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Collectif 23h59 : voyons, réfléchissons…
Ah qu’il est plaisant de cheminer dans le passage Urbain V, à l’heure où fleurit la campagne, en journée quand les enfants s’ébattent dans le jardin, au crépuscule quand les humeurs chromatiques du temps nimbent la majesté du Palais… Nous avons failli être privés de cette jouissance simple et magnif...

L’association 100 pour 1
L’association éberge des familles sans papiers sur Avignon et Carpentras et organise tout au long de l’année des événements pour parvenir à financer le logement et l’accompagnement des familles qui sont prises en charge. Une tombola est actuellement organisée (2€ le billet) avec de nombreux...

123 Soleil : 8 MARS 2020, RÉALISEZ !
C’est la nouvelle date de 123 Soleil pour un tournage qui réunira 6 spectateurs d’Utopia et 6 jeunes réfugiés dans un lieu encore tenu secret sur Avignon. Une journée entière dédiée à la pratique cinématographique sans limite d’âge ni de langage, mais un casting 100% féminin du côté des spectateu...

23H59, et après ?
23H59, et après ? Qui n’a pas ressenti cette angoisse profonde face à l’horloge affichant cette heure terrible chaque jour renouvelée ? Qui n’a pas été saisi à la fois par la peur de ce qui risque de se passer après et par la nostalgie d’un temps qui s’achève à ce moment précis et ne reviendra j...

Le cinéma du peuple
“La plus grande qualité accessible pour tous, sans clivage social et culturel… Ce sera notre combat”. (Jean Vilar)   Ainsi donc le cinéma indépendant, le cinéma d’auteur serait « élitiste »… c’est en tout cas ce que déclarait, semble-t-il, une sociologue devant un amphi de 300 élèves ...

LE CAS RICHARD JEWELL

Clint EASTWOOD - USA 2019 2h09 VOSTF - avec Paul Walter Hauser, Sam Rockwell, Kathy Bates, John Hamm, Olivia Wilde... Scénario de Billy Ray, d'après un article de Marie Brenner, American Nightmare : The ballad of Richard Jewell.

Du 19/02/20 au 31/03/20

LE CAS RICHARD JEWELLIl faut croire qu'Eastwood a décidé, avec l'âge, de ne plus perdre de temps. Il poursuit ainsi, au rythme stakhanoviste d'un film par an, son portrait de l'Amérique profonde, s'attachant à ses héros sans cape ni collant, ceux que l'on appelle des héros ordinaires (remember l'excellent Sully). C'est encore le cas ici : inspiré de faits réels, le film retrace l'histoire de Richard Jewell, vigile de son état, accueilli en héros pour avoir repéré et signalé la présence d'une bombe sur le parc olympique d'Atlanta lors des JO de 1996, avant d'être suspecté trois jours plus tard par le FBI d'avoir lui-même perpétré l'attentat ! La nouvelle fait vite les gros titres de la presse suite à la publication précipitée d'un article de la journaliste Kathy Scruggs dans l'Atlanta Journal-Constitution.



Le film démarre quelques années plus tôt, alors que Richard est préposé aux fournitures de bureau pour la « Small Business Administration », une agence gouvernementale créée pour conseiller et défendre les intérêts des petites entreprises. Il y fait la connaissance de celui qui deviendra son avocat quelques années plus tard, Watson Bryant, excentrique et intransigeant – campé par le toujours très bon Sam Rockwell –, qui surnommera Jewell « Radar », tant ce dernier fait preuve d'un sens de l'observation aigu et d'une grande efficacité. En quelques scènes, Eastwood dresse le portrait de Jewell et on comprend assez vite que ce dernier, malgré toute sa bonne volonté, ne sera sûrement jamais le policier qu'il rêve d'être. Car c'est son rêve à Richard : protéger et servir comme le dit le célèbre insigne, endosser l'uniforme et travailler pour le bien de sa communauté. Sans arrière-pensée, sans malice, ce grand gaillard qui souffre d'une légère surcharge pondérale, qui vit chez sa mère, y croit dur comme fer et compte bien, à force de lire tous les soirs le code pénal, décrocher la timbale. Malheureusement pour lui, cela ne se passera pas comme il l'entend. Il se retrouve agent de sécurité sur un campus universitaire, où son zèle à faire appliquer le règlement auprès des étudiants vire à la catastrophe et il se retrouve à la porte. Mais les Jeux Olympiques approchent, l'état et la ville d'Atlanta ont besoin de recruter. Le voilà donc de nouveau agent de sécurité et il a rendez-vous avec un destin qu'il ne pouvait pas imaginer…
Une approche trop rapide pourrait vite amener à qualifier le film de populiste, tant cette histoire d'un candide broyé par les puissants est édifiante. Pourtant Eastwood raconte une histoire qui a presque 25 ans et qui par bien des aspects est prémonitoire de ce qui s'est passé par la suite : les emballements médiatiques, les vies brisées par des réseaux sociaux impitoyables, les abus de pouvoir sur les citoyens avec le Patriot Act… Il nous raconte l'avènement des populismes à force d'humiliations des plus humbles, il nous raconte le terrorisme national qui gangrène les États-Unis depuis des décennies.

Le film est sorti aux États-Unis assorti d'une polémique à propos du portrait au vitriol brossé de la journaliste Kathy Scruggs, montrée comme une arriviste prête à tout, et même à enflammer (au sens figuré) un agent du FBI peu consciencieux, pour sortir un scoop. On concède qu'Eastwood n'y est pas allé de main morte, sans doute emporté par son goût de la provocation anti-establishment et anti-politiquement correct. Il n'en reste pas moins que Le Cas Richard Jewell, après le savoureux La Mule, prouve que le désormais patriarche du cinéma américain n'a pas perdu la main : c'est un bon cru !