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Le blog des profondeurs...
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Collectif 23h59 : voyons, réfléchissons…
Ah qu’il est plaisant de cheminer dans le passage Urbain V, à l’heure où fleurit la campagne, en journée quand les enfants s’ébattent dans le jardin, au crépuscule quand les humeurs chromatiques du temps nimbent la majesté du Palais… Nous avons failli être privés de cette jouissance simple et magnif...

L’association 100 pour 1
L’association éberge des familles sans papiers sur Avignon et Carpentras et organise tout au long de l’année des événements pour parvenir à financer le logement et l’accompagnement des familles qui sont prises en charge. Une tombola est actuellement organisée (2€ le billet) avec de nombreux...

123 Soleil : 8 MARS 2020, RÉALISEZ !
C’est la nouvelle date de 123 Soleil pour un tournage qui réunira 6 spectateurs d’Utopia et 6 jeunes réfugiés dans un lieu encore tenu secret sur Avignon. Une journée entière dédiée à la pratique cinématographique sans limite d’âge ni de langage, mais un casting 100% féminin du côté des spectateu...

23H59, et après ?
23H59, et après ? Qui n’a pas ressenti cette angoisse profonde face à l’horloge affichant cette heure terrible chaque jour renouvelée ? Qui n’a pas été saisi à la fois par la peur de ce qui risque de se passer après et par la nostalgie d’un temps qui s’achève à ce moment précis et ne reviendra j...

Le cinéma du peuple
“La plus grande qualité accessible pour tous, sans clivage social et culturel… Ce sera notre combat”. (Jean Vilar)   Ainsi donc le cinéma indépendant, le cinéma d’auteur serait « élitiste »… c’est en tout cas ce que déclarait, semble-t-il, une sociologue devant un amphi de 300 élèves ...

OSKAR ET LILY

Écrit et réalisé par Arash T. RIAHI - Autriche 2019 1h42 VOSTF - avec Leopold Pallua, Rosa Zant, Christine Ostermayer, Alexandra Maria Nutz... D'après le roman Oskar und Lilli de Monika Helfer.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

OSKAR ET LILYCe très beau et très attachant Oskar & Lily est le second film de fiction d'Arash T. Riahi, cinéaste né en Iran et Viennois d'adoption depuis 1982. Il arrive onze ans après le premier, Pour un instant la liberté, pourtant très remarqué, récompensé dans moult festivals… et programmé chez nous en 2009. On espère qu’il faudra attendre moins longtemps avant de découvrir Une histoire de cœur, actuellement en écriture, troisième volet de ce que le réalisateur considère comme une trilogie.



Pendant ces onze ans de course d'obstacles, le réalisateur n’a malgré tout pas chômé, tournant trois documentaires sur l’exil, les exilés, en particulier les enfants déracinés dont il fit partie. C’est dire combien son œuvre est nourrie de son expérience, de sa personnalité, de son humour insubmersible. C’est ce qui lui confère sa véracité puissante, loin de tout misérabilisme, profondément émouvante sous sa légèreté affichée. C’est un cinéma combatif, fort d'une invincible bienveillance, qui fait la part belle aux songes, aux rires, comme ultimes armes pour ne pas sombrer, ne pas baisser les bras.

L’histoire d’Oskar et Lily, c’est surtout celle d’Ortsa et Leïla : leurs prénoms de naissance – trop stigmatisants, trop représentatifs de leur pays d’origine qu’ils ont à peine connu, la Tchétchénie, de ce père qu’ils n’ont plus revu –, ils les ont abandonnés derrière eux comme on se défait d’une vieille chiffe usée. Du haut de leur jeune âge déjà lucide (Lily doit avoir une douzaine d'années, Oskar huit ans à peu près), ils en rigolent. C’est comme une pratique de self-défense, une gymnastique quotidienne, un mécanisme bien huilé : il faut se jouer de tout, surtout de ce que l’on redoute. Comme d’autres naufragés de la misère, ils se sont appliqués à apprendre une nouvelle langue, de nouvelles mœurs, toujours prêts à mordre la vie à pleines dents. Alors ce jour-là, quand la police débarque dans leur minuscule appartement, le frère et la sœur sont prêts à sortir leurs crocs. Ils ont beau être des mômes, ils ont la rage au corps de ceux qui ont peu à perdre et la langue bien pendue de ceux qui en ont déjà trop vu. Ils captent en un clin d’œil ce qui se passe : ces adultes imposants, ces défenseurs, sur le papier, de la veuve et des orphelins (qu’ils sont pourtant !) sont là pour les expulser, loin de l’Autriche, ce pays refuge qu’en six ans ils ont appris à aimer, qui est devenu le leur.

Heureusement leur génitrice ne tarde pas à arriver. Les voilà désormais trois à faire front face aux représentants d’un pouvoir aveugle et sourd. Le répit sera de courte durée, car pour les mettre à l’abri, leur mère aura recours à un expédient d’une radicalité extrême… Le grand poster bariolé du salon, témoin silencieux de ces scènes de la tragédie humaine, ressemble désormais à une arche de Noé affolée, tandis que nos deux oisillons, livrés à eux-même, n’ont pour toute bouée de secours que leur solidarité et leur fraternité. Il ne viendrait à aucun humain sensé l’idée de séparer ces deux-là qui s’aiment, se soutiennent. Mais un système administratif n’a ni cerveau ni cœur et ceux qui travaillent pour lui finissent parfois par ne plus écouter les leurs. On trouvera pour chacun une famille d’accueil cosy, une nouvelle maman aimante (mais qu’est devenue la leur ?), avec pour toute consigne de ne pas laisser les deux mômes communiquer. C’est compter sans la magie de la vie, sans la puissance de l’amour, sans la volonté farouche de retrouver leur mère, sans les belles rencontres, en particulier celle avec Erika, une grand-mère certes parkinsonienne mais radieuse, malicieuse et belle à croquer !