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Le blog des profondeurs...
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Collectif 23h59 : voyons, réfléchissons…
Ah qu’il est plaisant de cheminer dans le passage Urbain V, à l’heure où fleurit la campagne, en journée quand les enfants s’ébattent dans le jardin, au crépuscule quand les humeurs chromatiques du temps nimbent la majesté du Palais… Nous avons failli être privés de cette jouissance simple et magnif...

L’association 100 pour 1
L’association éberge des familles sans papiers sur Avignon et Carpentras et organise tout au long de l’année des événements pour parvenir à financer le logement et l’accompagnement des familles qui sont prises en charge. Une tombola est actuellement organisée (2€ le billet) avec de nombreux...

123 Soleil : 8 MARS 2020, RÉALISEZ !
C’est la nouvelle date de 123 Soleil pour un tournage qui réunira 6 spectateurs d’Utopia et 6 jeunes réfugiés dans un lieu encore tenu secret sur Avignon. Une journée entière dédiée à la pratique cinématographique sans limite d’âge ni de langage, mais un casting 100% féminin du côté des spectateu...

23H59, et après ?
23H59, et après ? Qui n’a pas ressenti cette angoisse profonde face à l’horloge affichant cette heure terrible chaque jour renouvelée ? Qui n’a pas été saisi à la fois par la peur de ce qui risque de se passer après et par la nostalgie d’un temps qui s’achève à ce moment précis et ne reviendra j...

Le cinéma du peuple
“La plus grande qualité accessible pour tous, sans clivage social et culturel… Ce sera notre combat”. (Jean Vilar)   Ainsi donc le cinéma indépendant, le cinéma d’auteur serait « élitiste »… c’est en tout cas ce que déclarait, semble-t-il, une sociologue devant un amphi de 300 élèves ...

WET SEASON

Écrit et réalisé par Anthony CHEN - Singapour 2019 1h43 VOSTF - avec Yeo Yann Yann, Christopher Lee, Koh Jia Ler, Yang Shi Bin...

Du 19/02/20 au 03/03/20

WET SEASONEn 2013 déboulait sur la Croisette un petit bijou de film, signé d'un jeune réalisateur singapourien totalement inconnu, Anthony Chen. Ilo Ilo racontait très simplement, de manière tendre et bouleversante, la déliquescence d'une famille confrontée à la crise financière asiatique de 1997, à travers le regard d'un enfant désemparé, que seul finissait par consoler l'attention d'une nounou philippine. Le film touchait au cœur le jury de la Caméra d'Or, qui récompense chaque année le meilleur premier film, et tout particulièrement Agnès Varda, la présidente cette année-là. Le film révélait au passage un incroyable talent juvénile, Koh Jia Ler, à peine une dizaine d'années, un gamin acteur comme l'Histoire du cinéma en a connu si peu, de Jean-Pierre Léaud à Jodie Foster.

Six ans plus tard, Anthony Chen, qui entretemps s'est beaucoup investi dans la production, revient en tant que réalisateur avec un film très différent mais tout aussi intelligent et sensible, qui partage avec le premier opus deux choses essentielles : une très jolie réflexion sur la structure familiale et les liens affectifs distendus par l'individualisme capitaliste, et des acteurs communs puisqu'on retrouve dans Wet season Koh Jia Ler, désormais adolescent, et Yeo Yann Yann qui incarnait sa mère dans Ilo Ilo.
Ling, le personnage joué par Yeo Yann Yann, est dans le Singapour contemporain une professeure de chinois quadragénaire, dont la vie semble s'être engagée dans une impasse. La langue chinoise perd constamment du terrain face à l'anglais dans la très affairiste Singapour, si bien que l'immense majorité de ses élèves et de sa hiérarchie se désintéressent ouvertement de ses cours. Par ailleurs elle tente désespérément d'avoir un enfant, avec force stimulations ovariennes, alors même que son mari est en train de s'éloigner d'elle, au point de devenir quasi absent. Et par dessus le marché elle se voit contrainte de s'occuper quotidiennement de son beau-père impotent…
C'est dans ce contexte déprimant qu'une complicité imprévisible va la rapprocher petit à petit d'un étudiant de plusieurs années – on peut même compter en décennies – son cadet, lui même délaissé par des parents perpétuellement en voyage d'affaires.
Sur un sujet casse-gueule, tout particulièrement par les temps moralistes qui courent, Anthony Chen tisse un très beau récit qui nous raconte avec une infinie délicatesse deux solitudes qui vont se rencontrer contre toute attente et constituer de nouveaux liens sentimentaux et familiaux atypiques. On est surpris et extrêmement touché par exemple par la manière dont l'adolescent se rapproche, via une passion commune pour les arts martiaux, du beau-père de son amante, et finit par redonner le sourire au vieil homme apathique, plongé dans le silence de la maladie. Le réalisateur oppose ainsi la beauté des sentiments, aussi improbables semblent-ils, à la cruauté de l'indifférence qui règne dans une société toujours plus avide de réussite. Une indifférence particulièrement sensible à Singapour, cette ville-État insulaire que l'on appelle la Suisse asiatique, symbole de la froideur et de l'individualisme.

Anthony Chen met en scène de main de maître cette chronique d'un amour hors normes, nous faisant pleinement ressentir cette atmosphère tropicale où la pluie de mousson ne cesse de couvrir le tourment des sentiments des protagonistes.