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Le blog des profondeurs...
(de champ)

Collectif 23h59 : voyons, réfléchissons…
Ah qu’il est plaisant de cheminer dans le passage Urbain V, à l’heure où fleurit la campagne, en journée quand les enfants s’ébattent dans le jardin, au crépuscule quand les humeurs chromatiques du temps nimbent la majesté du Palais… Nous avons failli être privés de cette jouissance simple et magnif...

L’association 100 pour 1
L’association éberge des familles sans papiers sur Avignon et Carpentras et organise tout au long de l’année des événements pour parvenir à financer le logement et l’accompagnement des familles qui sont prises en charge. Une tombola est actuellement organisée (2€ le billet) avec de nombreux...

123 Soleil : 8 MARS 2020, RÉALISEZ !
C’est la nouvelle date de 123 Soleil pour un tournage qui réunira 6 spectateurs d’Utopia et 6 jeunes réfugiés dans un lieu encore tenu secret sur Avignon. Une journée entière dédiée à la pratique cinématographique sans limite d’âge ni de langage, mais un casting 100% féminin du côté des spectateu...

23H59, et après ?
23H59, et après ? Qui n’a pas ressenti cette angoisse profonde face à l’horloge affichant cette heure terrible chaque jour renouvelée ? Qui n’a pas été saisi à la fois par la peur de ce qui risque de se passer après et par la nostalgie d’un temps qui s’achève à ce moment précis et ne reviendra j...

Le cinéma du peuple
“La plus grande qualité accessible pour tous, sans clivage social et culturel… Ce sera notre combat”. (Jean Vilar)   Ainsi donc le cinéma indépendant, le cinéma d’auteur serait « élitiste »… c’est en tout cas ce que déclarait, semble-t-il, une sociologue devant un amphi de 300 élèves ...

REVENIR

Jessica PALUD - France 2019 1h17 - avec Niels Schneider, Adèle Exarchopoulos, Patrick d’Assumçao, Hélène Vincent... Scénario de Jessica Palud, Philippe Lioret et Diastème, librement inspiré du roman de Serge Joncour L’Amour sans le faire.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

REVENIRDouze ans… Douze si longues, si courtes années se sont écoulées quand enfin Thomas revient dans la grande ferme familiale où sans doute nul ne l’attendait plus…
La bâtisse est bien là, ancrée dans la terre, comme si rien n'avait changé. Étrange sentiment paradoxal, aussi vivifiant qu'étouffant. Cette bouffée d’enfance retrouvée prend immédiatement à la gorge. Le temps a filé trop vite. Le temps de l’innocence puis celui des secrets. Le temps de la révolte puis celui de la fuite. Le temps qui engouffre les secondes et les êtres. La présence des absents est soudain palpable. L’exploitation agricole semble attendre en silence leur retour, comme une belle endormie, à l’orée du bois des souvenirs. La vie grouille alentour, la luminosité de l’air envahit tout, le soleil brille. La joie n’est pas loin qui rôde et ne demande qu’à siffloter par-dessus des rengaines nostalgiques, comme celles que Thomas rumine (interprété par un Niels Schneider impeccable). Taiseux, il n’en dira rien, pudiquement. On devine aussi que le vide pourrait grignoter ce qui reste de ce microcosme qui peine à survivre dans l’ombre de l’agro-business.

Puis débarque Alex, qui nous arrache à ces pensées… C'est un petit bonhomme de six ans, intense et touchant, que Thomas ne connaît pas encore et auquel il est difficile de résister. « Tu sors d’où toi ? » La question est valable dans les deux sens. Alex va apprendre à connaître cet oncle qu’il n’a jamais vu, Thomas va découvrir ce neveu craquant jusque-là méconnu, le fils de son frère qui n’est plus, dont il a raté tout un pan de vie, puis la sortie. D’emblée une connivence se tisse entre les deux puis avec l'incroyable maman du gamin, Mona, mélange de douceur et d’incandescence, de juvénilité et de maturité (Angèle Exarchopoulos, divine). Voilà Thomas bouleversé sans s’y être préparé. Lui qui n’était venu faire qu’un passage éclair, embrasser sa mère, la dorloter, va être rattrapé par un passé qu’il n’a pas vécu, auquel il a refusé de prendre part. Il va même finir par en percer les secrets… Tout cela n’ira pas sans encombres. Si Mona, fatiguée par ses nuits de serveuse dans une boîte de nuit, l’intègre spontanément comme baby-sitter de fortune, lui flanquant Alex entre les pattes, il n’en sera pas de même pour le père de Thomas qui devra se faire violence : Michel aura autant de mal à digérer le retour de son fils prodigue qu’il en a eu pour digérer sa disparition. Son amertume, sa colère, seront proportionnelles à sa déception. Dur et cassant, il ne laissera nulle place au pardon, malgré les circonstances…

Ce premier film, librement inspiré du roman de Serge Joncour L’Amour sans le faire, fait la part belle à la pudeur. Il nous parle de la vie, animale (comme Mona), qui reprend le dessus. Sans lourdeur, ni redondance, il rend léger ce qui aurait pu être plombant, le restitue avec beaucoup de fraîcheur. C’est une très jolie découverte !