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Le blog des profondeurs...
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Appel à musique !
APPEL A CHANSONS !   Appel aux groupes professionnels ou amateurs d’Avignon et alentours, pour égayer l’attente de nos spectateurs dans nos salles ! En cette période trouble où les concerts sont dentées rares, et que les programmations de nos amis de l’AJMI, L...

Voici donc la liste des nouveautés au « ciné-déconfiné »
Nous avons travaillé avec cœur et ardeur (vous nous connaissez) pour que la reprise se passe dans les meilleures conditions sanitaires pour le public et l’équipe, sans stress excessif ni désinvolture déplacée. • Il y aura un décalage important entre chaque séance et chacune des salles pour que vo...

Collectif 23h59
Madame la Maire,Tout vient à point à qui sait attendre, car il aura fallu une année : le Collectif 23h59 (en passe de se transformer en association s’assignant pour mission de veiller à la bonne santé du quartier de la Manutention) a pu constater que la Ville a su répondre avec profit aux criti...

Le Café Citoyen
Le Café Citoyen a poursuivi ses activités pendant le confinement et a repris ses soirées, les lundis soirs, à partir de 18h30, tous les 15 jours. Nous nous retrouvons pour échanger, réfléchir ensemble, et faire du concret (envisager des actions communes). Nous débattons de tous sujets...

Que les spectacles recommencent ! Et on ouvre les portes !
Le Théâtre du Chêne Noir a hâte de vous retrouver en septembre pour une nouvelle saison foisonnante, riche en théâtre, musique, conférences et humour, avec Eric-Emmanuel Schmitt, Denis Lavant, Patrick Timsit Alain Manoukian, Pierre Notte, Swann Arlaud, Maxime d’Aboville, Luc Ferry, Naïm, Rémi Charma...

La séance du jeudi 13 février à 20h10 se fera dans le cadre de l'Acid spectateur.

MICKEY AND THE BEAR

Écrit et réalisé par Annabelle ATTANASIO - USA 2019 1h28 VOSTF - avec Camila Morrone, James Badge Dale, Calvin Demba, Ben Rosenfield...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MICKEY AND THE BEARThe Bear, « L’Ours », c’est cet être bourru et sauvage qui sert de père à la jeune Mickey, du moins quand il n’est pas bourré ou défoncé aux médocs et aux opiacés. Rude prix à payer pour cet écorché vif qui ne cesse de fuir les sourdes séquelles d’un passé cauchemardesque, les atrocités vues ou commises. S’il ne les évoque jamais, elles rôdent sans relâche dans un recoin de sa tête. Hank est un vétéran. De quelle guerre ? Qu’importe ! Aucune n’est propre. Il ressemble plus désormais à un animal sauvage blessé, prompt à mordre les mains tendues, qu’à un humain sociable. Pâle brouillon de celui qu’il rêvait de devenir, loin de celui qu’il fut, du bel homme qu’il pourrait encore être. Il suffit qu’un sourire illumine son visage buriné pour se sentir bouleversé par l’éternel adulescent indomptable qui se cache derrière. James Badge Dale, qui incarne le personnage, excelle à le rendre aussi détestable qu’attachant.



À l’ombre de cette existence, qui tient plus de la survie que de la vie véritable, Mickey a grandi, avec la détermination farouche d’une plante adventice qui impose sa calme présence resplendissante (Camila Morrone, dans le rôle, est d'une grâce folle, à tomber !). Entre éclats de rires, éclats de voix, larmes et gestes de tendresses, elle s’est habituée à endosser le rôle d’adulte délaissé par l’homme de la maisonnée, pour lequel elle joue les anges gardiens. C’est elle qui va le chercher au commissariat quand les flics le parquent en cellule de dégrisement. C’est elle qui le borde, lui tient le front quand il se rend malade. Elle qui lui donne la becquée, glisse discrètement un billet dans son portefeuille, sans attendre ni reconnaissance, ni remerciements. À l’âge où d’autres bacheliers mal dégrossis ont encore l’air de sortir de l’œuf, la jeune fille est passée experte en matière de débrouille. Qu’il est loin le temps béni de l’innocence, celui des princes charmants ! Pas encore majeure, mais déjà femme, Mickey ne se berce pas d’illusions. Aucun des damoiseaux qui lui tournent autour, ni aucun super héros ne viendra à la rescousse de cette humanité. Il lui faudra, comme toujours, se retrousser les manches en véritable battante, sans attendre quoi que ce soit de qui que ce soit.
Si Mickey couche un peu en cachette, c’est sans grande conviction, comme étrangère à son propre corps, peu sereine. Dans quel état sera son géniteur quand elle rentrera au bercail, sera-t-il seulement là ? On lui crierait volontiers de fuir ce quotidien toxique, tout en comprenant que rien n’est aussi simple. Fuir pour aller où, vers quel miroir aux alouettes ? Et puis, dans cette relation terriblement bancale, où père et fille sont tout l’un pour l’autre, une affection complice fuse, troublée par la culpabilité. Que deviendrait Hank sans sa rejetonne, alliée inconditionnelle, ultime lien avec la réalité d’un monde qui progressivement l’abandonne ? Chaque jour apporte son lot de désillusions et de déchirures, tandis qu’il semble sombrer un peu plus profondément dans un univers inaccessible…

Épatant premier film, plein de pudeur et d’empathie. La réalisatrice nous invite avec subtilité à aimer ce qui n’est pas aimable, propulsés que nous sommes dans le maelstrom de sentiments qui happent son héroïne. Mais ce qui prédomine, c’est cette force vitale viscérale, vivifiante, qui emporte tout sur son passage, laissant derrière elle une impression lumineuse qui persistera longtemps. Preuve que le cinéma indépendant américain est bien vivant.