, semble-t-il, une sociologue devant un amphi de 300 élèves ...

COLLECTIF 23H59… Un an plus tard !
Les travaux de séparation du Verger Urbain V et du passage seraient terminés. Il manque encore un panneau annonçant clairement les heures d’ouverture du jardin et du fameux passage… Ainsi nous pouvons de nouveau transiter, le soir, jusqu’à minuit et souvent plus, vers le quartier de la Man...

CAFÉ ROMA (ancien restaurant La Manutention) va enfin ouvrir ses portes !
Les « menus » travaux, comme nous vous l’avions annoncé dans notre dernière gazette vont être terminés ! Menus ? Pas tant que ça finalement :la peinture refaite, le mobilier changé, la cuisine réagencée, les nouvelles machines installées, les nouveaux menus édités… et puis é...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : C’EST LE BON SENS !
Belle soirée festive organisée par le Collectif 23h59, le 12 septembre dernier, dans le jardin du Verger Urbain V. Une réussite au-delà de nos espérances, qui attestait du plaisir des participants de pouvoir à nouveau emprunter le passage le soir, librement. Le dialogue avait repris, le bon sens l’a...

La séance du jeudi 16 janvier à 20h00 sera suivie d’une discussion avec des membres de l’association Les Nuits des cinéfils et filles.

JEUNE JULIETTE

Écrit et réalisé par Anne ÉMOND - Québec 2019 1h37 VOSTF - avec Alexane Jamieson, Léanne Désilets, Robin Aubert...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

JEUNE JULIETTEJuliette est enveloppée. Et la séquence qui ouvre le film la met en scène avec un professeur de sport, tout suant, et tout aussi rondouillard qu’elle. La comédie s’installe ainsi dès l’ouverture de ce récit fantasque et délicat, qui raconte le destin contrarié d’une adolescente confrontée à ses premiers émois amoureux. Nous sommes au Canada avec ce français incroyable du Québec, agrémenté même de patois qui, au passage, nous en fait savourer les originalités.

Quelle belle intelligence ! C’est à peu près ce que l’on peut dire de ce film qui à première vue ne paie pas de mine mais qui relate avec douceur et tendresse la difficulté pour notre Juliette d’exister au milieu des autres élèves, avec ses kilos de trop. Elle n’est pas la seule à vivre avec une différence. Elle est amie d’une camarade de sa classe, qui l’aime autant que Juliette aimerait que le meilleur ami de son frère, le beau gosse de l’école, l’aime. Et elle a l’occasion d’accompagner un nouvel élève, atteint d’un autisme léger, qu’on reconnaît aux obsessions de la saleté, aux propos décalés et à sa façon toute particulière d’envisager la réalité. Mais la réalisatrice n’en fait surtout pas des tonnes dans l’expression de ces différences physiques, sexuelles ou cognitives. L’enjeu pour Anne Émond demeure essentiellement dans la façon dont Juliette doit gagner en confiance en elle et composer avec un univers adulte pas toujours en phase avec ce qu’elle aurait pu attendre.
Il y a beaucoup de pudeur et de tendresse dans le portrait que la réalisatrice brosse de cette famille quelque peu originale. La relation entre Juliette et son frère en fera rêver plus d’un, tant elle est jolie et sensible. Le cinéma offre rarement des films qui refusent l’intellectualisme à outrance, sans tomber dans la vulgarité ou la lourdeur. La légèreté apparente du scénario accompagne le spectateur d’un bout à l’autre de ce récit ingénu et drôle. L’humour ne cède jamais à la moquerie ou à la niaiserie. De fait, Juliette devient un personnage d'une humanité débordante, au milieu d’une famille bancale, mais aimante. D’ailleurs, le sentiment d’amour vrai traverse toute cette histoire, donnant enfin l’occasion aux spectateurs d’échapper à la sinistrose du cinéma réaliste et social. Voilà donc un film fait pour rire, s’émouvoir, et s’évader dans un univers attendrissant.

S’agit-il d’un film pour adolescents ? Oui, sans aucun doute. Mais plus que cela, Jeune Juliette est une invitation aux familles de se laisser porter par un demi-rêve, où il sera question de l’émancipation intellectuelle et émotionnelle d’une jeune fille qui démontre, non sans ingéniosité, que le bonheur est permis à tout le monde. La joie constitue la marque de fabrique de ce film, qui pourtant dévoile la cruauté du monde des élèves à l’égard des enfants handicapés ou différents. Cela n’est pas sans interroger le modèle dominant d’une école qui se voudrait inclusive. Mais l’inclusion ne se décrète pas. Elle doit se doter d’un discours, d’une pédagogie qui incite les plus jeunes enfants à vivre avec des êtres vulnérables ou ne rentrant pas dans les normes établies par la société. Voilà sans doute l’objectif éclatant de ce long-métrage qui nous fait, avec une économie de mots, une magistrale leçon sur l’intégration scolaire.

(avoir-alire)

Les Nuits des cinéfils et filles est une association étudiante avec qui nous organisons des rencontres autour du cinéma. Vous les retrouverez de gazette en gazette... à suivre.